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    Les décès de jeunes bélugas inquiètent

    Au moins trois carcasses de bélugas nouveaux nés ont été retrouvées depuis la mi-juin.
    Photo: GREMM Au moins trois carcasses de bélugas nouveaux nés ont été retrouvées depuis la mi-juin.

    Alors que les scientifiques redoutent les impacts pour les bélugas de la construction d’un port pétrolier en plein coeur de leur pouponnière, il semble de plus en plus évident que l’espèce connaît de façon récurrente de sérieux problèmes de mortalité, particulièrement chez les nouveau-nés.

     

    Il y a quelques jours, la carcasse d’un jeune béluga né cette année a été retrouvée dans le secteur de Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent. Il s’agissait déjà de la troisième dépouille découverte sur les rives de l’estuaire depuis le début de la période des naissances, qui commence vers la mi-juin. Et le président du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, Robert Michaud, souligne que la saison est loin d’être terminée.

     

    En plus de ces mortalités de jeunes, on retrouve également des carcasses d’adultes. Des trois identifiées au cours des dernières semaines, une était « une femelle qui venait de mettre bas », précise M. Michaud. Cela signifie donc qu’au moins quatre décès sont liés à la période des naissances. « Il est clair qu’il y a un problème autour de la période de mise bas, même s’il est difficile pour le moment de bien comprendre le phénomène », ajoute-t-il.

     

    S’il est encore tôt pour dresser un bilan complet pour l’année, il est déjà acquis que celui-ci s’aggravera. En effet, les mortalités ont connu une hausse marquée au cours des dernières années. Entre le début des années 1980 et 2007, explique M. Michaud, de zéro à trois carcasses de veaux étaient repêchées chaque année. Ce chiffre a bondi à 10 en 2008. Les chercheurs ont aussi recueilli 10 jeunes bélugas morts en 2010. En 2012, la situation a pris une tournure encore plus préoccupante, avec 17 décès constatés. Plusieurs décès de veaux ont également été recensés l’an dernier.

     

    Quatre facteurs

     

    Pour le moment, les chercheurs ont cerné quatre principaux facteurs pouvant expliquer la multiplication des pertes chez les jeunes. Le recul des glaces dans le golfe pourrait nuire aux femelles gestantes durant les mois qui précèdent la naissance de leurs veaux. L’accumulation de certains agents contaminants aurait aussi des effets sur la capacité de celles-ci à mettre bas. Une diminution des stocks de harengs, dont les bélugas se nourrissent, serait aussi à prendre en considération.

     

    Enfin, les travaux de recherches semblent indiquer que les années de forte mortalité de jeunes (2010 et 2012) coïncident avec des étés de grande fréquentation de l’estuaire par les plaisanciers. « Leur présence pourrait bien déranger les animaux et entraîner des complications lors de l’accouchement », explique M. Michaud.

     

    Ce dernier facteur, s’il s’avère déterminant, pourrait offrir une indication de l’ampleur de la menace que représente le port pétrolier que souhaite construire la pétrolière TransCanada dans le secteur de Cacouna, la zone la plus fréquentée par les femelles, qui viennent y mettre bas.













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