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    Justice

    Vers une action collective contre la mine de Malartic

    La minière a reçu plus de 300 avis de non-conformité du ministère de l’Environnement

    Canadian Malartic prévoit un agrandissement de sa mine à ciel ouvert.
    Photo: Lawrence Cote-Collins Canadian Malartic prévoit un agrandissement de sa mine à ciel ouvert.

    Des citoyens de la ville de Malartic mettent la table en vue d’une action en justice contre la minière Canadian Malartic. Ils veulent forcer l’entreprise à répondre à leurs demandes d’indemnisations liées aux nombreux impacts de l’imposante mine d’or à ciel ouvert exploitée juste à côté d’un quartier résidentiel.

     

    Un comité représentant plusieurs centaines de citoyens de la ville de Malartic, en Abitibi, a annoncé mardi avoir mandaté un avocat en vue du dépôt possible d’une action collective « d’ici le mois d’avril ». Le regroupement s’est toutefois dit prêt à « conclure une entente » avec la minière, mais seulement « si cette dernière s’engage à répondre clairement aux demandes des citoyens exprimées depuis plusieurs mois ».

     

    Les citoyens de la zone sud de Malartic doivent en fait vivre au quotidien avec les impacts de la plus grosse mine à ciel ouvert exploitée en milieu habité au Canada, et ce, depuis plus de cinq ans. Selon le porte-parole de Québec meilleure mine, Ugo Lapointe, les citoyens subissent donc les inconvénients liés au bruit, à la poussière, aux vibrations des explosions et à la perte de valeur de leur résidence.

     

    Un rapport publié l’an dernier par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) concluait d’ailleurs que l’imposante mine a eu des impacts majeurs pour la population. Le rapport, intitulé « Effets individuels et sociaux des changements liés à la reprise des activités minières à Malartic », met ainsi en lumière les nombreux effets négatifs attribuables à l’implantation de ce projet en plein coeur de la municipalité.

     

    La construction de la plus grande mine d’or à ciel ouvert au Canada a nécessité la destruction d’une partie de Malartic. Les chercheurs de l’INSPQ ont d’ailleurs constaté le désarroi, la tristesse, la frustration, la colère et le stress liés au déménagement du quartier sud.

     

    Rachat de propriétés

     

    Le comité de citoyens demande maintenant à Canadian Malartic « d’offrir l’acquisition de résidences à une large proportion des citoyens impactés » et qui n’ont pas été relogés jusqu’à présent. On réclame également un « soutien financier » afin de pouvoir consulter des « experts » pour conseiller les résidents.

     

    Le comité s’est retiré du comité de travail qui avait été mis en place par la minière, et ce, après trois rencontres. Une situation qu’a déplorée mardi Serge Blais, directeur général de Canadian Malartic. Il a toutefois promis de poursuivre le travail en vue de « trouver des solutions ».

     

    Selon ce qu’a précisé M. Blais, l’idée d’offrir d’acquérir des résidences dans les secteurs les plus touchés par les activités de la mine est sur la table. Mais il est trop tôt, selon lui, pour préciser le nombre de résidences qui pourraient être rachetées. La construction de la mine a déjà nécessité le rachat de plus de 200 résidences.

     

    Qui plus est, Canadian Malartic prévoit un agrandissement de sa mine à ciel ouvert. Le projet est suffisamment ambitieux pour devoir passer par des audiences devant le Bureau d’audiences publiques en environnement. Avec cet agrandissement de la mine, la production d’or devrait se poursuivre jusqu’en 2025, a précisé M. Blais. Au total, on parle d’une exploitation d’environ 15 ans. Chaque jour, quelque 55 000 tonnes de minerai brut sont traités.

     

    Les réserves d’or de Canadian Malartic pourraient ainsi atteindre un total de 11 millions d’onces. Au prix sur les marchés, soit environ 1200 $ l’once, cette ressource contrôlée par le privé a une valeur brute de plus de 13 milliards de dollars.













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