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    Les énergies fossiles drainent 5300 milliards en fonds publics par an, estime le FMI

    L’étude tient compte des effets néfastes sur la santé et l’environnement qui engendrent des coûts importants pour les gouvernements. Ci-dessus, un site d’extraction de pétrole et de gaz entouré de champs, au Colorado.
    Photo: Erin Hull Associated Press L’étude tient compte des effets néfastes sur la santé et l’environnement qui engendrent des coûts importants pour les gouvernements. Ci-dessus, un site d’extraction de pétrole et de gaz entouré de champs, au Colorado.

    Les subventions publiques mondiales consacrées au secteur des énergies fossiles devraient dépasser les 5300 milliards de dollars en 2015. C’est ce que conclut une nouvelle étude du Fonds monétaire international, qui souligne que ce montant est plus élevé que la totalité des dépenses en santé.

     

    « Ces estimations sont choquantes », a commenté lundi l’institution dans la note explicative accompagnant la publication de cette vaste recension des coûts croissants engendrés par notre dépendance aux énergies fossiles.

     

    Le Fonds monétaire international (FMI) définit ces « subventions » essentiellement en comparant les prix payés par les consommateurs pour leur énergie et son coût « réel ». Ce dernier comprend les coûts, pour les États, des « dommages » de plus en plus importants engendrés par les problèmes environnementaux et en matière de santé humaine. Les bouleversements climatiques, qui ne cessent de s’aggraver, sont compris dans cette évaluation.

     

    L’institution financière estime ainsi que les subventions devraient atteindre 5300 milliards de dollars cette année. Cela équivaut à 10 millions de dollars par minute. Le charbon, le pire des combustibles fossiles en matière de problèmes de pollution de l’air et d’émissions responsables des bouleversements du climat, accapare plus de la moitié des 5300 milliards. Le pétrole le suit avec le tiers de l’enveloppe globale et le gaz remporte le reste.

     

    Ce montant équivaut à 6,5 % du PIB mondial. Cela signifie que les sommes investies dépassent la part du PIB planétaire consacrée à la santé, qui doit atteindre les 6 % cette année.

     

    Le rapport revoit d’ailleurs à la hausse l’estimation réalisée en 2013, qui évoquait une subvention annuelle avoisinant les 2000 milliards. Selon le FMI, cette révision majeure est due à une précision des « effets dommageables de la consommation d’énergie sur la qualité de l’air et la santé ». Quant à la « subvention » attribuable aux coûts des changements climatiques, elle s’élève à 1268 milliards de dollars pour 2015.

     

    Une évaluation prudente

     

    Le FMI reconnaît que l’estimation peut sembler surprenante, tant le chiffre est élevé. Mais la réputée institution insiste sur l’importance des problèmes de santé provoqués par la détérioration de la qualité de l’air imputable aux combustibles fossiles. « Uniquement en Chine, l’Organisation mondiale de la santé estime que plus d’un million de décès prématurés sont dus à la pollution de l’air causée par les combustibles polluants, essentiellement le charbon. »

     

    Selon les calculs des « subventions », la Chine est d’ailleurs de loin le premier pourvoyeur (2300 milliards de dollars), suivie par les États-Unis (699 milliards), la Russie (335 milliards) et l’Inde (277 milliards).

     

    Même si le montant semble déjà exorbitant, l’économiste britannique Nicolas Stern juge que l’évaluation du FMI est probablement trop prudente. « Une évaluation plus complète des coûts engendrés par les changements climatiques démontrerait que les subventions aux énergies fossiles sont beaucoup plus importantes que ce que suggère ce rapport », a-t-il commenté lundi, cité par le quotidien The Guardian.

     

    Il faut également rappeler que les bouleversements du climat risquent d’entraîner des coûts de plus en plus importants dans les années à venir. On peut citer en exemple l’augmentation de la fréquence et de l’ampleur des événements climatiques extrêmes. La hausse des températures globales entraînera aussi des reculs marqués de la quantité et de la qualité de l’eau potable. Même chose pour les rendements agricoles. Les pêcheries mondiales risquent aussi de souffrir. Des reculs de la biodiversité sont à prévoir. Tous ces effets devraient d’ailleurs accroître les conflits régionaux.

     

    Le FMI évalue que la mise en place de moyens d’éliminer ces subventions implicites permettrait de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de plus de 20 %, en plus de mener à une réduction des décès prématurés imputables à la pollution de l’air. Selon l’institution, la réallocation de ces sommes pourrait également permettre de réduire les taxes qui pèsent sur le travail et de doper des dépenses publiques, sources de croissance économique.













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