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    Une demande d’injonction pour sauver la rainette à La Prairie

    La plus menacée des grenouilles du Québec, la rainette faux-grillon, figure sur la liste des espèces en péril au Canada.
    Photo: Archives Le Devoir La plus menacée des grenouilles du Québec, la rainette faux-grillon, figure sur la liste des espèces en péril au Canada.

    Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) et Nature Québec reviennent à la charge pour protéger la rainette faux-grillon, cette petite grenouille dont l’un des derniers habitats en Montérégie est menacé par un projet immobilier à La Prairie. Ils ont déposé jeudi matin une demande d’injonction en Cour fédérale pour ordonner la suspension des travaux en attendant une révision du dossier par la ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq.

     

    Dans leur requête, le CQDE et Nature Québec ordonnent à la Ville de La Prairie et à l’entreprise Quintcap de « suspendre immédiatement tous travaux, y compris les travaux de déboisement et d’altération des milieux humides » dans le cadre de la réalisation du projet domiciliaire Symbiocité.

     

    Il s’agit du plus récent chapitre d’une longue saga judiciaire impliquant la petite et la plus menacée des grenouilles du Québec, la rainette faux-grillon, figurant sur la liste des espèces en péril au Canada.

     

    Les deux groupes environnementaux ont déposé une autre requête en Cour fédérale l’an dernier à la suite du refus d’Environnement Canada d’adopter un « décret d’urgence » pour protéger les milieux humides de La Prairie.

     

    Le mois dernier, le juge Luc Martineau a sévèrement réprimandé la décision de la ministre Aglukkaq. « Non seulement la ministre a-t-elle écarté d’une manière arbitraire et capricieuse l’opinion scientifique des experts de son ministère et de l’équipe de rétablissement de la rainette faux-grillon, mais suivre la logique ministérielle mène à un résultat absurde et contraire à la loi », a-t-il tranché. Le juge a alors donné six mois à la ministre pour reprendre l’étude du dossier.

     

    Le CQDE et Nature Québec ont aussitôt demandé à la Ville de La Prairie et au promoteur immobilier de mettre le projet immobilier sur la glace dans l’attente de la nouvelle décision ministérielle, mais leur mise en demeure est restée sans réponse. Voilà pourquoi ils vont aujourd’hui de l’avant avec une demande d’injonction.

     

    Projet controversé

     

    Le projet Symbiocité prévoit la construction d’environ 1300 unités d’habitation bordées d’un « parc de conservation et d’interprétation de la nature » qui, selon la Ville de La Prairie et le promoteur, contribuera à la préservation de la faune et de la flore.

     

    La directrice du CQDE, Karine Péloffy, affirme que ce parc n’est pas du tout le meilleur habitat pour la rainette et que l’emplacement a été choisi par « convenance », et non en fonction des besoins de l’espèce. Si les travaux de construction se déroulent comme prévu, certains lieux de reproduction de la rainette demeureront intacts, dit-elle, mais les chances de rétablissement de l’espèce à l’échelle du pays seront grandement affaiblies.

     

    Selon une recension effectuée en avril dernier par le président du Conseil régional de l’environnement de la Montérégie, Philippe Blais, le parc de conservation comprend 28sites de reproduction, comparativement à 6 pour la zone de la phase 1 du projet et 20 sites pour celle de la phase 2. Cette compilation détaillée dans un affidavit fait également état de 13 sites de reproduction détruits depuis le début des travaux en juillet 2014.

     

    Le site de la Ville de La Prairie indique que les travaux de la première phase du projet Symbiocité sont pratiquement terminés. Et selon un récent article de The Gazette, les travaux ne seront pas interrompus en raison des procédures judiciaires en cours.

     

    Le promoteur Quintcap n’a pas répondu à nos questions jeudi, tandis qu’Environnement Canada et la Ville de La Prairie ont refusé de commenter le dossier. La porte-parole de la municipalité, Chantal Charron, a toutefois précisé que le projet a obtenu tous les permis nécessaires à sa réalisation.













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