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    Stratégie de mobilité durable

    Poëti pressé d’établir un transport durable et efficace

    18 septembre 2014 | Daphnée Hacker-B. - Collaboratrice | Actualités sur l'environnement
    Le ministre des Transports, Robert Poëti, est convaincu qu’investir dans le transport collectif permet de diminuer la congestion routière.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre des Transports, Robert Poëti, est convaincu qu’investir dans le transport collectif permet de diminuer la congestion routière.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    En poste depuis à peine quatre mois, le ministre des Transports, Robert Poëti, veut s’attaquer à l’épineuse question de la gouvernance des transports collectifs. L’ex-officier de la Sûreté du Québec compte mettre de l’ordre dans la grande région de Montréal, où l’on dénombre 700 différents titres de transport. Cette situation frise l’absurdité, selon lui, mais elle empêche surtout la gestion efficace des divers projets de transport durable prévus par Québec. Entrevue.


    Lorsqu’il a présenté sa Stratégie de mobilité durable, en février, votre prédécesseur, Sylvain Gaudreault, a insisté sur le
    fait qu’il faut revoir la gouvernance du transport collectif afin d’harmoniser les services. Comptez-vous faire de même ?

     

    Tout à fait. J’ai reçu un mandat très large qui vise à revoir non seulement la gouvernance des transports collectifs à Montréal et à Québec, mais aussi le financement et la réalisation des projets. Le but est de faire une planification intégrée et efficace. Au cours des cinq dernières années, seulement 60 % du budget consacré aux transports en commun a été utilisé, à cause de contraintes administratives… C’est inacceptable. Il faut corriger le tir.


    Les maires de la Communauté métropolitaine de Montréal ont uni leurs voix cette année pour réitérer une demande de longue date : prendre le contrôle de l’Agence métropolitaine de transport (AMT). L’accorderez-vous ?

     

    Il faut se pencher sur ces questions, ce sera un long processus. C’est encore trop tôt pour trancher. Il n’y a pas que la gouvernance de l’AMT qui est sur la table des discussions, il faut repenser en profondeur le rôle de chaque organisme de transport, et s’assurer que plus personne ne travaille en silo. C’est pour cette raison que j’ai décidé de réactiver le comité Mobilité Montréal (où siègent les maires des plus grandes villes de la région de Montréal). Nous nous rencontrerons régulièrement pour aborder ces questions et mieux coordonner les projets majeurs de transport collectif.


    Parlant de projet majeur, votre position par rapport à un éventuel système léger sur rail (SLR) sur le futur pont Champlain se fait attendre. Où en êtes-vous dans la réflexion ?

     

    J’ai mandaté l’AMT pour effectuer un rapport en profondeur et voir quels systèmes semblables existent ailleurs, comment ils s’opèrent. Le but est d’établir des prix et de faire des comparatifs. Le rapport sera déposé à la fin 2015 ; c’est là que je prendrai ma décision. Je n’écarte aucune option. Ce ne sera pas forcément un SLR, peut-être un réseau d’autobus à batterie, ou électrique. Ce qui est sûr, c’est que ce sera un système de transport durable.


    Votre gouvernement souhaite miser sur les transports durables ; près d’un milliard de dollars seront puisés dans le fonds destiné aux travaux routiers. Cela ne nuit-il pas au maintien des infrastructures, qui se font toutes assez vieilles ?

     

    Ce que je peux dire, c’est que ni les infrastructures ni les chantiers autoroutiers ne seront négligés. Nous retirons, certes, 930 millions d’une enveloppe de 4 milliards, mais c’est justifié. Je suis convaincu qu’en investissant dans le transport collectif, nous allons pouvoir diminuer la congestion routière et les conséquences qu’elle entraîne, dont la détérioration des routes.


    À Londres et à Milan, les véhicules doivent payer pour entrer dans la ville, et les frais sont plus élevés lors des heures de pointe. Est-ce un type de mesure que vous pourriez considérer pour diminuer la congestion routière aux heures de pointe ?

     

    Je penche davantage pour des mesures incitatives que dissuasives. Je ne veux pas forcer les citoyens à prendre le transport en commun, je veux qu’ils le prennent volontairement. Mais pour ça, il faut le rendre plus attrayant. Prenons, par exemple, le Train de l’Est, qui sera en marche en décembre et qui va combler des besoins criants dans la couronne nord-est de Montréal. Les wagons sont grands, spacieux, c’est un système bimodal (diesel et électricité) ; tous les ingrédients sont là pour que ce nouveau moyen de transport soit victime de son succès.


    Mais plusieurs lignes de train de passagers rencontrent des problèmes récurrents de ralentissements causés par les trains de marchandises, qui ont priorité. Cette situation n’affecte-t-elle pas la fluidité du service ?

     

    Je suis d’accord qu’il faut s’attaquer à ce problème, car il peut décourager des usagers de se tourner vers le train. Nous sommes d’ailleurs en négociation constante avec le Canadien Pacifique et le Canadien National pour améliorer cela. Il faut assurer un meilleur partage des rails sur les heures de pointe.


    Un projet-pilote débutera dans quelques semaines sur l’autoroute Robert-Bourassa à Québec, où votre ministère veut étudier la possibilité de permettre le covoiturage sur la voie réservée aux autobus. Pouvez-vous nous rappeler le but de ce projet ?

     

    Nous souhaitons déterminer si une telle mesure peut rendre la circulation plus fluide. Ainsi, les voitures qui transporteront deux passagers pourront rouler sur la voie traditionnellement réservée aux autobus. Si le projet s’avère populaire et que les véhicules deviennent trop nombreux à utiliser le couloir, j’augmenterai le nombre obligatoire de passagers à trois, et si nécessaire à quatre. Je suis très optimiste.

     

    Et pourquoi ne pas essayer un tel projet-pilote à Montréal ?

     

    Je crois que si la mesure marche bien à Québec, nous l’appliquerons à Montréal. En attendant, d’autres projets sont prévus à Montréal. Nous testerons sous peu des panneaux de signalisation numériques à vitesse variable, qui changeront les limites de vitesse en fonction de la circulation automobile.

     

    À Montréal, votre ministère considère aussi la conception d’une ligne d’autobus qui pourrait lier les métros Côte-Vertu et Sauvé ?

     

    C’est effectivement une option que nous étudions. Nous voulons réfléchir à ce service dans une optique d’électrification des transports. Ce projet pourrait donner lieu, par exemple, à un service rapide par bus, où les véhicules fonctionneraient à l’électricité et seraient rechargés à chaque extrémité de la ligne. Chaque fois qu’on ajoute ou modifie un service de transport, il faut évaluer son potentiel à être électrifié. Oui, c’est parfois plus cher, mais c’est un investissement auquel je crois. Nous avons les ressources nécessaires au Québec. L’électricité, c’est la voie de l’avenir.


    Le prolongement de la ligne bleue du métro est un projet électrique très attendu par plusieurs acteurs municipaux, qui souhaiteraient le voir prêt pour le 375e anniversaire de Montréal, en 2017. Visez-vous cet objectif ?

     

    Soyons réalistes et sérieux, des projets de tunnel, de cette envergure, c’est peu probable que ce soit complété en quelques années seulement. Mais le prolongement de la ligne bleue est dans notre programme, nous avons l’intention de le réaliser.

     

    Je penche davantage pour des mesures incitatives que dissuasives. Je ne veux pas forcer les citoyens à prendre le transport en commun, je veux qu’ils le prennent volontairement. Mais pour ça, il faut le rendre plus attrayant.













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