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    Déclin de la population de bélugas du Saint-Laurent: les scientifiques alarmés

    29 septembre 2014 00h56 |Benjamin Shingler - La Presse canadienne | Actualités sur l'environnement
    Les scientifiques ne savent pas exactement combien de bélugas vivent dans l’estuaire du Saint-Laurent, mais la population a été estimée à 889 en 2012, selon un récent rapport de Pêches et Océans Canada.<br />
    Photo: Source Gremm Les scientifiques ne savent pas exactement combien de bélugas vivent dans l’estuaire du Saint-Laurent, mais la population a été estimée à 889 en 2012, selon un récent rapport de Pêches et Océans Canada.

    Un chercheur qui étudie les bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent prévient qu’une «catastrophe» pointe à l’horizon après une autre saison reproductive difficile pour cette espèce menacée.

     

    La population de bélugas connaît un lent déclin depuis une décennie, indique le biologiste Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) à Tadoussac.

     

    Son équipe a retrouvé les carcasses d’au moins cinq bébés bélugas depuis le début de la saison de mise bas, qui prend officiellement fin le 15 octobre. Le nombre de bébés retrouvés morts sur les berges est inhabituellement élevé depuis 2008, selon M. Michaud.

     

    Il affirme qu’il s’agit d’une «trajectoire catastrophique» dont les scientifiques ne comprennent pas exactement les causes.

     

    La seule façon pour cette espèce de renverser la tendance est d’augmenter le taux de survie des bébés et le taux de natalité, mais les scientifiques constatent exactement le contraire depuis quelques années, souligne M. Michaud.

     

    Pour que la population de bélugas se renforce, M. Michaud affirme qu’il doit y avoir un effort concerté pour réduire les sources de stress pour ces mammifères, particulièrement dans les zones fréquentées par les femelles et leurs petits.

     

    Ces inquiétudes entourant la population de bélugas dans le Saint-Laurent prennent une importance particulière dans le débat actuel sur les forages exploratoires menés par l’entreprise TransCanada au large de Cacouna, près d’un lieu considéré comme la «pouponnière» des bélugas.

     

    Un juge a temporairement forcé la suspension des forages mardi, face aux objections soulevées par des groupes de défense de l’environnement.

     

    Le port pétrolier permettrait à TransCanada d’exporter vers l’étranger le pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta dans le cadre de son projet d’oléoduc Énergie Est, présentement à l’étude par l’Office national de l’énergie.

     

    TransCanada fait valoir qu’elle dispose de tous les permis nécessaires et qu’elle est sensible au sort des bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent.

     

    Robert Michaud fait partie de ceux qui s’opposent au projet de port pétrolier.

     

    Il affirme que sa construction ainsi que toutes les phases préliminaires et l’exploitation ultérieure des installations pourraient se faire au détriment des baleines.

     

    Les scientifiques ne savent pas exactement combien de bélugas vivent dans l’estuaire du Saint-Laurent, mais la population a été estimée à 889 en 2012, selon un récent rapport de Pêches et Océans Canada.

     

    La population a été stable ou a progressé à un rythme lent entre la fin de la chasse non réglementée, en 1979, jusqu’au début des années 2000, quand elle a atteint les 1000 bélugas, mais elle décline progressivement depuis, indique le rapport.

     

    La pire année pour les bébés bélugas a été en 2012, quand 16 d’entre eux ont été trouvés morts, affirme Stéphane Lair, professeur à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, qui a mené les autopsies sur les carcasses.

     

    Une étude menée par le professeur Lair montre par ailleurs que le nombre de baleines mourant d’un cancer augmente à un rythme inhabituel depuis quelques années.

     

    M. Lair souligne qu’il est difficile de connaître la cause exacte de la mort des bébés bélugas, mais il estime que les découvertes faites jusqu’à maintenant sont troublantes.

     

    «Nous pensons que c’est soit parce que le bébé est trop faible pour suivre sa mère, soit parce qu’il y a un problème d’attachement entre le bébé et sa mère», a-t-il expliqué.













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