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    Pierrefonds-Ouest

    Un projet immobilier en plein coeur d’un «pôle important de biodiversité»

    La tortue géographique est une des espèces recensées dans la zone où serait construit le projet immobilier « Cap Nature ».
    Photo: Source Wikicommons La tortue géographique est une des espèces recensées dans la zone où serait construit le projet immobilier « Cap Nature ».

    S’il voit le jour comme prévu à Pierrefonds-Ouest, l’imposant projet immobilier « Cap Nature » sera construit en plein coeur d’un secteur qui constitue pour le moment « un pôle important de biodiversité », conclut une étude menée par des chercheurs universitaires et rendue publique mardi.

     

    « Nous avons constaté une grande richesse biologique à l’intérieur et autour de la zone du projet immobilier, en plus d’avoir recensé plusieurs dizaines d’espèces fauniques et floristiques rares et menacées. Il est donc clair que ce secteur est un pôle important de biodiversité et qu’il bénéficierait d’éventuelles mesures de conservation pour les différentes espèces fauniques et floristiques qui y ont été répertoriées », résume Marie-Ève Roy, professionnelle de recherche à l’Institut des sciences de la forêt tempérée de l’Université du Québec en Outaouais.

     

    Les travaux de recherche ont ainsi permis de dénombrer 17 espèces de reptiles et d’amphibiens dans le secteur, dont certaines à statut précaire. Un total de 11 de ces espèces se trouvent directement sur le vaste terrain de 185 hectares où le promoteur, Grilli Développement, souhaite construire 5500 logements, soit des maisons en rangée, des maisons individuelles et des condos.

     

    Des centaines d’espèces

     

    Un total de 219 espèces d’oiseaux ont également été recensées dans la zone promise au développement urbain, ou à proximité de celle-ci. Parmi celles-ci, 15 ont des statuts de protection au sens de la loi. Des zones de nidification d’espèces menacées ont aussi été trouvées en plein coeur de ce qui deviendra une nouvelle étape dans l’étalement urbain montréalais.

     

    L’équipe de recherche a également constaté sur le terrain que plusieurs friches présentes dans la zone visée par le projet immobilier ont le potentiel de se développer en jeune forêt et éventuellement en forêt mature « avec des essences forestières intéressantes et rares […], sans compter la présence de plus d’une cinquantaine de milieux humides répertoriés à ce jour ».

     

    Or, souligne le rapport diffusé par la Fondation David Suzuki, « sur l’île de Montréal, les milieux boisés comme les friches, ainsi que des milieux ouverts comme les anciens champs agricoles, sont indispensables à la préservation de la biodiversité. La liste des espèces floristiques, ainsi que des espèces fauniques présentes dans la zone de développement en témoigne. La liste des oiseaux menacés, vulnérables ou susceptibles, ainsi que des espèces localement rares est à elle seule un argument important pour la préservation d’une portion de la zone de développement ».

     

    Consultation à venir

     

    Selon une autre étude réalisée par un groupe d’experts en écologie et aménagement du territoire du Centre de la biodiversité du Québec, le développement diminuera de 27 % la connectivité écologique du territoire, soit la capacité des espèces à se déplacer dans le territoire.

     

    Le promoteur n’a pas encore reçu le feu vert. Une consultation publique doit d’abord avoir lieu. Grilli Développement a par ailleurs engagé six lobbyistes-conseils rémunérés en lien avec son projet Cap Nature, situé dans le secteur de l’Anse-à-l’Orme. Des mandats sont notamment liés à l’obtention du certificat d’autorisation conformément à la Loi sur la qualité de l’environnement du Québec.

     

    Pour la Fondation David Suzuki, la cause est déjà entendue. « À la lumière des résultats de ces études, il est évident que le projet de développement immobilier ne peut voir le jour. L’agglomération de Montréal et l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro doivent stopper le projet », affirme son chef des projets scientifiques, Jean-Patrick Toussaint.

     

    « Par sa richesse et sa connectivité avec les écosystèmes environnants, le territoire visé par le projet immobilier est une composante essentielle de la trame verte et bleue du Grand Montréal prévue dans le plan d’aménagement et de développement métropolitain », estime pour sa part Jérôme Dupras, professeur au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais.













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