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    Alimentation

    Des initiatives anti-gaspillage

    22 avril 2016 | Sophie Suraniti - Collaboratrice | Actualités sur l'environnement
    Photo: Source RECYC-QUÉBEC
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Julie consulte régulièrement sur son cellulaire une application lui permettant de trouver des produits alimentaires vendus au rabais dans les commerces de son quartier. Claude achète toutes les deux semaines un panier local composé de légumes moches et de fromage croche. Isabelle dépose ses surplus de pommes dans un café voisin. Ces trois services québécois visent la même chose : contrer le gaspillage alimentaire.

     

    Eatizz.com

     

    Àla mi-février, William Steven a lancé la version bêta de l’application Eatizz pour iOS et Android. Le principe ? Les commerçants informent de la disponibilité de produits alimentaires à des prix hyper attractifs pour cause de date limite de consommation bientôt atteinte : une vinaigrette aromatisée, du thé noir, des oeufs en chocolat… Avec son petit nom, Eatizz, on pourrait croire que cette application vient d’une autre planète. Pourtant, son créateur de 23 ans, diplômé de HEC Montréal, a bien les deux pieds sur terre. « Je fais partie de cette génération très sensibilisée au gaspillage alimentaire. Avec cet outil, je souhaite vraiment que les gens gaspillent moins. » Et ce, aux deux extrémités de la chaîne, à savoir fournisseurs et consommateurs. La version bêta de l’application tourne actuellement avec une vingtaine de commerces (des boulangeries, des épiceries fines…) situés dans les quartiers montréalais du Plateau, du Mile-End et de la Petite Italie, et a été téléchargée plus de 1500 fois.

     

    Second-Life.ca

     

    Chez SecondLife, ce sont des fruits, des légumes et du fromage déclassés (forme, grosseur, mauvaise coupe…) qui sont mis dans le circuit de consommation. Le principe ? Sur le site web, on choisit un type de panier (local ou international) ou l’option d’achat au détail ainsi que le point de cueillette le plus proche de chez soi, puis on paie. Moins cher. Tel jour, de telle heure à telle heure, on récupère le tout.

     

    Opérationnel depuis septembre 2015, le service est aujourd’hui entré dans une phase de croissance, nous confient les deux jeunes créateurs du service, Thibaut Martelain (23 ans, diplômé de HEC Montréal) et Quentin Dumoulin (23 ans, Université Concordia). Offrir plus de points de chute (notamment en dehors de l’île de Montréal), élargir l’offre de produits, mettre en place un système d’abonnement pour les paniers et étiqueter certains produits sous une marque maison, tout cela fait partie des développements à venir. « Mais l’un de nos plus gros défis reste encore le transport de ces produits mal aimés ! » confie Thibaut, qui se rend régulièrement chez certains de ses fournisseurs pour récupérer les denrées.

     

    BonApp.ca

     

    En lançant l’initiative BonApp, Geneviève Rousseau, 23 ans, elle aussi sortie d’une cohorte de diplômés de HEC Montréal, a choisi d’axer sa lutte anti-gaspillage autour du partage de nourriture, le food sharing, sans aucune transaction monétaire pour le moment. Le principe ? On donne ou on reçoit des fruits et des légumes (des surplus ou des denrées non utilisées pour diverses raisons, comme un départ en vacances) que l’on dépose dans un point de chute partenaire le plus proche. Pour le moment, ces points de chute sont de petits cafés montréalais installés dans des quartiers où la clientèle est déjà conquise et ouverte à ce genre d’initiatives, comme le Plateau, le Mile-End, Rosemont… À terme, une application permettant de géolocaliser les aliments disponibles sera mise en place. « Mais il faut du financement pour développer une telle plateforme. Pour l’instant, nous sommes en phase de projet pilote avec nos points de chute actuels et ceux à venir — nous projetons d’en avoir 10 à 20 cet été. Nous allons d’abord apprendre d’eux, et mesurer l’impact du service proposé. »

     

    RECYC-QUÉBEC

     

    C’est tout à fait ce genre d’initiatives que RECYC-QUÉBEC pourrait décider de financer (en totalité ou en partie) dans le cadre de son appel de propositions sur la réduction à la source lancé en février dernier (la date limite de dépôt des projets étant fixée au 18 mai 2016) et dont un des volets concerne le gaspillage alimentaire. Une enveloppe de 1,9 million pour l’ensemble des projets qui auront été sélectionnés — pour les deux grands volets qui sont la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’écogestion des chantiers de construction, rénovation et démolition — est prévue.

     

    Pour Dany Michaud, qui a rejoint en octobre 2015 cette société d’État rattachée au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques à titre de président-directeur général, le moindre geste compte au sein de toute cette longue chaîne de récupération et de recyclage. Ce gestionnaire aguerri, qui a dirigé plusieurs années Moisson Montréal et qui en connaît donc un rayon en matière de gaspillage alimentaire (le programme innovateur mis en place au sein de la banque alimentaire pour récupérer la viande invendue, c’est lui), applique les mêmes approches qui ont fait son succès, mais à l’échelle du Québec cette fois.

     

    « Je veux que RECYC-QUÉBEC devienne l’agent facilitant pour tous ; pour accompagner les citoyens, les industries, les municipalités. Je veux veiller à ce qu’on démystifie la récupération et le recyclage ; et que les gens aient des réflexes qui nous permettront d’atteindre les objectifs visés, sans qu’ils aient à fournir trop d’efforts. J’ai appris ça avec le temps. Le circuit court est toujours ce qu’il y a de mieux, de plus efficace. »

     

    Entre le frigo et la poubelle, le chemin est court lui aussi ! Tous les intéressés s’accordent à le dire : en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, le plus dur est de parvenir à changer les habitudes.













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