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    Énergie Est

    Équiterre dénonce le «faux» débat entre pipelines et trains

    À titre d’exemple, les 1,1 million de barils qui devraient couler dans le pipeline Énergie Est équivalent à 1528 wagons chargés de pétrole. Cela représente 22 fois le convoi qui a déraillé à Lac-Mégantic en 2013.
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir À titre d’exemple, les 1,1 million de barils qui devraient couler dans le pipeline Énergie Est équivalent à 1528 wagons chargés de pétrole. Cela représente 22 fois le convoi qui a déraillé à Lac-Mégantic en 2013.

    Il est faux d’affirmer que si le projet de pipeline Énergie Est est rejeté, le pétrole qui devrait circuler dans le tuyau sera transporté par train. C’est ce que soutient Équiterre dans son mémoire présenté mercredi dans le cadre des audiences publiques de la Communauté métropolitaine de Montréal. Le groupe accuse même TransCanada d’utiliser la tragédie de Lac-Mégantic pour faire la promotion de son projet.

     

    L’argument a été mis en avant et répété non seulement par TransCanada, mais aussi par le premier ministre Philippe Couillard, le chef néodémocrate Thomas Mulcair et le candidat libéral Stéphane Dion, entre autres : si le pétrole ne circule pas dans des pipelines, il traversera obligatoirement le Canada à bord de wagons-citernes qui ont déjà prouvé qu’ils pouvaient représenter une menace.

     

    « C’est un épouvantail que les promoteurs agitent dans la foulée de Lac-Mégantic pour essayer de faire avaler l’idée du pipeline, mais ça n’a rien à voir avec la réalité, affirme le porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbeault. La réalité, c’est que malgré l’augmentation du transport de pétrole par train, le rail ne peut transporter qu’une fraction de ce qui est transporté par pipeline. »

     

    Les données présentées dans le mémoire du groupe environnemental indiquent en effet que les volumes transportés par train sont nettement plus faibles que ceux transportés parpipelines au pays. À titre d’exemple, les barils, au nombre de 1,1 million, qui devraient couler dans le pipeline Énergie Est équivalent à 1528wagons chargés de pétrole. Cela représente 22 fois le convoi qui a déraillé à Lac-Mégantic en 2013. Or, il serait techniquement impensable de faire circuler autant de convois au Québec chaque jour vers le Nouveau-Brunswick.

     

    En fait, affirme M. Guilbeault, le pipeline de TransCanada est essentiellement conçu dans le but de faciliter la croissance de la production des sables bitumineux. En théorie, celle-ci devrait dépasser les trois millions de barils par jour en 2020, puis les cinq millions en 2030. Cette croissance rapide se reflète dans le transport de pétrole par train, qui a connu une croissance de 300 % depuis six ans. Les producteurs auraient donc plus que jamais besoin des projets de pipelines.

     

    Tragédie « utile »

     

    Jugeant que les politiciens se sont laissés convaincre de l’obligation de choisir entre les trains ou les pipelines, le porte-parole d’Équiterre accuse carrément TransCanada d’utiliser la tragédie de Lac-Mégantic pour faire la promotion de son projet. « Ils jouent de façon honteuse sur les craintes des populations locales par rapport au transport ferroviaire », soutient Steven Guilbeault.

     

    Un rapport produit l’an dernier pour TransCanada par la firme Edelman proposait justement à la pétrolière de présenter son pipeline comme « une réponse » aux inquiétudes des citoyens, deux ans après la catastrophe.

     

    Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, déplore toutefois les attaques d’Équiterre. « C’est vrai que nous parlons tous les jours de la sécurité des pipelines, puisque cela est un fait. Les pipelines sont sécuritaires. De nous accuser d’exploiter une tragédie humaine pour avancer notre projet est regrettable, insensible et faux », fait-il valoir.

     

    Le mémoire d’Équiterre revient aussi sur l’argument voulant que le Québec importe l’essentiel de son pétrole d’Algérie. Dans ce contexte, il serait donc plus responsable de consommer de l’or noir canadien, même s’il provient des sables bitumineux. En se basant sur des données de l’Office national de l’énergie, Équiterre souligne toutefois qu’en 2014, 52 % du pétrole provenait des États-Unis, contre 11 % d’Algérie. Cette tendance se poursuivrait cette année, selon l’organisme.

     

    Le refus affiché par la candidate démocrate Hillary Clinton au projet Keystone XL, de TransCanada, ne risque-t-il pas d’accroître la pression en faveur d’Énergie Est ? « Il reste en effet peu d’avenues pour le secteur des sablesbitumineux, admet M. Guilbeault. Mais Énergie Est est aussi impopulaire que Keystone XL ou Northern Gateway. Donc, je crois que ce projet ne passera pas. »













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