Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Projet Énergie Saguenay

    GNL Québec s’entend avec trois nations innues

    Selon les documents de présentation d’Énergie Saguenay, jusqu’à 160 méthaniers de type Q-Flex remonteraient chaque année la rivière Saguenay.
    Photo: Alexandre Shields Le Devoir Selon les documents de présentation d’Énergie Saguenay, jusqu’à 160 méthaniers de type Q-Flex remonteraient chaque année la rivière Saguenay.


    Consulter tous nos articles sur le défunt projet Rabaska

    L’entreprise GNL Québec affirme vouloir tenir compte des « intérêts » des Premières Nations dans le développement du méga projet d’exportation de gaz naturel de l’Ouest canadien qu’elle souhaite implanter au Saguenay. Ce projet de 7,5 milliards de dollars entraînerait une hausse du transport d’hydrocarbures dans le seul parc marin de la province.

     

    L’entreprise mise sur pied par des investisseurs américains a annoncé mardi après-midi la signature d’une « entente de collaboration » avec les Conseils des Premières Nations innues de Mashteuiatsh, Essipit et Pessamit pour la phase de « planification » du projet Énergie Saguenay.

     

    L’ambitieux projet prévoit l’implantation d’infrastructures de liquéfaction, d’entreposage et de transbordement de gaz naturel dans la zone portuaire de Grande-Anse, située à La Baie, au Saguenay. Ce port en eaux profondes est situé à une quinzaine de kilomètres à l’est de Chicoutimi.

     

    C’est là que serait construite l’usine qui servirait à liquéfier les 11 millions de tonnes de gaz naturel exportées chaque année à bord de méthaniers de type Q-Flex. Ces imposants navires peuvent transporter 217 000 m3 de gaz. Ils atteignent une longueur de 297 mètres et une largeur de 45 mètres.

     

    160 navires dans le parc marin

     

    Selon les documents de présentation d’Énergie Saguenay, jusqu’à 160 de ces navires remonteraient chaque année la rivière Saguenay, « soit trois ou quatre par semaine ». Chemin faisant, ils traverseraient le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, une aire marine protégée mise en place pour protéger l’habitat du béluga du Saint-Laurent. En calculant les allers et les retours, on parle de six à huit passages par semaine.

     

    Pour approvisionner le complexe industriel, les promoteurs misent sur la construction d’un gazoduc d’un mètre de diamètre et d’une longueur de 650 kilomètres. Celui-ci se connecterait à un gazoduc opéré par TransCanada PipeLines. Il transporterait du gaz provenant des zones exploitées en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique. Dans ces régions, l’exploitation de gaz naturel dit « non conventionnel », dont le gaz de schiste, est en pleine croissance.

     

    Avant d’aller de l’avant, le projet doit encore franchir des étapes. Selon ce qu’a fait valoir GNL Québec par voie de communiqué, des études technico-économiques et d’ingénierie, mais aussi des évaluations environnementale et sociale sont encore à prévoir.

     

    Avec l’entente signée par les Premières Nations, l’entreprise s’engage donc à les consulter durant ces étapes « pour tenir compte de leurs intérêts, préoccupations, droits ancestraux ou issus de traités afin, dans la mesure du possible, de les accommoder ». Il est aussi question de participation aux « retombées économiques » de la phase de planification.

     

    GNL Québec a également annoncé la mise sur pied d’un « comité de suivi » qui doit normalement permettre aux Premières Nations de faire valoir « toute inquiétude ou préoccupation », notamment quant aux impacts de ce projet industriel sur l’environnement ou sur leurs activités traditionnelles.

     

    Démarrage en 2020

     

    Si tout se déroule selon la volonté des investisseurs qui sont derrière GNL Québec, les exportations de gaz de l’Ouest par voie maritime débuteraient dès 2020. On vise notamment les marchés européen et indien.

     

    Une demande de permis d’exportation a déjà été déposée auprès de l’Office national de l’énergie. Celle-ci est à l’étude. Le Devoir a également constaté que GNL Québec a inscrit quatre lobbyistes en lien avec le projet Énergie Saguenay, et ce, en date du 4 mai. Leur mandat comprend des démarches « en vue d’obtenir l’ensemble des permis requis en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (certificat d’autorisation, etc.) et les autres lois encadrant les activités de construction et d’exploitation d’un terminal de liquéfaction de gaz naturel pour l’exportation ».

     

    La fiche précise aussi leur souhait d’obtenir de la « puissance hydroélectrique », ainsi que du « soutien financier gouvernemental disponible (prêt ou autre) en vertu des programmes existants et qui sont gérés, soit directement par les ministères ou encore indirectement par des organismes », comme Investissement Québec.

     

    Selon les prévisions de l’entreprise, la construction de l’usine devrait générer 4000 emplois directs et indirects. On s’attend à maintenir 800 emplois directs et indirects en phase d’exploitation.

     

    Le projet devrait éventuellement être soumis à une évaluation fédérale, mais aussi à une étude menée sous l’égide du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Mais pour le moment, GNL Québec n’a pas déposé d’avis de projet auprès des autorités fédérales et provinciales. Des « consultations » ont toutefois déjà été menées, et le siège social de l’entreprise a été implanté au Saguenay.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.