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    Stratégie maritime

    La communauté scientifique retient son souffle

    Le développement économique du Saint-Laurent ne se fera pas au détriment de la «sécurité» ni de l’«environnement», affirme le ministre D’Amour

    2 juin 2015 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Actualités sur l'environnement
    Après un hiver dans les eaux chaudes des Caraïbes, Tic-tac-toe le rorqual à bosse est rentrée dimanche dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.
    Photo: Sylvain Robert Après un hiver dans les eaux chaudes des Caraïbes, Tic-tac-toe le rorqual à bosse est rentrée dimanche dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

    À la veille du dévoilement de la Stratégie maritime, les attentes du biologiste Jean Lemire étaient grandes. Le chef de mission du voilier océanique Sedna IV a exhorté lundi le gouvernement du Québec à « soutenir davantage » la recherche scientifique.

     

    « En ce moment, on est dans une période où la recherche connaît des difficultés au Québec », a affirmé M. Lemire en marge du coup d’envoi de la cinquième saison d’observation écoresponsable des baleines dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

     

    Il a dit « espér[er] beaucoup » de la Stratégie maritime. « On espère qu’on n’a pas oublié les scientifiques, la recherche », a dit l’instigateur du projet « 1000 jours pour la Terre » lors d’une conférence de presse à bord de l’AML Louis-Jolliet.

     

    En compagnie des ministres Jean D’Amour et Dominique Vien, M. Lemire a souligné lundi la 5e année de l’Alliance Éco-Baleine, qui rassemble le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Parcs Canada, Parcs Québec et des entreprises offrants des activités d’observation de mammifères marins. Par le biais du Fonds éco-baleines, l’Alliance a « redonné à la science » plus de 100 000 $ afin notamment de démêler des questions comme : « Quelles sont les conditions idéales pour que ces animaux-là puissent se nourrir — ils viennent principalement pour ça — tout en étant observés ? », a illustré M. Lemire.

     

    Le ministre délégué à l’Implantation de la Stratégie maritime, Jean D’amour, a dit « recevoir 10 sur 10 le message de monsieur Lemire ». Pour preuve, il a rappelé la promesse de mettre sur pied l’Institut France-Québec pour la recherche et l’innovation maritime à l’Université du Québec à Rimouski.

     

    Le développement économique du Saint-Laurent ne se fera pas au détriment de la « sécurité » ni de l’« environnement », a-t-il soutenu à la veille du dévoilement officiel de la Stratégie maritime, dont la mise en oeuvre doit entraîner la création de 30 000 emplois en 15 ans. « Une exploitation éclairée de notre territoire maritime doit nécessairement s’accompagner d’un souci constant à l’égard de l’environnement et des communautés côtières et riveraines. »

     

    Tourisme, un des maillons

     

    Quelque 300 000 personnes ont participé à des excursions d’observation de mammifères marins en 2014, soit 30 000 de plus que l’année précédente. « C’est vous dire à quel point c’est un attrait important », a souligné la ministre du Tourisme, Dominique Vien.

     

    Le président-directeur général de Croisières AML, Yan Hamel, entrevoit « une bonne saison d’observation ». Par prudence, il ne donne toutefois « pas de garanties » aux touristes de voir des baleines faire des gambades comme dans les publicités télévisées.

     

    Le président du GREMM, Robert Michaud, voit d’un bon oeil le fléchissement du nombre de joueurs dans l’industrie… et d’embarcations dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. « On s’inquiète toujours des formes de monopole, mais il y a des avantages très évidents. [En optimisant] l’utilisation de sa flotte, [Croisières AML] peut même éventuellement augmenter la taille de ses bateaux plutôt que de sortir avec deux ou trois petits bateaux », a-t-il fait valoir.

     

    Tic-tac-toe de retour

     

    Après un long hiver dans les eaux chaudes des Caraïbes, Tic-tac-toe est rentrée dimanche dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. D’ailleurs, le rorqual à bosse a causé la surprise en se présentant avec une autre baleine de son espèce — inconnue du GREMM — à ses côtés. « Maintenant, on a une trentaine de rorquals à bosse qui fréquentent régulièrement le secteur », a souligné M. Michaud, rappelant qu’il y a près de 35 ans seul Siam, un « gros mâle », s’y aventurait. « La population de rorquals à bosse est en augmentation partout dans l’Atlantique et le Pacifique. Ça, c’est l’une des rares bonnes nouvelles », a-t-il poursuivi.

     

    Les participants des excursions d’observation de mammifères marins sont susceptibles d’en croiser quelques-uns cet été dans le parc marin, du moins davantage que des rorquals communs. Il y en a eu « très très peu » qui ont été observés l’année dernière.

     

    Les rorquals bleus, autres habitués des eaux du Saint-Laurent, « font face actuellement à des défis considérables ». La communauté scientifique cherche à préciser les répercussions de « la pression du développement, notamment des hydrocarbures dans le Golfe [vu comme] un habitat critique » pour l’espèce en voie de disparition.

     

    Les bélugas connaissent également leur lot de « problèmes ». Les raisons exactes du déclin de la population « échappent encore » au GREMM. Les « bouleversements » liés aux changements climatiques n’y seraient pas étrangers, tout comme la « disponibilité des proies et [la présence] de nouveaux contaminants ».













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