Évaluation environnementale des barrages et des centrales hydroélectriques - Hydro-Québec réclame un traitement de faveur
Hydro-Québec réclame un régime d'exception pour l'évaluation environnementale des barrages et centrales hydroélectriques, lequel exempterait les 8000 MW en planification de plusieurs exigences et normes environnementales qui lui sont présentement imposées ainsi qu'aux autres promoteurs, privés et publics.
C'est ce qui ressort d'un chapitre méconnu de son récent plan stratégique dans lequel la société d'État estime avoir suffisamment d'expérience pour ne pas avoir à recommencer chaque fois des évaluations environnementales adaptées aux particularités de chaque milieu aquatique et terrestre où elle veut implanter ses importants projets.
Ainsi, Hydro-Québec voudrait être exemptée de l'obligation de refaire des études sur ce qu'elle qualifie de «sujets accessoires à la prise de décision», soit des «thèmes pour lesquels on dispose de connaissances bien établies», comme les niveaux de mercure engendrés par la mise en eau des réservoirs.
Le plan stratégique ajoute aussi à cette liste d'exemptions possibles «les aspects humains de l'étude d'impacts, les exigences quant aux profils démographiques et socio-économiques, de même que les études d'économie locale ou régionale».
Les impacts «humains» et socioéconomiques des mégaprojets en Minganie, où Hydro-Québec prévoit développer quelque 3000 MW sur les rivières Romaines et Petit Mécatina, risquent de soulever un débat de fond dans cette région encore isolée du réseau routier québécois. Les autochtones, qui parlent encore l'innu traditionnel, et les Blancs ne voient pas tous l'arrivée du «progrès» de la même façon. D'autre part, les impacts environnementaux du désenclavement de ces territoires vierges sont généralement plus importants que ceux du projet lui-même parce que la horde des chasseurs et pêcheurs, qui suivent le projet, peut modifier les équilibres fauniques de la région au complet.
Dans son plan stratégique, Hydro-Québec va jusqu'à suggérer que le ministère de l'Environnement, qui lui dicte les questions à étudier dans son étude d'impacts, devrait désormais limiter ses exigences en matière de «variantes».
«On devrait pouvoir limiter le nombre de variantes à étudier à un strict minimum — à titre de comparaison, on ne demande pas, à ce jour, à un promoteur de projets thermiques d'étudier diverses variantes d'implantation», réclame-t-on au ministère de l'Environnement.
Hydro-Québec estime qu'il devrait s'écouler tout au plus 30 mois entre l'avis de projet adressé au ministre de l'Environnement et la remise du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Il a été possible de le faire pour des projets comme celui de la Péribonka, au Lac-Saint-Jean, et de Toulnoustouc, sur la Côte-Nord. Hydro souhaite donc aller aussi vite avec le détournement du fleuve Rupert vers la Eastmain et La Grande à la Baie-James.
La société d'État estime que Québec et Ottawa devraient aussi standardiser leurs politiques sur les débits réservés des rivières, la protection des milieux humides et la productivité des habitats aquatiques car, pour elle, les priorités de chaque gouvernement dans ces différents domaines lui apparaissent comme autant d'obstacles inutiles à la bonne marche de ses projets. Idéalement, Hydro-Québec souhaite qu'on se contente de lui assigner des objectifs et des résultats environnementaux et qu'on la laisse faire à sa guise pour les atteindre en raison de son expérience passée.
Du côté des parlementaires, on semble plutôt miser sur la valeur éprouvée des règles en place. En effet, l'Assemblée nationale a adopté hier à l'unanimité une proposition du ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, amendée avec son accord par son critique, le député Stéphan Tremblay du Lac-Saint-Jean, pour souligner le 25e anniversaire prochain du BAPE. L'amendement adopté traduit «l'engagement» des parlementaires «quant au maintien de l'organisation et de sa mission», ce qui indique clairement, explique Stephan Tremblay, que le BAPE et le processus d'évaluation environnementale doivent «être protégés de l'opération réingénierie».
C'est ce qui ressort d'un chapitre méconnu de son récent plan stratégique dans lequel la société d'État estime avoir suffisamment d'expérience pour ne pas avoir à recommencer chaque fois des évaluations environnementales adaptées aux particularités de chaque milieu aquatique et terrestre où elle veut implanter ses importants projets.
Ainsi, Hydro-Québec voudrait être exemptée de l'obligation de refaire des études sur ce qu'elle qualifie de «sujets accessoires à la prise de décision», soit des «thèmes pour lesquels on dispose de connaissances bien établies», comme les niveaux de mercure engendrés par la mise en eau des réservoirs.
Le plan stratégique ajoute aussi à cette liste d'exemptions possibles «les aspects humains de l'étude d'impacts, les exigences quant aux profils démographiques et socio-économiques, de même que les études d'économie locale ou régionale».
Les impacts «humains» et socioéconomiques des mégaprojets en Minganie, où Hydro-Québec prévoit développer quelque 3000 MW sur les rivières Romaines et Petit Mécatina, risquent de soulever un débat de fond dans cette région encore isolée du réseau routier québécois. Les autochtones, qui parlent encore l'innu traditionnel, et les Blancs ne voient pas tous l'arrivée du «progrès» de la même façon. D'autre part, les impacts environnementaux du désenclavement de ces territoires vierges sont généralement plus importants que ceux du projet lui-même parce que la horde des chasseurs et pêcheurs, qui suivent le projet, peut modifier les équilibres fauniques de la région au complet.
Dans son plan stratégique, Hydro-Québec va jusqu'à suggérer que le ministère de l'Environnement, qui lui dicte les questions à étudier dans son étude d'impacts, devrait désormais limiter ses exigences en matière de «variantes».
«On devrait pouvoir limiter le nombre de variantes à étudier à un strict minimum — à titre de comparaison, on ne demande pas, à ce jour, à un promoteur de projets thermiques d'étudier diverses variantes d'implantation», réclame-t-on au ministère de l'Environnement.
Hydro-Québec estime qu'il devrait s'écouler tout au plus 30 mois entre l'avis de projet adressé au ministre de l'Environnement et la remise du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Il a été possible de le faire pour des projets comme celui de la Péribonka, au Lac-Saint-Jean, et de Toulnoustouc, sur la Côte-Nord. Hydro souhaite donc aller aussi vite avec le détournement du fleuve Rupert vers la Eastmain et La Grande à la Baie-James.
La société d'État estime que Québec et Ottawa devraient aussi standardiser leurs politiques sur les débits réservés des rivières, la protection des milieux humides et la productivité des habitats aquatiques car, pour elle, les priorités de chaque gouvernement dans ces différents domaines lui apparaissent comme autant d'obstacles inutiles à la bonne marche de ses projets. Idéalement, Hydro-Québec souhaite qu'on se contente de lui assigner des objectifs et des résultats environnementaux et qu'on la laisse faire à sa guise pour les atteindre en raison de son expérience passée.
Du côté des parlementaires, on semble plutôt miser sur la valeur éprouvée des règles en place. En effet, l'Assemblée nationale a adopté hier à l'unanimité une proposition du ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, amendée avec son accord par son critique, le député Stéphan Tremblay du Lac-Saint-Jean, pour souligner le 25e anniversaire prochain du BAPE. L'amendement adopté traduit «l'engagement» des parlementaires «quant au maintien de l'organisation et de sa mission», ce qui indique clairement, explique Stephan Tremblay, que le BAPE et le processus d'évaluation environnementale doivent «être protégés de l'opération réingénierie».
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