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    Consigne

    Les villes en ont assez de payer pour le verre

    Photo: Olivier Zuida Le Devoir

    Denis Coderre a ajouté la voix de Montréal à celle d’autres villes québécoises qui réclament la mise en place d’une consigne pour les bouteilles de vin de la Société des alcools du Québec (SAQ). Les municipalités aimeraient bien être libérées du fardeau que représente le verre, qui, en plus de leur coûter cher, prend souvent le chemin des dépotoirs.

     

    « Même si la SAQ me sort des études, qu’ils fassent leur job », a lancé le maire Coderre lors de la séance du comité exécutif mercredi matin.

     

    Le maire a relaté qu’il avait fait parvenir en décembre dernier une lettre au ministre de l’Environnement, David Heurtel, pour l’inciter à implanter un système de consigne pour les bouteilles de vin et les contenants de verre.

     

    « Présentement, la Ville paie en moyenne 18 $ la tonne pour la valorisation du verre, a expliqué le maire. Le coût du traitement pour la Ville de Montréal est d’approximativement de 27 000 $ par mois, plus les taxes. »

     

    À l’heure actuelle, le Québec et le Manitoba sont les seules provinces où les bouteilles de vin ne sont pas consignées. Lorsque recueillies dans les bacs de recyclage, ces bouteilles finissent en mille morceaux. En plus de contaminer les autres matières recyclées, le verre s’avère de piètre qualité, a rappelé le maire Coderre. Comme il est difficile de trouver preneur pour cette matière, une grande part est acheminée aux centres d’enfouissement. Le verre est alors utilisé comme matériau de recouvrement pour remplacer le sable et le gravier.

     

    « 80 % du verre des bacs de recyclage provient de la Société des alcools du Québec. Pour nous, la responsabilisation de la SAQ devient incontournable dans la mise en place d’une solution durable », a insisté le maire Coderre.

     

    Tir groupé des villes

     

    En janvier dernier, la Ville de Québec avait officiellement adhéré au mouvement Pro-Consigne, un regroupement d’organismes environnementaux, syndicaux et municipaux militant pour l’établissement d’une consigne pour le verre. Cette consigne pourrait faire épargner à la Ville de Québec 325 000 $ par année, faisait-on valoir.

     

    Si l’Union des municipalités du Québec (UMQ) ne s’est pas encore prononcée officiellement sur la consigne du verre — elle le fera le 20 mai prochain —, sa commission de l’environnement a pulbié un avis favorable à l’instauration d’un tel système.

     

    De son côté, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) plaide en faveur de la consigne depuis plusieurs années. « Ça ferait beaucoup moins de matières qui ne trouvent pas preneurs et contaminent une partie de ce qui se retrouve dans le bac de récupération », souligne le président de la FQM, Richard Lehoux. « Si quelqu’un peut finir par nous écouter, ça va aller bien. On n’invente pas la roue avec ça. On est la seule province avec le Manitoba qui n’applique pas la consigne. »

     

    Désinformation?

     

    L’enjeu de la consigne du verre revient dans l’actualité de manière récurrente depuis deux décennies. Un récent rapport du Centre de recherche de l’environnement, de l’agroalimentaire, des transports et de l’énergie (CREATE) de l’Université Laval et remis au gouvernement, a recommandé l’implantation d’une consigne pour le verre. Le ministre Heurtel y serait plutôt favorable. Inquiète, la SAQ a rétorqué que la mise en place des infrastructures pour la consigne pourrait coûter cher, jusqu’à 250 millions sur cinq ans.

     

    À l’heure actuelle, les villes reçoivent des compensations financières pour la gestion du verre. Éco-Entreprises Québec, qui perçoit la contribution des entreprises générant des contenants et qui redistribue ces sommes aux villes pour financer la collecte sélective, ne croit pas que la consigne réglera le problème du verre.

     

    Karel Ménard, porte-parole de Pro-Consigne Québec, n’est pas de cet avis. Il salue d’ailleurs les appels lancés par des villes en faveur de la consigne, qui, selon lui, auront du poids auprès du gouvernement : « Ce sont les villes qui doivent gérer le problème. »

     

    M. Ménard estime que la « désinformation » prend beaucoup de place dans le débat sur la consigne. Au cours des derniers mois, beaucoup d’« épouvantails » ont été brandis pour la « démoniser », dit-il en citant les craintes exprimées entourant la capacité des succursales de la SAQ à recueillir les bouteilles. Il juge d’ailleurs « ridicules » les affirmations de la SAQ qui évalue à 250 millions sur cinq ans le coût d’implantation de la consigne. « La SAQ perd toute crédibilité », croit-il.













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