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    Le Devoir de débattre

    Les bénéfices de l’exploitation pétrolière mis en doute

    24 mars 2016 | Isabelle Porter à Québec | Actualités sur l'environnement
    Le débat sur le pétrole était organisé au Musée de l’Amérique francophone de Québec.
    Photo: Francis Vachon Le Devoir Le débat sur le pétrole était organisé au Musée de l’Amérique francophone de Québec.

    Faut-il dire au pétrole « non à jamais » ou « pourquoi pas » ? Au-delà de l’impact sur l’environnement, les bénéfices économiques de l’exploitation ont été vivement contestés mercredi soir lors d’un débat au Musée de l’Amérique francophone.

     

    « On valorise l’achat local pour les manteaux Kanuk. […] Mais quand ça touche au gaz naturel ou au pétrole, c’est deux poids, deux mesures », a lancé le porte-parole de l’industrie pétrolière et gazière David Lefebvre en début de discussion.

     

    Une affirmation qui a fait littéralement bondir le professeur de physique Normand Mousseau. « C’est complètement bidon ! » a-t-il lancé en parlant du « mythe » d’un pétrole national. « Le pétrole, s’il était produit au Québec, il serait mis dans le marché mondial à qui veut l’avoir. De dire “on va produire pour nous”, ça ne veut rien dire. »

     

    Animé par le collègue Antoine Robitaille, le débat organisé par Le Devoir visait à pousser plus loin les discussions qui animent la page Idées du journal.

     

    La structure même de l’industrie fait que le pétrole voyage, a plaidé Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki. « Les gens vont chercher le pétrole là où il est le moins cher, a-t-il lancé. Ce n’est pas dit que nos raffineurs ne choisiraient pas de s’approvisionner ailleurs. »

    Agir sur deux fronts ?

     

    Plus nuancé que M. Lefebvre, Stéphane Forget, de la Fédération des chambres de commerce du Québec, a soutenu que le Québec pouvait à la fois faire de l’exploration tout en amorçant une « décarbonisation » de l’économie.

     

    Clairement opposée à cette idée, la coordonnatrice du mouvement Stop Oléoduc, Anne-Céline Guyon, a comparé cela à un cocaïnomane qui chercherait à cesser de consommer en se mettant à vendre de la drogue. Une affirmation qui a beaucoup fait rire l’auditoire de la chapelle du musée.

     

    Le professeur Mousseau a quant à lui fait valoir que le marché du carbone faisait en sorte qu’il était plus désavantageux d’exploiter les hydrocarbures. « Tout le carbone qu’on va émettre, on va devoir le jeter ailleurs. »

     

    Pour Karel Mayrand, « la totalité du modèle de l’industrie repose sur le fait qu’elle ne sauve pas le climat ». Il reproche en outre à des projets comme le pipeline Énergie Est de TransCanada de s’imposer pour toujours une fois installés.

     

    Tant M. Forget que M. Lefebvre ont fait valoir que les intérêts de l’industrie des hydrocarbures et d’autres secteurs comme les mines étaient interreliés. « On a besoin des hydrocarbures pour développer le Nord », a déclaré M. Forget. En les écartant, on « risque de sacrifier les gens qui ont besoin de travailler », a-t-il dit en parlant des régions.

     

    Or, comment expliquer que des intérêts étrangers n’aient pas encore investi dans le pétrole québécois s’il est si prometteur ? a demandé le journaliste Alexandre Shields. « Justement, il faut poursuivre l’exploration, et ensuite on pourra voir pour les investissements », a répondu le porte-parole de l’industrie.

     

    Pour ceux qui l’ont manqué, le débat doit être diffusé dans son intégralité le 2 mai à 20 h au Canal Savoir. Le prochain débat aura lieu à Sherbrooke le 13 avril sur le thème de l’immigration.













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