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    En mer, l’éolien serait beaucoup plus payant que le pétrole

    14 janvier 2015 | Alexandre Shields - Avec l'Agence France-Presse | Actualités sur l'environnement

    Le développement de l’éolien au large de la côte est américaine pourrait être beaucoup plus bénéfique pour l’économie que l’exploitation pétrolière en milieu marin, conclut une nouvelle étude publiée mercredi par le groupe environnemental Oceana.

     

    Selon les estimations de l’organisation, exploiter les vents de l’Atlantique pourrait générer deux fois plus d’emplois et d’énergie que le pétrole qui serait éventuellement pompé des fonds marins.

     

    Sur une période d’à peine 13 ans, les éoliennes dépasseraient le bilan énergétique du pétrole et du gaz. Et sur une période de 20 ans, cette source d’énergie renouvelable créerait 90 000 emplois de plus que l’industrie fossile.

     

    « Il est temps que les États-Unis s’inspirent de ce qui se fait ailleurs dans le monde, notamment en Europe, depuis plus de vingt ans dans l’éolien offshore pour produire de l’énergie propre et renouvelable sur nos côtes », résume Andrew Menaqual, un analyste du secteur énergie d’Oceana et auteur de ce rapport. Du côté de l’Union européenne, le cap des 2000 éoliennes offshore installées et des 6500 mégawatts en fonctionnement a été franchi fin 2013.

     

    Certains États américains s’engagent toutefois désormais dans le secteur éolien maritime. Le Massachusetts a lancé en 2014 un appel d’offres pour la construction du plus grand parc éolien offshore jamais construit dans le pays, qui s’étendra sur 300 000 hectares au large de ses côtes. Le Bureau de gestion de l’énergie océanique a déjà accordé sept concessions pour des projets du même type dans l’Atlantique.

     

    Par ailleurs, Oceana estime que l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz pourraient menacer près de 1,4 million d’emplois et plus de 95 milliards de gains économiques engendrés par la pêche et le tourisme en raison des risques pour les écosystèmes océaniques.

     

    Risques pétroliers

     

    Quoi qu’il en soit, l’administration Obama a annoncé l’an dernier qu’elle permettrait l’utilisation de levés sismiques en milieu marin pour la recherche d’énergies fossiles.

     

    Plusieurs pétrolières se sont d’ailleurs déjà montrées intéressées et les travaux devraient débuter cette année au large de la côte est, au fur et à mesure que les joueurs de l’industrie mettront la main sur les permis d’exploration couvrant des zones de l’Atlantique. Celles-ci s’étendent de la Floride au Delaware.

     

    Même si la recherche de pétrole a été bannie pendant des décennies, le moratoire a officiellement été levé en 2008. Le président Barack Obama avait même annoncé en avril 2010 qu’il ouvrait de vastes zones à l’industrie. Mais quelques jours plus tard, la plateforme Deepwater Horizon de British Petroleum (BP) explosait dans le golfe du Mexique, provoquant la pire marée noire de l’histoire américaine. Washington a donc attendu quatre ans avant de mettre en place les conditions pour accroître le nombre de plateformes pétrolières le long des côtes américaines.

     

    Risques pour la vie marine

     

    Pour les groupes environnementaux, cette porte grande ouverte à l’industrie de l’énergie fossile pose de sérieux risques pour la vie marine. L’utilisation de levés sismiques est en effet pointée du doigt en raison de ses impacts sur la vie marine.

     

    C’est le cas notamment pour les mammifères marins. Or, plusieurs espèces de cétacés menacées de disparition utilisent des couloirs migratoires situés directement dans des secteurs où seront menés des travaux d’exploration pétrolière. La baleine franche, dont il ne subsiste pas plus de 500 individus, serait particulièrement menacée par les travaux, selon le groupe américain Oceana.

     

    Une étude d’impacts environnementaux produite par le gouvernement américain estime elle-même que plus de 138 000 organismes marins pourraient être menacés par les levés sismiques.













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