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    Anticosti

    «L’avenir du Québec ne repose pas sur les hydrocarbures», selon le premier ministre. Des scientifiques confirment.

    30 janvier 2016

    L’année 2015 s’est terminée sur une note positive à la suite de l’adoption de l’accord de Paris sur le climat et de l’adoption par le Québec de la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) la plus ambitieuse en Amérique du Nord. À ne pas en douter, l’année 2016 sera celle des choix en matière d’environnement. Nous contenterons-nous du statu quo ? Nous engagerons-nous davantage dans l’aventure pétrolière ? Ou entreprendrons-nous un virage audacieux vers une transition énergétique qui misera sur des énergies renouvelables ?

     

    Le premier ministre Couillard a envoyé un signal très fort en affirmant lors de la conférence de Paris qu’il était plutôt froid à l’idée de mettre en péril « […] ce milieu naturel extraordinaire qu’est Anticosti […] » face à un développement pétrolier et gazier.

     

    Bien que les conclusions de l’évaluation environnementale stratégique (EES) sur les hydrocarbures se fassent toujours attendre, les documents et études rendus disponibles font ressortir certains constats qu’il nous est difficile d’ignorer :

     

    — la fracturation hydraulique risque de créer des impacts négatifs presque certains et potentiellement irréversibles sur le milieu aquatique et les sources d’eau d’Anticosti ;

     

    — la rentabilité économique d’une éventuelle exploitation d’hydrocarbures à Anticosti est loin d’être démontrée ni assurée, et cela avant même de tenir compte des coûts additionnels liés au marché du carbone ;

     

    — le projet d’exploitation des hydrocarbures à Anticosti entraînerait une augmentation considérable de nos émissions de GES. En plus d’affecter directement l’environnement, cette augmentation des GES risque de faire gonfler la facture des industries québécoises sur le marché du carbone.

     

    Compte tenu de ces constats, il est impératif de se demander si le risque en vaut vraiment la chandelle. Alors que les risques économiques et environnementaux semblent lourds de conséquences, la précaution la plus élémentaire ne s’impose-t-elle pas ?

     

    L’heure des choix

     

    Anticosti est un joyau écologique situé en plein coeur du golfe du Saint-Laurent, vaste étendue d’eau bordée par cinq provinces, aux rôles et fonctions multiples. Ses écosystèmes, qui abritent une des plus importantes biodiversités du Québec, demeurent une des richesses exceptionnelles de notre territoire, et la science continue de déployer des efforts considérables afin de mieux comprendre ce milieu de vie complexe, qui constitue un pilier essentiel de notre économie régionale. Toute infrastructure pétrolière ou gazière sur et en marge d’Anticosti pourrait avoir des impacts non seulement sur l’île elle-même, mais aussi sur l’écosystème marin et côtier du golfe. C’est le cas, pour ne citer qu’un exemple, de la fragile métapopulation de saumons de l’île qui fut désignée comme « espèce en voie de disparition » par le COSEPAC, en 2010. Comment peut-on concilier notre obligation légale de protéger cette espèce emblématique (au caractère traditionnel pour les peuples autochtones) avec le développement pétrolier ?

     

    Pour éviter un réchauffement planétaire de plus de 2 °C, et ainsi respecter nos engagements pris lors de la conférence de Paris sur le climat, la communauté scientifique internationale nous prévient que la plupart des réserves connues en hydrocarbures de la planète doivent demeurer intouchées. Aussi, compte tenu des pronostics tarifaires relativement faibles pour le marché du pétrole, est-il souhaitable pour le Québec d’engager ses fonds vers cette voie nouvelle, risquée et peu rentable, qui ne pourra que ralentir sa transformation vers une société à faibles émissions de carbone ?

     

    L’heure est au choix pour les Québécoises et les Québécois : se lancer dans une aventure pétrolière et gazière aux retombées économiques peu probables et aux conséquences environnementales significatives, ou bien accélérer la transition énergétique déjà entamée afin de s’affranchir des hydrocarbures. Le premier ministre Couillard semble pencher pour la seconde option lorsqu’il affirme que « l’avenir du Québec ne repose pas sur les hydrocarbures ».

     

    Nous sommes de cet avis et serons prêts à appuyer toute décision et action concrète en ce sens, y compris celle d’annuler les travaux exploratoires de fracturation prévus l’été prochain à Anticosti.

     

    Signataires :

     
    • Philippe Archambault
    • Dominique Berteaux
    • Daniel Bourgault
    • Pierre Chastenay
    • Jérôme Dupras
    • Marco Festa-Bianchet
    • Louis Fortier
    • Michel Leboeuf
    • Pascale Lehoux
    • Jean Lemire
    • Damon Matthews
    • Robert Michaud
    • Lyne Morissette
    • Normand Mousseau
    • Éric Notebaert
    • Dominique Paquin
    • Émilien Pelletier
    • François Reeves
    • Lucie Sauvé
    • Sébastien Sauvé
    • Richard Sears
    • Jean-Patrick Toussaint
    • Louise Vandelac
    • Jonathan Verreault












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