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    Pipeline 9B

    Des citoyens et des élus inquiets

    Dans certains secteurs, l’oléoduc passe dans la cour de résidences et même sur le terrain d’un CPE.
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Dans certains secteurs, l’oléoduc passe dans la cour de résidences et même sur le terrain d’un CPE.

    Consultez la carte du tracé du pipeline 9B

    Notre dossier :
    Pétrole sous haute pression – Un pipeline, et alors?

    Malgré l’approbation de l’Office national de l’énergie (ONE) et la réalisation de tests hydrostatiques, des citoyens et des élus demeurent très inquiets quant à l’étanchéité du pipeline 9B d’Enbridge dont le flux pourra être inversé.

     

    À la suite des pressions exercées notamment par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et de son président Denis Coderre, l’ONE avait obligé Enbridge à réaliser des tests hydrostatiques — qui consistent à injecter de l’eau dans le pipeline pour s’assurer de son étanchéité. À la lumière des résultats de ces tests, l’ONE a donné le feu vert à l’inversion du flux du pipeline 9B d’Enbridge mercredi soir. Ces tests n’ont pas été réalisés sur l’ensemble de l’oléoduc, mais sur trois tronçons seulement, dont un à Mirabel.

     

    Si la CMM s’est montrée satisfaite des assurances données par l’ONE, plusieurs citoyens et élus ont exprimé de sérieux doutes jeudi matin lors de l’assemblée mensuelle de la CMM. « C’est l’intégralité de la conduite qui aurait dû être analysée et ça aurait dû être fait par une firme indépendante », a fait savoir le maire de Bois-des-Filion, Paul Larocque, qui a tenu à inscrire sa dissidence dans ce dossier. « Enbridge est une compagnie privée. Sans prêter d’intentions à ces compagnies-là, je pense qu’en tant qu’élus, on a le devoir de s’assurer qu’une telle conduite a été analysée d’un bout à l’autre, pas simplement sur trois tronçons. Je ne suis pas du tout à l’aise avec ça »

     

    Tests moins contraignants

     

    Les citoyens présents à l’assemblée de la CMM ont pour leur part dénoncé la décision de l’ONE prise en juillet dernier de permettre à Enbridge à mener les tests hydrostatiques avec une pression moindre que celle initialement prévue en juin. « Ce n’est pas une baisse anodine. C’est quelque 60 livres par pouce carré. Sur une grosse canalisation, c’est important », a soutenu Lorraine Caron, membre du groupe Citoyens au courant. « En prévention des risques, je pense qu’il y a une occasion qui a été manquée », a ajouté Mme Caron.

     

    Âgée d’une quarantaine d’années, la canalisation présente des signes d’usure, ont rappelé les citoyens. « La question n’est pas de savoir s’il y aura un déversement, mais quand ce déversement aura lieu », a souligné Vincent Marchione.

     

    Le maire Denis Coderre, qui préside la CMM, a rétorqué qu’un suivi serré de l’état du pipeline serait effectué en collaboration avec des comités de vigilance réunissant des citoyens, des experts, des représentants de la CMM et d’Enbridge et que d’autres tests hydrostatiques pourraient être réalisés si nécessaire. « Dans ce sens-là, ça me satisfait, a dit le maire. Je ne remets pas en doute l’expertise de l’Office national de l’énergie. »

     

    Le maire Coderre a rappelé les conditions liées à l’inversion du flux du pipeline. Ainsi, au cours des deux prochaines années, Enbridge devra mener des examens au sol — au moins toutes les deux semaines — dans les zones problématiques et effectuer à chaque trimestre un examen acoustique de la canalisation via une inspection interne.

     

    Le directeur général de la CMM, Massimo Iezzoni, a précisé que la CMM avait reçu de ses experts l’assurance de la validité des tests réalisés pour évaluer l’intégrité du pipeline.

     

    Malaise

     

    À l’instar de son homologue de Bois-des-Filion, le maire de Laval, Marc Demers, a lui aussi exprimé des préoccupations : « Je fais confiance aux experts de la CMM, mais j’ai un malaise et comme M. Larocque, j’aimerais comprendre pourquoi on a baissé la pression [pour les tests hydrostatiques] et qu’on n’a pas exigé que l’expertise se fasse sur tout le circuit, ce qui aurait eu l’avantage de rassurer l’ensemble de la population ».

     

    Rappelons qu’à terme le pipeline 9B pourra acheminer quelque 300 000 barils de pétrole brut de l’Ouest canadien vers Montréal. Il traversera plusieurs municipalités de la Couronne nord de Montréal ainsi que Laval, Montréal et Montréal-Est. Dans certains secteurs, l’oléoduc passe dans la cour de résidences et même sur le terrain d’un CPE.













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