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    L’Alberta s’apprête à taxer le carbone

    Les sables bitumineux se verraient imposer un haut plafond

    Une raffinerie de pétrole à Fort McMurray, en Alberta
    Photo: Daniel Barnes Getty Images Une raffinerie de pétrole à Fort McMurray, en Alberta

    Edmonton — L’Alberta a publié dimanche un rapport longuement attendu concernant sa politique en matière de lutte contre les changements climatiques qui comprend une taxe sur le carbone s’appliquant à tous les secteurs.

     

    La taxe s’élèvera à 20 $ par tonne de gaz à effet de serre (GES) en 2017 et passera à 30 $ l’année suivante. Le gouvernement albertain prévoit aussi éliminer progressivement le recours à l’électricité générée par le charbon d’ici 2030.

     

    « Aujourd’hui, nous nous attaquons enfin à l’un des plus gros problèmes au monde : la pollution qui cause les changements climatiques », a déclaré la première ministre de la province, Rachel Notley, lors du dévoilement de la nouvelle politique à Edmonton, dimanche. « Les changements climatiques existent, ils sont provoqués par l’activité humaine et ils nécessitent une solution efficace. »

     

    Les néodémocrates de l’Alberta limiteront aussi le taux d’émissions de GES pour l’industrie des sables bitumineux à 100 mégatonnes, ce qui laisse amplement de marge de manoeuvre au secteur pour se développer.

     

    Blason à redorer

     

    Mme Notley présentera la politique albertaine à la rencontre des premiers ministres à Ottawa lundi et à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s’amorcera à Paris à la fin du mois.

     

    La réussite de cette politique est perçue comme essentielle pour redorer le blason de l’Alberta sur le plan environnemental et récolter davantage d’appuis pour les exportations d’énergie de la province.

     

    Rachel Notley a rappelé dimanche que l’industrie de l’énergie jouait un rôle important pour l’économie. Elle avait toutefois déjà affirmé que l’inaction de l’Alberta en matière de changements climatiques par le passé avait influencé la décision du président américain, Barack Obama, de rejeter le projet de pipeline Keystone XL.

     

    Lors de l’annonce, la première ministre a souligné la présence à ses côtés de représentants de l’industrie pétrolière et de groupes environnementaux.

     

    Murray Edwards, de la société pétrolière Canadian Natural Resources, a soutenu que les temps étaient difficiles pour le secteur du pétrole et du gaz naturel, et que les objectifs établis par le gouvernement néo-démocrate de la province étaient « ambitieux ». Mais il a indiqué que la politique permettrait à l’industrie de continuer à innover et à croître tout en luttant contre les changements climatiques.

     

    Mme Notley a promis de travailler en étroite collaboration avec les entreprises qui produisent et distribuent l’électricité dans la province afin de faciliter l’élimination du charbon et de faire en sorte que les prix demeurent stables pour les consommateurs.

     

    Les deux tiers de l’électricité générée par le charbon seront remplacés par de l’électricité produite grâce à des énergies renouvelables. L’argent recueilli par la taxe sur le carbone sera investi dans des mesures visant à réduire la pollution et servira à aider les familles, les petites compagnies et les Premières Nations qui oeuvrent dans l’industrie du charbon.













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