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    Énergie Est

    Les risques pour les cours d’eau sont minimes, dit TransCanada

    Une étude de Polytechnique conclut pourtant que le pipeline pourrait avoir des impacts sur plusieurs rivières

    Le pipeline Énergie Est devrait traverser 860 cours d’eau.
    Photo: David Touzin / CC Le pipeline Énergie Est devrait traverser 860 cours d’eau.

    Même si une étude de Polytechnique a déjà fait état des risques que représenterait le pipeline Énergie Est pour des rivières importantes au Québec, TransCanada estime que son projet ne posera pas de menaces majeures pour les 860 cours d’eau qui seront traversés. Aucune étude d’impact formelle ne permet toutefois de corroborer les affirmations de l’entreprise.

     

    Dans le cadre de la quatrième séance de présentation du projet de pipeline d’exportation tenue à Lévis mercredi soir, TransCanada a précisé qu’un total de 860 cours d’eau seraient franchis, dont 417 sont considérés comme « permanents ». De ce nombre, 117 rivières mesurent plus de cinq mètres de largeur.

     

    Une représentante de la pétrolière, Nadia McCarthy, a expliqué que les différentes techniques employées pour traverser les cours d’eau ont été déterminées après des « études » sur les risques, de façon à « assurer la sécurité du pipeline ». La profondeur d’enfouissement du tuyau d’un mètre de diamètre devrait ainsi varier d’une rivière à l’autre.

     

    Les promoteurs du projet de pipeline se sont d’ailleurs montrés rassurants quant aux risques de déversements dans les rivières traversées, dont plusieurs servent de source d’eau potable pour des régions entières.

     

    Rivières à risque

     

    Selon ce qu’a dit le vice-président d’Énergie Est pour le Québec, Louis Bergeron, TransCanada a aussi tenu compte des conclusions d’une étude récente de Polytechnique, transmise au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, et qui conclut que ce pipeline ne traverserait pas moins d’une trentaine de rivières qui « présentent des risques de glissement de terrain en raison de l’instabilité des berges ». Une situation qui « pourrait toucher directement l’intégrité du pipeline », qui transportera chaque jour 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux.

     

    Selon l’analyse des chercheurs de Polytechnique, « la majorité des traverses à risque se situe sur la rive nord du Saint-Laurent, entre Montréal et Saint-Augustin-de-Desmaures ». Ils établissent ainsi un risque lié au passage du tuyau d’un mètre de diamètre pour la rivière des Outaouais, mais aussi pour celle des Mille Îles. Même chose pour la rivière Saint-Maurice. Quant à la rivière Sainte-Anne, elle présente un « haut risque de glissements ». Le risque est tout aussi « élevé » pour la rivière Jacques-Cartier, mais également pour la rivière Batiscan, la Chacoura, la Petite rivière Yamachiche et la rivière Champlain, entre autres.

     

    Le rapport insiste d’ailleurs sur la vulnérabilité du fleuve Saint-Laurent, que le pipeline de TransCanada doit traverser de la rive nord à la rive sud, à partir de Saint-Augustin-de-Desmaures, en amont de Québec.

     

    Aquifères exclus

     

    Par ailleurs, tout déversement accidentel résultant d’un bris dans l’imposant pipeline pourrait avoir des impacts environnementaux majeurs et durables. Ainsi, souligne l’analyse de Polytechnique, « dans le contexte d’une traverse de rivière, il est considéré qu’un déversement accidentel de pétrole est impossible à totalement contenir et nettoyer. Le pétrole pourrait rapidement voyager sur plusieurs kilomètres en aval du bris ou de la rupture ».

     

    Par ailleurs, un représentant de la Ville de Lévis est venu faire part au BAPE des préoccupations de la municipalité par rapport aux traversées de cours d’eau dans la région. Selon ce qu’a précisé TransCanada, il n’est pas prévu d’installer des valves d’urgence de chaque côté des cours d’eau, mais ce sera fait pour les cours d’eau « majeurs ».

     

    Le représentant de Lévis a en outre précisé que le pipeline Énergie Est traverserait un aquifère d’importance « pour la région ». Mardi, au BAPE, un représentant de TransCanada a toutefois affirmé que le pétrole migre « très peu » dans les aquifères. La pétrolière a-t-elle répertorié les aquifères au Québec ? Il existe de l’information de nature publique à ce sujet, et l’entreprise « l’a consultée ».


    Des sénateurs réclament l’approbation du projet Le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, s’est rendu au Sénat mercredi pour répondre aux questions des sénateurs et la quasi-totalité d’entre elles a porté sur le pipeline Énergie Est. Leur provenance n’a fait aucune différence : les sénateurs libéraux comme conservateurs ont demandé au ministre d’approuver le projet le plus vite possible afin de relancer l’économie de l’Ouest, créer de l’emploi au Nouveau-Brunswick et réduire la dépendance canadienne envers le pétrole étranger. Par exemple, les sénateurs libéraux James Cowan et Terry Mercer ont plaidé que l’est du pays pourrait, avec Énergie Est, cesser d’importer du pétrole de l’Arabie saoudite. La conservatrice Nancy Raine a invité le ministre à ne pas prêter l’oreille aux campagnes de peur dans le dossier. Ce à quoi le ministre Carr a répondu : « Ces décisions [d’approuver ou non le projet] ne seront pas dictées par les gens de la marge. Et on sait qu’il y en a de tous les côtés du spectre politique. Il y a des gens qui ne veulent rien construire, jamais en aucun cas. Et il y en a d’autres qui veulent en construire plus sans surveillance réglementaire. »












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