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    Énergie Est

    L’eau potable de trois millions de Québécois risque la contamination

    Le pipeline doit traverser la rivière des Outaouais, qui se jette dans le Saint-Laurent, la rivière des Mille-Îles et celle des Prairies.
    Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Le pipeline doit traverser la rivière des Outaouais, qui se jette dans le Saint-Laurent, la rivière des Mille-Îles et celle des Prairies.
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    Le pipeline Énergie Est menacerait les sources d’approvisionnement en eau potable de cinq millions de Canadiens, dont plus de trois millions de Québécois, conclut un nouveau rapport produit par des groupes environnementaux et publié ce mercredi.

     

    Selon les données inscrites dans le rapport Énergie Est : une menace à l’eau potable, 3,2 millions de Québécois s’abreuvent à même des sources d’eau potable à proximité et en aval du tracé proposé pour le pipeline de TransCanada. Ces citoyens pourraient donc voir leur source d’eau compromise en cas de déversement de pétrole provoqué par un bris de la future conduite de transport de pétrole brut.

     

    Uniquement dans la région de Montréal, la source d’eau potable de 2,8 millions de personnes serait menacée, selon l’étude produite par Équiterre, Greenpeace Canada et Environmental Defence.

     

    Rayon de 60 kilomètres

     

    Il faut dire que le pipeline doit traverser la rivière des Outaouais, qui se jette dans le Saint-Laurent, la rivière des Mille-Îles et celle des Prairies, où s’approvisionnent Laval et d’autres municipalités de la Rive-Nord. Le tuyau qui transportera chaque jour 1,1 million de barils de pétrole franchira également la rivière L’Assomption en amont de la prise d’eau de Repentigny et de L’Assomption.

     

    Globalement, cette étude considère tout plan d’eau situé dans un rayon de 60 kilomètres en aval du tracé du pipeline comme étant « menacé ». « Il s’agit de la distance parcourue par le bitume dilué lors du déversement dans la rivière Kalamazoo, en juillet 2010 », rappellent les groupes à l’origine de l’étude.

     

    Dans la région de Trois-Rivières, où le pipeline traversera la rivière Saint-Maurice, on estime ainsi que plus de 48 000 personnes ont recours à une source d’eau qui serait menacée en cas de déversement.

     

    À Sainte-Foy, les groupes évaluent que 100 000 personnes utilisent une source d’eau située à 25 kilomètres en aval de l’endroit prévu pour faire passer le pipeline sur la rive sud du Saint-Laurent.

     

    À Lévis, plus de 110 000 personnes pourraient être à risque, puisque la canalisation traverserait la rivière Chaudière, 10 à 12 kilomètres en amont de la prise d’eau de Lévis, à Charny, à moins de 5 kilomètres en amont de son confluent avec le Saint-Laurent.

     

    À l’échelle canadienne, le document des groupes environnementaux estime que « des sources d’eau dans plus de 24 régions municipales de quatre provinces sont directement affectées par les risques posés par Énergie Est qui, s’il est construit, traverserait près de 3000 plans d’eau ».

     

    « Considérant la taille du projet Énergie Est, une rupture majeure risque d’engendrer le déversement pétrolier le plus dévastateur de l’histoire du Canada, souligne Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre. Le bitume dilué coule au fond des rivières et des lacs et colle à tout ce qu’il touche, rendant ainsi les opérations de nettoyage quasi impossibles. Énergie Est ne vaut tout simplement pas le risque. »

    « Improbable »

     

    Réagissant au rapport, TransCanada a souligné que plusieurs mesures sont prises pour assurer la sécurité des traversées de cours d’eau, dont le recours à des techniques qui permettent d’enfouir le pipeline profondément sous le lit des cours d’eau.

     

    « Nous allons préparer des mesures d’urgence en collaboration avec les premiers répondants dans chacune des communautés sur le tracé d’Énergie Est, pour nous assurer que dans le très improbable cas d’un incident, nous serons prêts à agir rapidement afin d’assurer la sécurité de la population, et de minimiser l’impact environnemental », a ajouté le porte-parole de la pétrolière, Tim Duboyce.

     

    « Je vous rappelle que les pipelines représentent le mode de transport le plus sécuritaire pour transporter le pétrole », a également réitéré M. Duboyce.

     

    Selon les scénarios présentés par TransCanada dans le cadre de la première partie des audiences du BAPE sur le projet Énergie Est, on estime que dans le pire des cas, le pipeline pourrait laisser fuir 3,6 millions de litres de brut en cas de rupture de la canalisation.

     

    L’entreprise estime toutefois qu’en raison de son système de contrôle, elle serait en mesure de détecter très rapidement toute fuite qui pourrait survenir sur le pipeline.

     

    Selon une étude indépendante produite par la firme Savaria pour la Communauté métropolitaine de Montréal, Énergie Est pourrait déverser 1,15 million de litres de pétrole en à peine 13 minutes, soit le temps nécessaire, selon TransCanada, pour stopper le flux de pétrole.

     

    Le pipeline Énergie Est doit traverser un total de 860 cours d’eau au Québec, ce qui a soulevé plusieurs questions sur les risques de fuites dans le cadre des audiences du BAPE.

     

    TransCanada évalue par ailleurs que les coûts d’un déversement majeur provoqué par son futur pipeline dans une rivière du Québec pourraient atteindre 617 millions de dollars. Une facture deux fois moins élevée que celle résultant de la rupture d’un pipeline qui, en 2010 au Michigan, transportait quatre fois moins de pétrole qu’Énergie Est. Mais le montant ne tient pas compte des coûts pour les municipalités et le gouvernement.













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