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    Empreinte carbone réelle pour réseau virtuel

    Les technologies de l’information polluent plus que le transport aérien

    Le centre de données de Facebook près du cercle arctique, en Suède, fut le premier ouvert en dehors des États-Unis, en 2013.
    Photo: Susanne Lindholm Associated Press Le centre de données de Facebook près du cercle arctique, en Suède, fut le premier ouvert en dehors des États-Unis, en 2013.

    Afficher une photo sur son mur, « twitter » l’humeur du moment, parsemer de « like » chacun de nos détours sur Facebook : toutes ces petites échappées virtuelles, cent fois répétées, font peser une empreinte réelle sur la planète.

     

    Un poids à ce point pesant que depuis 2009, on estime que l’empreinte carbone des technologies de l’information et des communications (TIC) a dépassé celle du secteur des transports aériens. En clair, la dépendance mondiale pour le Web pollue à l’heure actuelle près de dix fois plus que l’industrie des sables bitumineux. Aïe…

     

    Pour chaque page, photo, courriel expédié, les milliers d’interconnexions indispensables à la grande toile nécessitent équipements informatiques, fibres optiques, câbles en cuivre, émetteurs Wi-Fi, antennes, routeurs, et surtout, des milliers de centres de données où sont traitées et stockées les données générées par l’utilisateur du Web.

     

    Google répond à plus de 200 millions de recherches par jour. Selon le physicien américain Alex Wissner Gross, deux requêtes sur Google nécessitent autant d’énergie que celle requise pour faire bouillir l’eau d’une bouilloire. Faites le calcul…

     

    Si on inclut la fabrication énergivore des appareils, l’empreinte annuelle mondiale des TIC équivaut à celle de 40 centrales nucléaires, soit environ 608 millions de tonnes de GES, sans compter les 8,7 milliards de litres d’eau utilisés.

     

    Selon Green.it, site français vert consacré aux technologies de l’information, la planète compte trois milliards d’utilisateurs connectés (un milliard d’ordinateurs, deux milliards de téléphones intelligents), en plus de 5 à 7 milliards « d’objets connectés » pour un total de 9 milliards d’utilisateurs. De quoi gonfler à bloc des réseaux parfois très énergivores. Selon le même site, 47 % des émissions de GES émanent des utilisateurs, 28 % des réseaux et 25 % des centres de données.

     

    L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) de France évalue le bilan carbone d’une simple requête effectuée sur un moteur de recherche à 10 g de CO2. Envoi de courriel : 4 g. Ajout d’une importante pièce jointe : l’empreinte grimpe à 50 g. Même un pourriel, non lu, pèse 0,3 g. « La même recherche peut avoir un impact différent, selon le moment de la journée, on peut faire appel à un serveur à Tokyo ou même à Buenos Aires, il n’y a pas de priorité pour le serveur le plus proche », expliquait récemment au Nouvel Obs Pierre Galio, chef de consommation et prévention de L’ADEME.

     

    L’effet pourriels

     

    À elle seule, l’empreinte carbone des milliers de pourriels générés automatiquement dans les boîtes de millions d’usagers à longueur d’année équivaudrait aux émissions annuelles de trois millions de voitures, selon un rapport de la firme McAfee.

     

    Bref, l’activité grouillante du Web et des outils connectés accapare 2 % de la production d’électricité mondiale (en partie produite à partir de centrales au charbon ou au gaz), une consommation appelée à doubler tous les quatre ans, selon une étude citée dans The Guardian.

     

    La mouvance vers l’utilisation de nuages informatiques au détriment d’ordinateurs personnels pourrait gonfler le poids carbone du secteur des TIC. À moins d’un changement radical dans les énergies utilisées pour produire et opérer réseaux et centres de données, le « cloud computing » ne fera qu’ajouter aux nuages déjà nocifs et bien réels de GES.

     

    Des réseaux sociaux gourmands

     

    Les Facebook et YouTube de ce monde, à eux seuls, génèrent une activité effervescente, mais difficilement mesurable en termes de GES, puisque les géants du Web considèrent les émissions liées à leurs activités comme des secrets industriels.

     

    Facebook, qui a dévoilé pour la première fois en 2012 son empreinte carbone, évalue qu’un mois d’usage Facebook génère 269 g, soit l’équivalent d’une grosse tasse de café. Des données toutefois contestées.

     

    Dans un rapport dévoilé en 2012, Greenpeace plaçait les géants de l’Internet et des réseaux sociaux, dont Facebook, Apple, Amazon et Microsoft, sur la liste des mauvais élèves en raison de leur grande dépendance aux centrales au charbon.

     

    Le charbon...

     

    À l’époque, les centres de données de Facebook tiraient 29 % de leur énergie de centrales au charbon, 17 % du gaz, 13 % du nucléaire et 20 % d’autres sources. Cancre des cancres, Microsoft dépendait pour sa part à 55 % du charbon et 27 % du nucléaire. Plusieurs géants du Web ont toutefois amorcé le transfert de leurs centres de stockage de données vers des pays nordiques. « Le monde est en train de changer vers les énergies renouvelables. Si, à court terme, l’augmentation du nombre d’usagers va avoir un impact négatif sur les GES, à long terme, l’impact s’amoindrira », pense Steven Guibeault, cofondateur d’Équiterre, qui se montre plutôt positif face à l’avenir.

     

    À son avis, il faut mettre dans la balance les changements de comportements positifs pour la planète qu’ont engendrés Internet et les réseaux sociaux, dont le télétravail. « Par exemple, les jeunes qui socialisent sur le Web ont de moins en moins recours à l’automobile. Si l’on se tourne vers des sources d’énergies propres, le recours au Web peut permettre de réduire d’autres émissions. »













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