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    Climat

    Le Canada a «besoin» des emplois pétroliers, dit la ministre McKenna

    Ottawa promet de décarboniser l’économie, mais cela prendra du temps

    La ministre Catherine McKenna était l’invitée du Conseil des relations internationales de Montréal, mardi.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre Catherine McKenna était l’invitée du Conseil des relations internationales de Montréal, mardi.

    La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, ne voit pas d’incohérence entre la croissance de la production pétrolière canadienne et la volonté du gouvernement Trudeau de lutter contre les changements climatiques. Il faut décarboniser notre économie, a-t-elle plaidé mardi, mais cela prendra du temps.

     

    « C’est certain que nous devons décarboniser [notre économie]. C’est certain que ça ne se passera pas tout de suite, mais nous avons toujours dit que l’économie et l’environnement vont ensemble », a fait valoir mardi la ministre en répondant aux questions des journalistes, en marge d’une allocution à la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal.

     

    « C’est une période de transition, a-t-elle ajouté. Nous avons vu dans le budget que nous avons fait des investissements dans les infrastructures vertes et dans les technologies propres. C’est la direction de notre gouvernement. Mais nous avons aussi besoin d’emplois. »

     

    Mme McKenna a aussi rappelé que l’Alberta s’est dotée d’un plan de lutte contre les changements climatiques qui prévoit un plafond d’émissions de gaz à effet de serre pour le secteur pétrolier, plafond qui permet d’ajouter au moins un million de barils de pétrole par jour à la production actuelle.

     

    Un tel plan permet donc une croissance du secteur des énergies fossiles dans une province déjà responsable de 37 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada. À elles seules, les émissions fugitives du secteur pétrolier et gazier dépassent celles du secteur québécois des transports. Qui plus est, l’Alberta est responsable de 73 % de la hausse des émissions canadiennes observée depuis 1990.

     

    Pipelines et économie

     

    Questionnée sur la pertinence d’autoriser la construction de pipelines dans un contexte de lutte contre les changements climatiques, la ministre McKenna a répété essentiellement les mêmes arguments que ceux invoqués pour la croissance de l’industrie pétrolière de l’Ouest canadien.

     

    « Nous devons voir comment nous allons atteindre nos engagements internationaux et comment nous allons décarboniser notre économie à long terme. Mais ça n’arrivera pas en un jour », a ainsi souligné Catherine McKenna au cours d’un bref point de presse.

     

    Les projets de pipelines comme Énergie Est ferontl’objet d’une évaluation de leurs« impacts environnementaux », a promis la ministre. Elle a d’ailleurs rappelé que le gouvernement Trudeau a déjà annoncé des mesures de « transition » pour l’évaluation des projets de pipelines, en attendant une éventuelle réforme du processus fédéral. Une de cesmesures fait en sorte que l’Office national de l’énergie tiendra compte des émissions de gaz à effet de serre liées à un projet.

     

    « Mais nous devons faire croître notre économie, donc nous ne pouvons pas dire du jour au lendemain qu’il n’y aura pas de développement », a insisté la ministre responsable du dossier climatique au sein du gouvernement canadien.

     

    Dans un contexte où les projets de pipelines sont bloqués vers la côte ouest, mais aussi vers le sud, est-ce que le Québec est obligé de dire oui au controversé pipeline Énergie Est ? « Je suis heureuse qu’il y ait un débat, a dit Mme McKenna. C’est nécessaire dans le cas des grands projets et il faut s’assurer, pour tous projets, qu’ils soient menés de façon à respecter l’environnement. »

     

    « Je ne plaide pas en faveur de quelque projet que ce soit. Je dis simplement que l’économie et l’environnement doivent aller de pair. Nous devons nous assurer que tout projet qui va de l’avant a la confiance des Canadiens et est mené de façon durable. »

     

    Pas question, selon la ministre, de faire comme le précédent gouvernement et de peser dans la balance en faveur d’un projet comme Énergie Est. « Ce n’est pas au gouvernement de jouer les meneurs de claques pour un projet. »

     

    Le gouvernement Trudeau avait promis en campagne électorale d’éliminer les subventions au secteur des énergies fossiles. Or, son premier budget ne touche pas à cet acquis de l’industrie. La ministre Catherine McKenna a néanmoins réitéré mardi que ces subventions seraient à la longue éliminées, sans toutefois donner de précisions.













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