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    Énergie

    Cocktail et politique

    Est-il si inimaginable que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, ait discuté avec quelques détails de la future politique énergétique du Québec lors du cocktail privé organisé à son intention hier soir, jeudi, par une grande firme d’avocats ? Bien sûr que non. Le ministre Arcand ne faisait quand même pas déplacer des gens importants juste pour leur répéter les grandes lignes de ses discours publics. Il ne faut pas prendre les citoyens pour plus innocents qu’ils ne le sont !

     

    C’est pourtant ainsi qu’on a tenté de noyer le poisson au sujet de cette rencontre, où entre 70 et 90 personnes liées à l’industrie des ressources naturelles étaient attendues. On avait quand même alléché les clients du cabinet Lavery et de la firme de relations publiques Hatley en leur disant que le ministre Arcand « présentera la nouvelle politique énergétique 2016-2025 ».

     

    Mais une fois des journalistes prévenus, le bureau du ministre a plutôt joué sur les mots : celui-ci allait présenter « ses observations en lien avec la nouvelle politique », s’en tenir aux « grandes orientations de la politique énergétique qui sera dévoilée au cours des prochaines semaines ». Ou, mieux encore : « Son discours ne sera pas différent de celui qu’il a livré devant plusieurs tribunes publiques au cours de la dernière année. »

     

    Il s’en est pourtant passé des choses au cours de la dernière année en lien avec la politique énergétique, notamment la tenue de trois tables d’experts qui ont réuni des professeurs et des acteurs de l’industrie énergétique… mais pas un environnementaliste. Et comme la démarche a été lancée en novembre 2014, que la politique promise devait au départ être déposée à l’automne 2015, comme on y met maintenant comme horizon final le 31 mars 2016, bref, comme il ne reste plus grand-chose à faire que de peaufiner le travail, le ministre avait sûrement bien autre chose à échanger que des généralités quand il s’est retrouvé en petit comité avec des représentants du secteur énergétique et leurs avocats.

     

    Le ministre est coutumier de ces rendez-vous privés. À l’automne 2014, il avait ainsi pris la parole lors d’une discrète soirée organisée par la firme TransCanada. Des discours particuliers auxquels n’ont jamais droit les groupes environnementaux, communautaires ou de citoyens. Et toutes ces rencontres en vase clos se font avec des gens qui ont déjà leurs lobbyistes auprès du gouvernement. Mais les choix énergétiques de la prochaine décennie ne sont pas que bonnes affaires à conclure, avec milliards de dollars à la clé. Ils sont d’abord des choix citoyens, qui nous concernent tous.

     

    Quoi ? Citoyen, collectivité ? Que voilà un langage que ce gouvernement ni n’entend, ni ne comprend.













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