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    Protection de l’eau potable

    Des scientifiques jugent que le nouveau règlement laisse le champ libre aux industries gazière et pétrolière

    Le nouveau Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) « n’est qu’un écran de fumée » qui échoue à protéger réellement les nappes d’eau souterraines et les puits de surface des collectivités locales, estime un collectif de scientifiques.

     

    Plus d’un mois après l’entrée en vigueur de ce nouveau règlement sur la protection de l’eau potable, adopté en réponse aux craintes de municipalités envers les activités de forage des entreprises pétrolières et gazières, un regroupement de scientifiques a émis vendredi de sérieux doutes sur la capacité de ce nouveau cadre juridique à éviter la contamination des eaux potables.

     

    Conclusions alarmantes

     

    Appuyée par Greenpeace, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec et les maires de Ristigouche et de Saint-Bonaventure, l’analyse de ce collectif arrive à des conclusions alarmantes pour les municipalités préoccupées par le risque que posent les activités de forage sur leurs territoires.

     

    Des études menées en Pennsylvanie ont détecté la contamination de puits d’eau potable à deux kilomètres des puits de forage, soutient ce groupe.

     

    Or le règlement se contente de hausser de 300 à 500 mètres les distances séparatrices des puits. « Les puits qui seront creusés au Québec seront des puits horizontaux qui utilisent la fracturation et qui iront jusqu’à un kilomètre. On a maintenant des preuves scientifiques que la contamination des eaux de surface peut survenir quand il y a des forages à moins de deux kilomètres des puits de forage », soutient Richard Langelier, juriste et sociologue. Plus encore, ces scientifiques jugent que la profondeur de forage imposée aux entreprises gazières et pétrolières pour protéger les nappes phréatiques est dérisoire et semble avoir été fixée sur mesure pour ne pas barrer la route aux forages déjà prévus à Gaspé et à Anticosti.

     

    « Il n’y a pas de normes internationales, mais l’industrie fore habituellement à 1000 mètres. Si on fixe la barre à 600 mètres, c’est clairement pour laisser la porte ouverte aux activités projetées à Gaspé et à Anticosti. Car la norme des 1000 mètres n’aurait permis d’explorer que de 10 à 15 % du territoire d’Anticosti », relance M. Langelier.

     

    Ce « simulacre » de règlement protecteur ne protège plus non plus les eaux servant à des fins agricoles, ajoute le collectif. Un recul pour les collectivités rurales dont l’agriculture est la base économique.

     

    Resserrement des limites

     

    Si l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a salué l’adoption de ce règlement en juillet dernier, environ 25 maires et conseillers municipaux, dont ceux de Gaspé et de Ristigouche, se rencontreront aujourd’hui dans la région des Bois-Francs pour demander à Québec un resserrement des limites imposées aux sociétés gazières et pétrolières.

     

    Plus de 70 municipalités avaient adopté des règlements pour restreindre les activités de forage sur leurs territoires, dont celles de Ristigouche et de Gaspé, contestés par les sociétés gazières. Depuis l’entrée en vigueur du RPEP, ces règlements sont devenus obsolètes.













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