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    L’Europe ouvre la porte au pétrole des sables bitumineux

    Bonne nouvelle pour les partisans des sables bitumineux. Le Parlement européen a adopté une Directive sur la qualité des carburants qui ne pénalisera pas ce pétrole nettement plus polluant que le pétrole conventionnel. Une décision qui vient ajouter un argument pour la construction du pipeline Énergie Est.

     

    En vertu de la Directive adoptée définitivement vendredi, après un premier vote serré en décembre, le pétrole des sables bitumineux ne fera pas l’objet d’une analyse particulière dans l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il s’agit d’un changement de cap significatif de l’Europe, qui s’est pourtant donné des objectifs ambitieux de réduction des GES.

     

    Dans la première mouture de la Directive sur la qualité des carburants (DQC), le pétrole albertain était pour ainsi dire écarté du marché européen en raison de ses émissions polluantes. Ce pétrole émet en effet au moins 17 % plus de GES que l’or noir conventionnel. Un constat scientifique réitéré cette semaine dans une analyse de l’Agence américaine de protection de l’environnement.

     

    Cette décision politique contraste en outre avec l’esprit initial de la DQC. Cette mesure a en effet été conçue de façon à contribuer à l’atteinte des objectifs européens en matière de lutte contre les changements climatiques. En théorie, elle impose aux fournisseurs de réduire de 6 % d’ici 2020 l’intensité des émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie des carburants pour les transports.

     

    Ottawa applaudit

     

    La décision européenne a été saluée par le gouvernement Harper, partisan avoué des énergies fossiles dites « non conventionnelles ». Selon le ministre des Ressources naturelles, Greg Rickford, la décision européenne « s’appuie sur les données scientifiques et sur les faits ».

     

    « Le Canada est un fournisseur d’énergie sûr et fiable dont la contribution à la sécurité énergétique mondiale croît. Le dénouement d’aujourd’hui montre une fois de plus que le Canada est respecté mondialement en tant que producteur et fournisseur d’énergie responsable », a-t-il ajouté par voie de communiqué.

     

    De son côté, le président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan, a soutenu que ce nouveau développement signifie que le pétrole des sables bitumineux ne sera plus boudé en Europe, un nouveau marché d’exportation très intéressant pour l’industrie.

     

    Le gouvernement canadien, qui ne réglemente pas les émissions de gaz à effet de serre de l’exploitation pétrolière, a d’ailleurs plaidé à plusieurs reprises en faveur des sables bitumineux dans le cadre de missions diplomatiques en Europe. En 2013, Ottawa avait même menacé de poursuivre l’Union européenne devant le tribunal de l’Organisation mondiale du commerce en cas d’adoption de mesures bloquant l’importation de ce pétrole.

     

    Il faut dire que la production des sables bitumineux doit doubler au cours des prochaines années, d’où la nécessité de trouver rapidement de nouveaux marchés pour cet or noir. Avec le feu vert donné par l’Europe, le marché est donc désormais résolument ouvert pour le pétrole de l’Ouest.

     

    Dans ce contexte, le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada pourrait jouer un rôle important dans le transport du pétrole, avant son exportation vers le continent européen.

     

    Même si Ottawa avait essuyé un refus, le projet aurait été pertinent, ont confié des sources bien au fait du dossier. Il semblerait que les 400 millions de barils de brut qui traverseront le territoire québécois chaque année sont aussi destinés à alimenter le marché indien.

     

    La production de pétrole nécessaire pour alimenter ce pipeline générera à elle seule 30 millions de tonnes (Mt) de CO2 par année, selon une analyse de l’Institut Pembina. Ces GES dépasseront les émissions de toutes les automobiles, camions légers et camions lourds en circulation au Québec (27,4 Mt). Mais ni Québec ni Ottawa n’ont l’intention d’aborder la question des émissions de GES liées au pétrole des sables bitumineux dans le cadre de l’étude du projet Énergie Est.

     

    Avec Marie Vastel













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