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    Énergie Est

    Le pipeline pourrait déverser jusqu’à 3,6 millions de litres de pétrole

    TransCanada a présenté au BAPE le «pire scénario vraisemblable» en cas de rupture du tuyau au Québec

    Selon le « pire scénario vraisemblable » élaboré par TransCanada et présenté jeudi soir au BAPE, son pipeline Énergie Est pourrait déverser plus de 3,6 millions de litres de pétrole dans une rivière du Québec en cas de rupture du tuyau. Ce volume équivaut à 36 fois la quantité de pétrole déversé dans la rivière Chaudière à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic.

     

    Dans le cadre des audiences consacrées aux scénarios de déversement et aux impacts sur les sources d’eau potable et la santé humaine, TransCanada a présenté un « exemple représentatif » de fuite majeure qui a été produit à la demande de l’Office national de l’énergie. Aucune simulation de ce type n’a toutefois été réalisée à la demande du gouvernement du Québec.

     

    Selon l’analyse de l’entreprise présentée aux autorités fédérales, si le pipeline subissait un bris total dans la rivière Etchemin, dans le secteur de Lévis, pas moins de 22 800 barils de brut pourraient se déverser dans le cours d’eau, soit 3,6 millions de litres. Cette quantité est comparable au déversement survenu dans la rivière Kalamazoo en 2010, déversement qui a contaminé durablement la rivière et qui a nécessité des investissements de plus d’un milliard de dollars en décontamination.

     

    Toujours selon TransCanada, dans le cas d’un déversement dans la rivière Etchemin, le pétrole pourrait atteindre le fleuve Saint-Laurent en un peu plus de cinq heures. Cela signifie que des prises d’eau potable de Lévis et de Québec pourraient être directement menacées.

     

    Or, dans le « scénario » présenté jeudi, la pétrolière n’a pas abordé la question des impacts d’un déversement dans la rivière Etchemin. Une omission qui a provoqué un « malaise réel » chez le président du BAPE, Joseph Zayed. TransCanada a répondu au BAPE en disant que la question des impacts serait abordée ultérieurement.

     

    Risques montréalais

     

    L’entreprise albertaine n’a toutefois pas manqué de critiquer les résultats d’une étude indépendante produite par la firme Savaria pour la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

     

    Selon cette étude, Énergie Est pourrait déverser 1,15 million de litres de pétrole en à peine 13 minutes, soit le temps nécessaire, selon TransCanada, pour stopper le flux de pétrole.

     

    Si un tel incident, même limité, se produisait au moment de traverser la rivière des Outaouais, plusieurs prises d’eau de la région de Montréal seraient directement menacées dans les heures suivantes. Qui plus est, le pipeline franchira trois cours d’eau importants dans la région, soit la rivière des Outaouais, la rivière des Mille-Îles et la rivière L’Assomption, de même que des marais et des tourbières.

     

    TransCanada estime pour sa part que les délais évoqués dans l’étude de Savaria ne correspondent pas à la réalité. En cas de déversement dans la rivière des Outaouais, la première source d’eau potable serait touchée après dix heures, et non quatre heures, comme le soutient le document de Savaria.

     

    La pétrolière a du même coup admis qu’elle n’a toujours pas précisé comment sera franchie la rivière des Outaouais, et ce, même si le projet fait déjà l’objet d’une évaluation environnementale du Québec. TransCanada s’est aussi engagée à travailler avec la CMM. L’entreprise n’a pas participé aux audiences tenues par la CMM en 2015.

     

    Plusieurs citoyens ont de nouveau pris part aux audiences du BAPE jeudi. Certains ont dit que tout déversement serait dommageable pour les populations touchées. « On regarde les scénarios sur une carte. C’est très froid, mais le pire des scénarios, pour les citoyens, c’est si le déversement a lieu près de chez soi et affecte nos sources d’eau », a ainsi fait valoir une citoyenne.

     

    Le pipeline Énergie Est doit traverser un total de 860 cours d’eau au Québec, dont 417 sont considérés comme « permanents ». De ce nombre, 117 rivières mesurent plus de cinq mètres de largeur.

     

    TransCanada a d’ailleurs promis de « porter attention » à toutes les rivières lors de l’élaboration des « mesures d’urgence ». Celles-ci n’ont toujours pas été présentées. En théorie, ces informations devraient être inscrites dans une étude d’impact, mais un tel document n’a pas été produit avant la tenue du BAPE.













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