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    Climat: adoption d’un texte de négociation en vue d’un accord multilatéral

    14 février 2015 | Alexandre Shields - Avec l'Agence France-Presse | Actualités sur l'environnement
    Selon les scientifiques, l’atteinte d’un tel objectif impliquerait de réduire les émissions mondiales de 40 à 70 % d’ici 2050.
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Selon les scientifiques, l’atteinte d’un tel objectif impliquerait de réduire les émissions mondiales de 40 à 70 % d’ici 2050.

    Les États réunis cette semaine à Genève pour jeter les bases du futur accord mondial sur le climat sont parvenus à présenter vendredi un texte de négociations. Mais les discussions à venir s’annoncent pour le moins ardues.

     

    À moins de 300 jours de la conférence de Paris, où un accord doit être signé par 194États, la route vers un accord ambitieux paraît longue. « Nous nous sommes mis d’accord sur un texte de négociation. C’est positif car c’est une base pour avancer, a souligné à l’AFP Elina Bardram, la représentante de l’Union européenne. Mais les négociations difficiles sont devant nous et le temps manque. »

     

    Ce texte, qui à ce stade inclut toutes les positions, a été largement salué comme une base de travail, gage de transparence et de confiance entre les parties. Mais il promet en effet d’intenses tractations dans les mois à venir tant les points de vue divergent.

     

    Au coeur des divisions entre négociateurs depuis des années : la répartition de l’effort entre pays développés et en développement. Ces derniers, y compris la Chine et l’Inde, insistent toujours pour bénéficier d’un traitement différent de celui des États riches, historiquement responsables des bouleversements climatiques. Mais si cette différentiation était inscrite dans le protocole de Kyoto, des pays comme les États-Unis et le Canadarefusent que ce soit le cas dans l’accord qui doit être négocié cette année.

     

    Résultat : dans le chapitre « finances » du projet de texte par exemple, les options vont d’engagements précis des pays développés à un accord sans « engagements individuels et quantifiés ».

     

    Les pays en développement exigent aussi que soit précisée la façon dont les pays industrialisés comptent arriver à verser 100 milliards de dollars par an promis à partir de 2020, afin de financer notamment leur basculement vers des énergies propres.

     

    À ce stade, le Fonds vert de l’ONU pour le climat, un des mécanismes financiers, a franchi le cap des 10 milliards de dollars pour 2015-2018. Les pays riches refusent toute mention d’engagement financier à long terme dans l’accord, dans un monde instable où les situations économiques évoluent.

     

    Quelles cibles?

     

    Parallèlement aux négociations, les États sont invités à publier leurs engagements en matière de réduction d’émission d’ici la fin du mois de mars. Pour le moment, tout indique que la somme ne permettra probablement pas de tenir l’objectif des +2 °C.

     

    Selon les scientifiques, l’atteinte d’un tel objectif impliquerait de réduire les émissions mondiales de 40 à 70 % d’ici 2050 (par rapport à 2010) et de les faire complètement disparaître en 2100. À titre de comparaison, les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada doivent au contraire poursuivre leur croissance marquée, en raison de l’exploitation pétrolière.

     

    Pour le moment, de plus en plus de signaux scientifiques indiquent plutôt que la planète se dirige vers une hausse de 4 °C, ce qui serait catastrophique pour la vie sur terre. Le Groupe intergouvernementald’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a lui-même prévenu qu’il est « minuit moins cinq » pour tenter de trouver une issue viable aux bouleversements climatiques.

     

    Dans ce contexte, les engagements nationaux de réduction des GES feront-ils partie de l’accord — engageant ainsi les États — ou d’annexes, ou en seront-ils totalement séparés ? « C’est le gros point de divergence sur la nature juridique de l’accord », selon la négociatrice française Laurence Tubiana.

     

    Y aura-t-il un mécanisme de contrôle et de publication des mesures nationales ? Dans tous les cas, il n’y aura pas de mécanisme de sanctions. « La contrainte, ce sera l’engagement international, l’obligation de transparence, l’effet de réputation », explique Mme Tubiana.

     

    La prochaine réunion de négociation aura lieu en juin à Bonn, six mois avant l’ouverture de la conférence de Paris. D’ici juin, les échanges informels promettent donc d’être abondants, pour tenter de faire progresser des positions très différentes sur les moyens de lutter contre le réchauffement planétaire.













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