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    Stratégie maritime

    Le plan de protection des aires marines reste vague

    Photo: GREMM

    En dévoilant finalement sa stratégie maritime lundi, le gouvernement Couillard a souligné que la protection des écosystèmes marins constitue « une composante fondamentale » de ce chantier économique. Il est toutefois resté vague sur la capacité du Québec à atteindre ses engagements internationaux en matière de création d’aires marines protégées, ont déploré les groupes environnementaux.

     

    Comme le révélait Le Devoir au début du mois de juin, Québec s’est engagé à protéger 10 % de la superficie de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent d’ici 2020. Ainsi, les libéraux ont promis de créer « un réseau représentatif » d’aires marines, notamment pour répondre « aux enjeux de biodiversité et d’espèces à statut précaire du Saint-Laurent, dont le béluga ».

     

    Pour respecter l’engagement international de protéger 10 % de son territoire marin, le Québec devra donc créer l’équivalent de sept parcs marins d’ici cinq ans. Il s’agit d’un bond significatif par rapport au taux actuel de protection du Saint-Laurent, qui avoisine les 1,3 %. Il existe en fait une seule zone maritime officiellement protégée dans tout le Saint-Laurent. Il s’agit du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

     

    Le document présenté lundi évoque deux projets qui sont à l’ordre du jour de discussions entre les gouvernements fédéral et provincial depuis plusieurs années. Le plus important vise une région de 16 500 km2 entourant les îles de la Madeleine. Le gouvernement Couillard dit maintenant vouloir « poursuivre les travaux d’analyse et entreprendre une démarche de concertation des différents acteurs des îles de la Madeleine en vue de la désignation possible d’une aire marine protégée ».

     

    Québec est plus affirmatif dans le cas du projet de protection du banc des Américains, une zone de 1000 km2 située tout juste à la pointe est de la Gaspésie.

     

    Même s’il mentionne sa volonté de mieux protéger le béluga, le gouvernement n’évoque pas le projet de zone de protection marine à l’étude dans l’estuaire afin de bonifier l’aire protégée par le parc marin. Cette zone de 6000 km2, à l’étude depuis 1998, permettrait justement d’inclure des zones actuellement non protégées de son habitat, dont le secteur de Cacouna.

     

    Qui plus est, l’augmentation de la circulation maritime évoquée par le premier ministre Philippe Couillard dans le secteur en théorie protégé du Saguenay pourrait accroître les menaces pour l’espèce, selon les spécialistes du béluga.

     

    La Société pour la nature et les parcs du Canada estime que le plan libéral en matière d’aires marines protégées demeure trop vague. Son porte-parole, Patrick Nadeau, a ainsi rappelé que les libéraux de Jean Charest s’étaient déjà engagés en 2011 à atteindre l’objectif de 10 % d’aires marines protégées. « L’annonce d’aujourd’hui, qui ne s’accompagne d’aucune stratégie concrète, ressemble à une répétition de cet engagement. »

     

    Pire que la Chine

     

    M. Nadeau a ainsi rappelé que la performance du Québec en matière de protection marine est très faible. En Australie, la zone sous protection représente 33 % du patrimoine océanique. Aux États-Unis, ce taux avoisine les 30 %. Même la Russie (11,6 %), l’Indonésie (5,8 %) et la Chine (1,6 %) font mieux que le Québec.

     

    La Fondation David Suzuki a aussi déploré la « timidité » de la stratégie en matière de protection de la biodiversité du Saint-Laurent. « Il est déplorable que, malgré des investissements prévus de 9 milliards, rien de concret ne soit prévu pour améliorer la qualité de l’eau du fleuve ou protéger ses écosystèmes », a fait valoir son porte-parole, Karel Mayrand.













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