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    Suroît: des écologistes réclament la démission du président d'Hydro-Québec

    6 février 2004
    Québec — Le mouvement d'opposition au projet du Suroît ne cesse de prendre de l'ampleur. La construction prochaine, à Beauharnois, d'une centrale thermique polluante a galvanisé les mouvements écologistes, qui en sont rendus à réclamer la tête du président d'Hydro-Québec, André Caillé, accusé de mentir à la population.

    «On en appelle au gouvernement pour destituer le président d'Hydro-Québec, M. Caillé, et aussi Thierry Vandal [président d'Hydro-Québec Production], qui, malheureusement, ne défendent pas la vérité dans ces dossiers-là», a soutenu hier en conférence de presse André Bélisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Participaient également à la rencontre de presse deux des principaux groupes environnementaux du Québec: l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) et le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCREQ).

    Ces groupes, chapeautés par la Coalition Québec-Vert-Kyoto, estiment que le mouvement d'opposition au projet du Suroît est maintenant généralisé dans la population et que le gouvernement Charest devra reculer. «On a réussi à mobiliser tout le Québec», a soutenu le porte-parole du RNCREQ, Guy Lessard, en rappelant que plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche à Montréal devant les bureaux d'Hydro-Québec pour contrer ce projet.

    Une autre manifestation du même type est prévue samedi à Québec devant le Centre des congrès où seront réunis en conseil général les militants du Parti libéral du Québec. À cette occasion, ils devront notamment débattre d'une résolution visant justement à rappeler au gouvernement ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

    Les manifestants vont demander aux délégués libéraux de rejeter le projet et d'exiger une vaste consultation sur la politique énergétique du Québec.

    Selon les groupes écologistes, Hydro-Québec, sans jamais l'avouer publiquement, a un programme caché et s'est résolument tournée vers l'énergie thermique. «Le virage thermique d'Hydro-Québec, ce n'est pas une illusion, ce n'est pas une exagération des écolos, c'est vraiment une réalité qu'on tente de cacher à la population du Québec», a dit M. Bélisle, qui estime «qu'Hydro-Québec ment à la population».

    Il en veut pour preuve le fait qu'Hydro fait fonctionner la vieille centrale thermique de Sorel-Tracy. Hydro a aussi dans ses cartons d'autres projets, dont l'exploitation d'une centrale thermique à Bécancour et deux projets d'usines de cogénération.

    En vertu du protocole de Kyoto, le Québec s'est engagé à réduire de 6 % par rapport à 1990 ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2012.

    Or les centrales thermiques sont d'énormes productrices de ces gaz. Si elle est construite, la centrale thermique du Suroît ajoutera six mégatonnes de gaz dans l'air, alourdissant de 3 % le bilan global du Québec au lieu de le diminuer. Le gouvernement n'a jamais dit de quelle façon il entendait atteindre son objectif de réduction d'émissions tout en permettant la construction du Suroît.

    Le Suroît avait d'abord été décrié et rejeté par le gouvernement libéral, par la voix de son ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair. Hydro-Québec a donc dû refaire ses devoirs et présenter un projet dit «amélioré», en décembre, qui a aussitôt reçu le feu vert du gouvernement. Le projet actuellement sur la table produirait 8 % de moins de gaz à effet de serre que le projet initial, selon Hydro.

    Lors d'un point de presse hier, le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, a dit qu'il ne fléchira pas devant le mouvement d'opposition et que le Suroît sera construit comme prévu. «En politique, on ne peut pas satisfaire tout le monde», a-t-il déclaré en se disant assuré que tous les membres du conseil des ministres appuient la décision du gouvernement dans ce dossier.

    Pourtant, en vue de s'assurer de la «solidarité» de tous ses collègues, le ministre Hamad fera une intervention devant les membres du caucus des députés libéraux aujourd'hui, quelques heures avant le début du conseil général du parti, en vue de tenter de leur démontrer la pertinence de la décision gouvernementale.












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