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    Émissions de GES

    Pour la galerie

    Vendredi, le gouvernement Harper s’est enfin décidé à jeter en pâture à la communauté internationale et aux électeurs ses nouvelles cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES). Le Canada était tenu d’annoncer ces cibles avant le Sommet du G7 en juin, l’une des étapes qui mèneront à la Conférence de Paris sur les changements climatiques à la fin de l’année. Il fallait donc des chiffres ? Ben les voilà !

     

    Sur le plan interne, les conservateurs sont si en dessous de tout en matière d’environnement qu’on ne peut écarter que cela devienne un enjeu électoral. Il fallait donc des annonces pour clouer le bec aux critiques ? Ben en voilà ! Et c’est comme si on entendait en sourdine les conservateurs ajouter : « Maintenant, ne nous achalez plus avec ça ! » D’ailleurs, la ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq, a refusé de répondre aux questions trop précises lors de son annonce des nouvelles cibles à Winnipeg.

     

    Le gouvernement peut d’autant mieux prétendre avoir fait ses devoirs que son intention de réduire de 30 % les émissions de GES d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005 est proche des objectifs américains (de 25 à 28 % de moins en 2025, aussi avec 2005 comme année de référence). Or, en dépit des déceptions à son égard, Barack Obama est perçu comme un président aux sympathies écologiques. Même que le groupe de 60 scientifiques canadiens qui a récemment produit le document Agir sur les changements climatiques incitait Ottawa à s’inspirer des États-Unis pour fixer ses propres cibles.

     

    Donc, tout va ? Sur papier seulement (et encore, si on accepte d’être indulgent, car les cibles européennes — qui visent 40 % de GES de moins en 2030 par rapport à 1990 — sont autrement plus fortes que ce qu’offre l’Amérique du Nord !). Le Canada, en fait, est très mal aligné, les émissions de GES étant en croissance constante en raison de la production des sables bitumineux albertains. Environnement Canada note que la hausse est telle qu’elle efface, par exemple, les bénéfices apportés par la fermeture de centrales au charbon en Ontario.

     

    Pour renverser la vapeur, il faudrait un plan, solide, qui n’existe toujours pas, et surtout un plafonnement de la production des sables bitumineux. Les conservateurs ne veulent rien entendre. Pourra-t-on alors compter sur la nouvelle première ministre néodémocrate de l’Alberta, Rachel Notley ? Espérons-le. De toute manière, l’apport des provinces est incontournable dans le dossier. Ottawa, pourtant, les ignore, au point où le ministre de l’Environnement du Québec, David Heurtel, ne cache plus son exaspération. Il a tout à fait raison. La diplomatie doit avoir ses limites devant tant d’inertie et de faux-semblants.













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