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    La réplique › Port pétrolier

    TransCanada à Cacouna: des faits à rectifier

    24 avril 2014 | Philippe Cannon - Porte-parole du projet Oléoduc Énergie Est TransCanada | Actualités sur l'environnement
    TransCanada dit prendre les précautions nécessaires pour protéger les bélugas, une espèce menacée.
    Photo: GREMM TransCanada dit prendre les précautions nécessaires pour protéger les bélugas, une espèce menacée.
    Le déclencheur

    « Avant même le début de l’évaluation du projet de pipeline Énergie Est, TransCanada lance ce vendredi les travaux en vue de déterminer où sera construit son port pétrolier à Cacouna, a appris Le Devoir. Cette première étape vers un projet d’exportation de pétrole des sables bitumineux n’est pas soumise à une étude environnementale, même si elle pose un risque pour la population de bélugas du Saint-Laurent. » 

    — Alexandre Shields, « TransCanada passe à l’action », Le Devoir du 18 avril

    Contrairement à ce qui est mentionné dans l’article « TransCanada passe à l’action », TransCanada n’effectue pas actuellement de travaux dans le secteur de Cacouna. TransCanada et ses mandataires effectuent des sondages géophysiques visant à caractériser les sols marins pour permettre le développement d’un concept d’infrastructure qui soit sécuritaire et adapté à la nature des sols afin de répondre aux besoins du projet Oléoduc Énergie Est.

     

    Une collecte de données autorisée par les organismes de régulation

     

    Ces sondages géophysiques se déroulent en présence d’une surveillance accrue des mammifères marins suivant un processus rigoureusement défini et approuvé par Pêches et Océans Canada et avec une surveillance aérienne des mammifères marins autorisée par Parcs Canada.

     

    Afin de respecter les critères d’attribution des permis qui nous ont été délivrés, nous arrêterons les sondages géophysiques au plus tard le 30 avril, et ce, afin de ne pas interférer avec la période associée à l’accumulation des réserves énergétiques et la fin du cycle biologique des bélugas. Les conditions posées sont claires, et TransCanada et ses mandataires (le Réseau d’observation des mammifères marins, Golder Associés et CIMA +) travaillent de concert afin d’en assurer le respect.

     

    Le processus de collecte de données

     

    Afin de définir les infrastructures qui seraient nécessaires dans ce secteur, nous devons procéder à une étude de faisabilité. La première étape de cette étude préalable au début des sondages géophysiques consiste en une phase d’observation et d’analyse des déplacements des mammifères marins durant quelques jours. C’est ce que nous avons commencé le 18 avril dans le secteur de Cacouna.

     

    Nous réaliserons ensuite des sondages afin d’acquérir les données sur les fonds marins. Durant cette phase, une zone de protection de 500 mètres pour les mammifères marins sera respectée en périphérie du bateau utilisé. Dans le cas où des mammifères marins se déplaceraient dans cette zone, nous arrêterons les travaux pour les reprendre une fois seulement qu’aucun mammifère marin ne s’y trouve après une période de 30 minutes. Une zone d’approche de 3 km sera surveillée, en plus des survols aériens qui seront faits pour recenser la présence de bélugas dans une zone élargie de quelques dizaines de kilomètres. Cette phase se terminera le 30 avril, que notre processus de collecte de données soit terminé ou non.

     

    La dernière phase du processus consistera à effectuer une dernière analyse des déplacements des mammifères marins dans le secteur une fois les sondages géophysiques complétés, ou une fois la limite temporelle atteinte. Cette phase pourra, au besoin, s’étendre jusqu’au 4 mai puisqu’elle ne constitue qu’une phase d’observation et d’analyse.

     

    Évaluation environnementale

     

    Nous souhaitons aussi clarifier le fait que TransCanada n’a pas encore déposé son projet à l’Office national de l’énergie (ONE). Seule une description de projet a été présentée, et nous espérons déposer officiellement le projet à l’ONE dans les prochains mois.

     

    Conscients de l’importance de l’analyse environnementale du projet pour les Québécois, nous souhaitons aussi réitérer le fait que le 4 mars dernier, TransCanada a présenté, sur une base volontaire, un avis de projet au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) concernant les installations de stockage du pétrole et du terminal maritime prévus au Québec dans le cadre du projet Oléoduc Énergie Est. Ce dépôt constitue la première étape d’une évaluation environnementale menée par le MDDEFP et du processus d’évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

     

    TransCanada s’est d’ailleurs entendue avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) afin de mandater le BAPE de tenir une période d’information et de consultations publiques visant à répondre aux questions du public sur l’ensemble des installations du projet Oléoduc Énergie Est qui seraient construites au Québec. Nous participons également volontairement au processus de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) qui examinera l’utilisation des terres agricoles au Québec pour l’oléoduc.


    ***

    Réponse du journaliste
     

    Le Devoir a obtenu copie d’un document produit par Pêches et Océans Canada et qui mentionne très clairement que TransCanada et l’entreprise CIMA + réalisent des travaux en milieu marin dans le secteur de Cacouna. Ces travaux sont décrits comme des « levés sismiques » dans cet « avis scientifique » officiel.

     

    Ce même document explique que les travaux qui sont actuellement menés posent des risques pour les bélugas, une espèce désignée comme « menacée » en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Cette désignation oblige le gouvernement fédéral à protéger l’habitat du béluga.

     

    Ces levés sismiques sont par ailleurs effectués alors que les baleines sont présentes dans cette zone considérée comme essentielle à la survie de l’espèce. Qui plus est, aucune évaluation environnementale du projet Énergie Est n’a été réalisée jusqu’à présent, ni à Ottawa, ni à Québec. TransCanada a toutefois accepté de soumettre son projet de port au BAPE. La pétrolière albertaine a néanmoins déjà indiqué que la décision concernant l’approbation de son projet appartient au gouvernement fédéral.

     

    Il est vrai que TransCanada a seulement déposé une « description » de son projet de port pétrolier auprès de l’Office national de l’énergie. Ce document de plus d’une centaine de pages est cependant très détaillé. On y a notamment inclus une simulation du futur port pétrolier que TransCanada compte construire à Cacouna. On voit une structure qui s’avance dans le Saint-Laurent et deux navires amarrés.

     

    Par ailleurs, les premiers travaux de TransCanada ne constituent que le début du projet de port. C’est ce que soulignent les scientifiques cités par Le Devoir. Ce projet, s’il voit le jour, sera inédit dans l’histoire du Québec. Il s’agirait en effet du premier port d’envergure destiné à l’exportation de pétrole brut. Sa construction nécessiterait plusieurs mois de travaux industriels dans l’habitat des bélugas. Par la suite, on prévoit le passage régulier de pétroliers dans le secteur de Cacouna.

    Alexandre Shields













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