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    Les GES de l’Alberta

    Percée majeure

    La nouvelle première ministre albertaine, la néodémocrate Rachel Notley, l’avait promis, et elle est passée à l’action. À la fin de la semaine dernière, son gouvernement a annoncé à la fois un resserrement des règles sur les émissions des gaz à effet de serre et la révision du régime de redevances pétrolières.

     

    Est-ce trop ou pas assez ? Impossible pour le moment de trancher. L’industrie pétrolière, qui fait vivre la province, ne saute pas de joie… mais n’a pas vraiment déchiré sa chemise. Elle savait bien que l’arrivée du NPD changerait les règles du jeu et avait surtout hâte de sortir de l’incertitude. La démarche est enclenchée.

     

    La prudence de l’industrie tient sans doute aussi au fait que… cela aurait pu être pire. Les écologistes n’ont pas applaudi à tout rompre au plan sur les GES. Il prévoit une réduction d’intensité des émissions de CO2, avec pénalité doublée en cas de dépassement, mais pas leur plafonnement. La ministre albertaine de l’Environnement, Shannon Phillips, dit elle-même que ces dispositions ne constituent pas « une politique énergétique efficace. Nous devons faire mieux ». Mais, et c’est là l’important pour le reste du Canada, si branché sur le pétrole albertain, c’est une percée. Majeure.

     

    À la mi-juillet, le Conseil de la fédération se réunira à Terre-Neuve, et les premiers ministres des provinces et des territoires y discuteront environnement, dans la foulée du Sommet de Québec qu’ils ont tenu en avril. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et son homologue de l’Ontario, Kathleen Wynne, poussent fort sur les autres membres du Conseil pour qu’à la conférence de Paris sur le climat, en décembre, le Canada sorte du rôle de cancre qui lui est attribué. La scandaleuse inertie environnementale du gouvernement Harper s’appuyait jusqu’ici sur les élus albertains. Cette dynamique vient d’être complètement transformée.

     

    En présentant son nouveau plan sur les GES jeudi dernier, la ministre Phillips a dit ne fermer aucune porte, même pas celle de se joindre à la bourse du carbone du Québec et de l’Ontario ! Elle vient d’ailleurs de créer un panel qui, pendant trois mois, va sonder les Albertains sur la lutte contre les changements climatiques.

     

    La première ministre Notley est déterminée à avoir un plan crédible avant le sommet de Paris — ne serait-ce, et elle ne s’en cache pas, que parce que l’Alberta a besoin de refaire son image pour continuer à vendre du pétrole des sables bitumineux. Donc, plus question de dissocier énergie et environnement dans une province dont les émissions de GES dépassent celles du Québec et de l’Ontario réunies. Ce qui signifie qu’enfin, il y aura un front uni pour faire bouger les dinosaures d’Ottawa.













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