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    De gris béton à vert aéroport

    Montréal-Trudeau est le premier aéroport en Amérique du Nord à émettre des crédits de carbone

    1 mars 2014 |Émilie Corriveau | Actualités sur l'environnement
    L’aéroport Montréal-Trudeau compte plus de 14 millions de passagers par an. Cet achalandage important présente un défi pour l’engagement durable de l’établissement, peu désservi par les transports en commun.
    Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir L’aéroport Montréal-Trudeau compte plus de 14 millions de passagers par an. Cet achalandage important présente un défi pour l’engagement durable de l’établissement, peu désservi par les transports en commun.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Verdir un aéroport n’est pas chose simple. Sensible à la question environnementale, Aéroports de Montréal (ADM) s’efforce de le faire depuis le début des années 1990. La résultante est probante : aujourd’hui, l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau se positionne comme l’un des plus performants et proactifs en la matière en Amérique.

    Assujetti à une mission comportant un volet environnemental depuis 1992, soit depuis qu’ADM l’administre, l’aéroport montréalais est parmi les premiers au pays à avoir adopté des mesures pour améliorer ses façons de faire.

     

    « Ça fait partie de notre mission depuis les débuts d’ADM, note d’emblée Mme Christiane Beaulieu, vice-présidente des affaires publiques et des communications. Un de ses volets indique que l’aéroport doit maintenir une cohabitation harmonieuse avec le milieu, en particulier quant à la protection de l’environnement. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup d’aéroports qui inscrivaient leurs préoccupations environnementales dans leur mission. »

     

    Ainsi, cette prise de position avant-gardiste a mené l’aéroport à développer au fil des ans une stratégie environnementale multidimensionnelle qui lui permet aujourd’hui de se classer parmi les leaders.

     

    Un aéroport certifié vert

     

    L’une des premières choses qu’a faites l’aéroport à la suite de l’adoption du volet environnemental de sa mission, c’est de mettre en oeuvre un système intégré de gestion environnementale. Reposant sur des procédures et des instructions de travail précises ainsi que sur des programmes d’amélioration continue, ce système assure un encadrement serré des activités, des produits ou des services ayant potentiellement un impact sur l’environnement.

     

    Grâce à la mise en place de ce système, l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau a obtenu en 2000 la certification ISO 14001. Celle-ci est une norme internationale établie par l’Organisation internationale de normalisation, qui constitue la référence des organismes pour mettre en place un système de management environnemental. Elle a pour objectif d’aider les entreprises à gérer l’impact de leurs activités sur l’environnement et à démontrer l’efficacité de leur gestion

     

    La certification de l’aéroport a été reconduite en 2004, 2007 et 2010. Pour conserver celle-ci, sur une base régulière, son administration a dû démontrer à une firme externe accréditée qu’elle respectait la réglementation en vigueur, qu’elle contrôlait bien ses opérations, qu’elle améliorait de manière constante la performance environnementale de son aéroport et qu’elle l’engageait toujours dans la voie de la prévention de la pollution.

     

    Parmi les initiatives qui ont permis à l’aéroport d’obtenir la certification ISO 14001 et de la voir reconduite, notons une veille réglementaire serrée, la formation adaptée de ses collaborateurs, l’entreposage en réservoirs, la bonne gestion des matières dangereuses, l’entretien des intercepteurs d’hydrocarbures, l’entretien des cours d’eau, la gestion des dépôts de neige, le contrôle de la faune et l’élaboration de plans d’urgence environnementale.

     

    Dans le même esprit, l’aérogare de Montréal-Trudeau a reçu en 2008 la certification BOMA BESt, laquelle reconnaît les efforts consentis pour améliorer la performance environnementale d’un immeuble commercial et est décernée par l’Association des propriétaires et des gestionnaires d’immeubles.

     

    « Cette certification-là, on a pu l’obtenir notamment grâce aux nombreux travaux que nous avons effectués dans l’aérogare, indique Mme Beaulieu. Lorsqu’on l’a reconstruite, on a mis en place un système de climatisation, de chauffage et de ventilation de l’air très moderne. Ça nous a permis de réduire de beaucoup notre consommation d’énergie, et ce, même si nous avons considérablement agrandi les lieux. »

     

    La collaboration d’ADM et de l’Université Concordia dans la mise en place d’un projet novateur de gestion de la lumière n’est pas non plus étrangère à l’obtention de cette certification. Le système, qui permet de gérer la lumière naturelle grâce à des stores automatisés dans les jetées de l’aéroport, est unique en son genre dans le monde. Il utilise une technologie de gestion électromécanique avancée et de capteurs de lumière sophistiqués. Cette initiative a aussi permis à ADM de réduire considérablement ses besoins en chauffage et en climatisation.

     

    Peu d’aéroports canadiens ont obtenu la certification BOMA BESt. En 2014, l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau figure toujours, avec ceux de Richmond en Colombie-Britannique, de Calgary en Alberta et de Mississauga en Ontario, parmi les précurseurs.

     

    Vente de crédits de carbone

     

    Autre domaine dans lequel l’aéroport montréalais se veut avant-gardiste : celui de la vente de crédits de carbone. En 2010, ADM mettait sur le marché 24 000 tonnes de crédits au prix de 5 $ la tonne, permettant ainsi à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de devenir le premier en Amérique du Nord à émettre des crédits de carbone.

     

    En 2013, ADM réitérait l’expérience en mettant sur le marché 19 800 crédits supplémentaires. « Ce n’est vraiment pas quelque chose de fréquent dans les aéroports en Amérique. Nous sommes encore un des seuls à le faire », relève Mme Beaulieu.

     

    Bien qu’ADM ait déjà adopté nombre de mesures pour améliorer la performance environnementale de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, l’organisation ne compte pas en rester là. Au cours des prochaines années, elle entend augmenter considérablement le taux de récupération des matières résiduelles générées à l’aérogare grâce à son nouveau programme de compostage. Elle vise aussi une meilleure récupération du glycol, utilisé pour dégivrer les avions, grâce à l’installation d’une tour permettant le recyclage du liquide.

     

    Un défi demeure, toutefois : celui des accès à l’aéroport. « Chaque année, on a 14 millions de passagers,souligne Mme Beaulieu. À cela s’ajoutent les employés, qui sont près de 8000 à travailler par jour. On est peu desservis par les transports en commun, et c’est quelque chose qui nous dérange énormément. On espère vraiment qu’on pourra aller de l’avant avec la navette électrique bientôt. Pour nous, ce serait une façon très efficace d’améliorer notre performance au plan des gaz à effet de serre. »













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