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    Énergie Est

    Refus incontournable

    Les associations d’affaires n’ont pas tardé à réagir à la sortie, jeudi, de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui par la voix du maire de Montréal, Denis Coderre, a rejeté avec force le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada. Il y avait dans leur réaction un « appel au pragmatisme et au réalisme » et à ne pas exagérer les risques posés par le pipeline.

     

    Le rapport de la CMM démontre pourtant qu’il y a du fondement à la grande méfiance exprimée par les maires des 82 municipalités (la moitié de la population du Québec) que regroupe l’organisme. Leur non retentissant ne se fonde pas sur une analyse superficielle des projets de transit du pétrole issu des sables bitumineux. Au contraire !

     

    Il faut au départ parler de l’arrogance de l’entreprise albertaine, soulignée par M. Coderre, qui n’a pas voulu se rendre aux consultations publiques tenues à l’automne par la CMM. Elle a par la suite simplement envoyé un document de rectification aux mémoires présentés. Le porte-parole de l’entreprise justifie cette absence par le souci de TransCanada de laisser toute la place aux citoyens. Le rapport ne se laisse pas leurrer par une telle excuse : c’était là, lit-on, une « façon de faire contraire aux principes d’acceptabilité sociale ».

     

    Le document note d’ailleurs d’autres éléments qui témoignent de l’indifférence envers les soucis collectifs. Ainsi, « TransCanada a contacté directement chaque propriétaire le long du tracé ». Ce n’est là rien d’anodin puisque ces « ententes “à la pièce” ne permettent pas de prendre en compte les répercussions qu’engendrera le projet pour la collectivité ». Des ententes, doit-on ajouter, qui amenuisent les possibilités de résister. Comment se battre seul contre une pétrolière ?

     

    S’il n’y avait que les manières d’agir à déplorer… Le rapport va bien plus loin. Par exemple, « plutôt que d’évaluer le risque posé pour chaque cours d’eau traversé par le projet », TransCanada s’en est tenu à leurs caractéristiques générales, ignorant même qu’ils sont interconnectés. Dans la même veine, en cas d’incident, TransCanada a déjà expliqué à l’Office national de l’énergie (chargé d’autoriser le projet) qu’il lui faut un maximum de trois heures pour déployer une équipe, six heures pour l’équipement. C’est beaucoup trop pour une région aussi densément peuplée que Montréal, où la dangerosité d’une fuite est décuplée.

     

    La CMM a donc pavé la voie au refus, devenu incontournable, du gouvernement du Québec. Ce rapport s’ajoute à tous ceux qui démontrent que les risques outrepassent tous les brumeux avantages du pipeline. La réponse politique des communautés est claire, que Philippe Couillard la relaie fermement au fédéral.













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