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    Montréal donne 22 000 $ pour la recherche sur le béluga

    La Ville insiste sur la nécessité de poursuivre la recherche sur le béluga, une espèce menacée et dont le déclin s’est aggravé au cours de la dernière décennie.
    Photo: GREMM La Ville insiste sur la nécessité de poursuivre la recherche sur le béluga, une espèce menacée et dont le déclin s’est aggravé au cours de la dernière décennie.

    La Ville de Montréal a officiellement annoncé mercredi qu’elle donnera près de 22 000 $ au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) basé à Tadoussac, une somme qui sera consacrée à la recherche sur le béluga.

     

    Un tel montant donne en théorie à Montréal le droit de donner le nom de son choix à une baleine du Saint-Laurent. Le maire Denis Coderre a d’ailleurs lancé l’idée d’un « concours » pour choisir le nom du béluga dans le cadre de la « rubrique du maire » de la séance du comité exécutif, mercredi matin.

     

    « Envoyez-nous vos propositions », a-t-il laissé tomber. Et non, a ajouté le maire, sourire en coin, la baleine menacée ne s’appellera pas « Denis Coderre ». Les bélugas adoptés ont une page Internet dédiée sur le site du GREMM avec mention des parrains adoptifs. Ils auront aussi leur page Facebook.

     

    L’idée de ce don est venue lors d’une rencontre des municipalités riveraines du Saint-Laurent. Les 26 villes membres ont alors été sollicitées pour contribuer financièrement au Projet Béluga par un don de 5000 $ par année pendant trois ans, ce qui correspond à l’adoption d’un béluga. Pour permettre aux plus petites municipalités de participer à la démarche, un projet d’adoption solidaire avec une contribution de 1 ¢ par habitant par année pendant trois ans a été proposé.

     

    Pour Montréal, cela représente un montant de 16 981 $ par année. La Ville a finalement décidé d’accorder un soutien financier de 21 981 $ pour 2014 et décidera ultérieurement de sa contribution pour les années 2015 et 2016.

     

    Ce n’est pas la première fois que la Ville pose un tel geste. En 1988 et 1989, la Ville de Montréal a adopté trois bélugas solidairement avec les villes de Québec et Lachine dans le cadre du programme d’adoption du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins.

     

    Une espèce menacée

     

    Dans le document de présentation, la Ville insiste sur la nécessité de poursuivre la recherche sur le béluga, une espèce menacée et dont le déclin s’est aggravé au cours de la dernière décennie.

     

    Depuis qu’ils bénéficient d’une protection officielle, les bélugas n’ont pas connu de hausse de leur population, qui a stagné à 1000 individus pendant plus de 20 ans. Normalement, leur nombre aurait dû doubler au cours de cette période. Qui plus est, depuis une décennie, la population a reculé. Ils seraient aujourd’hui à peine 880 dans le Saint-Laurent.

     

    La mortalité chez les jeunes bélugas a en outre connu une augmentation importante au cours des dernières années. Les spécialistes de l’espèce ne parviennent toutefois pas à identifier les causes de ces décès.

     

    Pour le moment, les chercheurs ont cerné quatre principaux facteurs pouvant expliquer la multiplication des pertes chez les jeunes. Le recul des glaces dans le golfe pourrait nuire aux femelles gestantes durant les mois qui précèdent la naissance de leurs veaux. L’accumulation de certains agents contaminants aurait aussi des effets sur la capacité de celles-ci à mettre bas. Une diminution des stocks de harengs, dont les bélugas se nourrissent, serait aussi à prendre en considération.

     

    Enfin, les travaux de recherches semblent indiquer que les années de forte mortalité de jeunes (2010 et 2012) coïncident avec des étés de grande fréquentation de l’estuaire par les plaisanciers. « Leur présence pourrait bien déranger les animaux et entraîner des complications lors de l’accouchement », selon Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM.

     

    Ce dernier facteur, s’il s’avère déterminant, pourrait offrir une indication de l’ampleur de la menace que représente le port pétrolier que souhaite construire la pétrolière TransCanada dans le secteur de Cacouna, la zone la plus fréquentée par les femelles, qui viennent y mettre bas.













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