Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Océans à l’agonie

    Les changements climatiques, la surpêche et la pollution menacent la vie marine, conclut une étude

    La très complexe chaîne alimentaire des océans du globe est de plus en plus menacée d’un véritable « effondrement » en raison des impacts des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de la surpêche et de la pollution généralisée, conclut une étude publiée dans les comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

     

    Après analyse des résultats de 632 études menées dans différentes régions océaniquesdu monde, les chercheurs de l’Université australienne d’Adelaïde constatent que la très vaste majorité des espèces marines n’auront tout simplement pas la capacité de s’adapter aux changements très rapides qui se produisent dans les océans, qui recouvrent 70 % du globe.

     

    Outre le réchauffement global déjà en cours, ces changements comprennent une acidification accélérée des eaux, du fait d’une absorption de quantités de plus en plus importantes de CO2. Cette réduction du pH nuit à des pans entiers de la chaîne alimentaire, par exemple à la survie des coraux, mais aussi des mollusques comme les moules et les huîtres.

     

    L’estuaire du Saint-Laurent n’échappe d’ailleurs pas au phénomène. La concentration en acide a augmenté de façon considérable en 75 ans dans les eaux profondes de l’estuaire. Depuis 1930, l’augmentation de la concentration en acide a été de 30 %.

     

    Les chercheurs estiment en outre que, globalement, on devrait assister à un recul marqué de la biodiversité dans les océans, berceau de la vie sur Terre, et ce, d’ici 2050. « Il va y avoir un effondrement des espèces en cascade dans la chaîne alimentaire », prédit ainsi Ivan Nagelkerken, coauteur de l’étude.

     

    « Cette “simplification” de nos océans aura de lourdes conséquences sur notre mode de vie actuel, en particulier pour les populations côtières et celles qui comptent sur les océans pour se nourrir ou faire du commerce », souligne aussi M. Nagelkerken, cité par l’Agence France-Presse.

     

    Impact humain

     

    Ces conclusions rejoignent celles d’une étude publiée le mois dernier par le Fondsmondial pour la nature (WWF). L’organisme environnemental estimait que la destruction des espèces marines provoquée par l’activité humaine est telle que celles-ci ont reculé de moitié en à peine plus de 40 ans.

     

    « Nous conduisons collectivement l’océan au bord du précipice », résumait le directeur général du Fonds, Marco Lambertini, dans la préface du rapport Planète vivante consacré aux océans.

     

    Les données compilées par l’organisation dressent d’ailleurs un portrait pour le moins révélateur de la dégradation accélérée et en partie irréversible des milieux marins. Ainsi, les populations d’animaux marins (mammifères, oiseaux, reptiles et poissons) accusent un recul global de 49 % pour la période 1970-2012, soit à peine 42 ans.

     

    Le déclin des stocks de poissons pêchés dans le monde atteint en moyenne 50 %. Le pire semble à venir, du moins en ce qui concerne les pêcheries mondiales. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, de plus en plus d’espèces sont en effet soumises à des pressions de pêches excessives. En fait, 80 % des espèces sont « pleinement exploitées » ou « surexploitées ».













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.