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    Libre opinion - Changements climatiques

    Une obligation de cohérence et d’imputabilité

    23 octobre 2015 | Texte collectif* - Les signataires sont tous membres de SWITCH, l’Alliance pour une économie verte au Québec. | Actualités sur l'environnement
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

    La Conférence de Paris sur le climat se tiendra dans moins de deux mois et un accord mondial visant la décarbonisation rapide de nos sociétés devrait y être conclu. Le climat s’emballe, la Terre se réchauffe, et Paris représente l’occasion unique que nous nous donnons pour faire face et relever le défi. Le Québec devra être au rendez-vous et apporter, lui aussi, sa contribution, au meilleur de ses capacités.

     

    Le gouvernement du Québec a fait connaître la cible de réduction qu’il juge que nous sommes collectivement en mesure de réaliser, à l’horizon 2030, soit une réduction de 37,5 % sous les niveaux de 1990. Mais que ce soit cet objectif ou un autre, son atteinte nous oblige à davantage de cohérence et d’imputabilité.

     

    Nous devons tout d’abord mieux nous parler et mieux nous coordonner. Les ministères et les organismes du gouvernement travaillent trop souvent en silo, sans l’apport des acteurs sur le terrain et des groupes de la société civile. Nous serions tous mieux servis par une gestion plus participative des efforts auxquels nous aurons consenti.

     

    Nos efforts seraient aussi plus efficaces s’ils étaient coordonnés au plus haut niveau de l’appareil de l’État, et si tous les ministères et organismes devaient être imputables de l’atteinte de leurs objectifs sectoriels. Ceci permettrait de s’assurer que les actions gouvernementales contribuent réellement à l’atteinte des objectifs de réduction de GES. Nous pourrions ainsi éliminer les incohérences dans les actions des uns et des autres, notamment afin de rendre plus difficile la cohabitation de politiques encourageant l’étalement urbain et les développements autoroutiers avec des plans de réductions de GES et de la consommation de pétrole. Il conviendrait de faire l’inventaire de ces incohérences et de tenter de les éliminer progressivement.

     

    Tant par l’importance des enjeux que par l’importance des sommes en jeu — près de 3,3 milliards de dollars d’ici 2020 pour réduire les émissions de GES —, il faut assurer une saine gouvernance des fonds en prévoyant des mécanismes de reddition de compte selon les plus hauts standards et de mesurer le degré d’avancement, et ce, à travers tout l’appareil de l’État.

     

    Transports et urgence de décarbonisation

     

    Nous devrons également nous attaquer une fois pour toutes à la principale source des émissions de GES au Québec, le secteur des transports. Les émissions de ce secteur ont augmenté de 25,7 % entre 1990 et 2012 et s’y attaquer exigera une vision claire et des décisions conséquentes de l’État et des municipalités.

     

    Il faut, d’une part, veiller à une meilleure densification du territoire, de manière à contrer l’étalement urbain qui détruit nos ceintures vertes, les milieux humides et les terres agricoles. Il faut aussi investir massivement dans les services de transports collectifs et l’électrification des transports, pour mieux répondre aux besoins de mobilité des Québécois, de même que favoriser l’utilisation des biocarburants et les carburants moins émissifs, notamment pour les transports lourds. Cet effort collectif est une occasion idéale d’effectuer une réelle transition vers une économie plus verte et de soutenir le développement de technologies propres qui permettront au Québec de tirer son épingle du jeu sur la scène internationale.

     

    Alors que leurs émissions collectives ont diminué de 21 % entre 1990 et 2012, les entreprises doivent aussi être mises de la partie. Ces efforts doivent être modulés selon ce qu’elles ont déjà consenti et selon les capacités technologiques de chacune. Le marché du carbone est un bon instrument pour nous aider à atteindre nos objectifs. Nous souhaitons que le gouvernement annonce, comme l’a fait récemment l’Union européenne, que ce marché est là pour les prochaines décennies, et qu’il détermine des conditions stables et prévisibles pour rassurer les investisseurs et les entreprises qui prennent des décisions pour demain en fonction des informations disponibles aujourd’hui.

     

    À la conférence de Paris, tout le Québec voudra répondre « présent » ! C’est après que le vrai travail commencera. Nous atteindrons nos objectifs en travaillant ensemble, en faisant preuve de transparence et d’imputabilité, et en prenant collectivement les décisions qu’il faut.

     

    * Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada ; Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki ; Denis Leclerc, président et chef de la direction d’Ecotech Québec ; Stéphanie Trudeau, vice-présidente, Stratégie, communication et développement durable chez Gaz Métro ; Steven Guilbeault, cofondateur et directeur principal d’Équiterre ; Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée directeure chez Cycle Capital Management ; Marie-Hélène Labrie, première vice-présidente, Affaires gouvernementales et communications d’Enerkem ; Jean-François Nolet, vice-président des politiques publiques et communications de l’Association canadienne de l’énergie éolienne.













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