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    Le Japon veut relancer la chasse commerciale à la baleine

    Tokyo persiste et signe. Condamné pour sa chasse «scientifique», le Japon souhaite maintenant relancer la chasse commerciale à la baleine, une industrie bannie depuis près de 30 ans en raison de la quasi-extinction de la plupart des espèces.
     

    «Mon objectif est la reprise de la chasse commerciale par le biais de recherches sur les cétacés afin d’avoir les données scientifiques nécessaires à la gestion des ressources baleinières», a déclaré cette semaine le premier ministre japonais Shinzo Abe, devant une commission parlementaire.

     

    «Je vais notamment accentuer les efforts pour que notre position soit comprise par la communauté internationale. C’est regrettable que cet aspect de la culture japonaise ne soit pas compris», a-t-il ajouté, faisant ainsi référence à la tradition japonaise de chasser diverses espèces de cétacés.

     

    Vendre cette viande « ne viole en rien la loi internationale ou nationale », a déclaré devant la même commission parlementaire le ministre de l’Agriculture et de la pêche, Yoshimasa Hayashi, un fervent défenseur de la chasse aux cétacés : il a organisé une « semaine de la baleine » qui a démarré lundi.

     

    Critiques contre le Japon

     

    La Nouvelle-Zélande, qui s’oppose à la reprise de la chasse, a dénoncé les propos du premier ministre japonais. Dans une déclaration écrite, le gouvernement a appelé Tokyo à respecter la décision rendue à la fin du mois de mars par la Cour internationale de justice.

     

    À la suite d’une plainte logée en 2010 par l’Australie, l’organe judiciaire de l’ONU a conclu que la chasse que mène le Japon en Antarctique chaque année n’a aucune valeur scientifique, contrairement à ce qu’affirme Tokyo. La Cour a ainsi souligné « son caractère illimité dans le temps, sa faible contribution scientifique à ce jour et le manque de coopération entre ce programme et d’autres programmes de recherche nationaux et internationaux dans l’océan Antarctique ».

     

    Le retour de la chasse « scientifique »

     

    En réaction au jugement, le Japon avait annoncé son intention de respecter ce verdict. Il a annulé la campagne 2014-2015 prévue en Antarctique, mais a toutefois précisé dès le 18 avril qu’il comptait revoir son programme « scientifique » pour le soumettre à la Commission baleinière internationale (CBI) cet automne.

     

    Le Japon utilise en effet un article contenu dans le moratoire sur la chasse aux cétacés décrété par les États membres de la CBI. Selon cette disposition, un pays peut continuer d’abattre des baleines à des fins de recherche scientifique. Environ 10 000 animaux — surtout des petits rorquals — ont été tués en vertu de ce programme depuis 1987.

     

    Entre-temps, la chasse continue dans le Pacifique nord-ouest, officiellement là encore pour des motifs « scientifiques », ainsi que dans les eaux côtières japonaises. Mais le Japon plaide depuis des années pour un retour de la chasse commerciale, officiellement interdite depuis 1986.

     

    La viande des baleines abattues à l’aide de canons lance-harpons à tête explosive est vendue au Japon, un pays où la demande pour ce produit a considérablement reculé au fil des ans. L’argent généré par la vente de viande de baleine ne couvrirait pas l’ensemble des coûts. Tokyo doit débourser plus de 10 millions de dollars par année pour entretenir sa flotte baleinière et financer la campagne annuelle de chasse.

     

    L’Islande et la Norvège rejettent le moratoire planétaire sur la chasse commerciale. Les deux pays chassent des petits rorquals et des rorquals communs. Ces deux espèces peuvent être observées au Québec.

     

    Avec l’Agence France-Presse













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