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    Fondaction

    Le social et l’environnemental vont de pair

    « Nous nous sommes donné comme mission d’investir de façon à créer de la richesse »

    1 mars 2014 |Claude Lafleur | Actualités sur l'environnement
    Depuis près de vingt ans, Fondaction sollicite l’épargne des travailleurs pour l’investir dans la création d’emplois.
    Photo: OSA images Depuis près de vingt ans, Fondaction sollicite l’épargne des travailleurs pour l’investir dans la création d’emplois.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    « Il y a de moins en moins d’entrepreneurs qui ont comme seul but de faire de l’argent, peu importe les impacts que cela aurait autour d’eux. » Voilà ce que constate Geneviève Morin, chef de l’investissement chez Fondaction, le fonds d’investissement pour les travailleurs mis sur pied par la CSN.

    «On voit plutôt des entrepreneurs qui ont le goût de construire quelque chose, qui se préoccupent de ce que leurs produits aient le moins d’impacts négatifs possibles sur l’environnement. Aussi, ils cherchent à générer davantage de retombées positives dans leur milieu, par exemple, en faisant des achats responsables. »

     

    Et Geneviève Morin voit aussi de plus en plus d’entrepreneurs s’associer avec leurs employés, notamment en les impliquant dans la gestion de l’entreprise ou en partageant une partie des profits.

     

    Mme Morin se montre particulièrement ravie de cette évolution, puisque, rappelle-t-elle, lorsque Fondaction a été créé, en 1996, « ce n’était pas là des pratiques évidentes… »

     

    « À l’époque, nous cherchions à faciliter le financement des entreprises qui favorisent une plus grande gestion participative et qui tenaient compte de l’environnement », se souvient-elle. Toutefois, on ne parlait pas alors du développement durable, dit-elle encore. « Or, le fait de se préoccuper à la fois du social et de l’environnemental, c’est ce qu’on faisait ! »

     

    Comme bien d’autres spécialistes du monde des affaires, Geneviève Morin constate que ce sont là des pratiques très rentables pour toute entreprise. « Et nous en sommes ravis, dit-elle, puisque lorsqu’on parlait de cela en 1996, ce n’était pas évident que c’était de bonnes pratiques d’affaires. Maintenant, on le voit bien ! Et tout cela se fait à présent avec des employés dont on encourage la créativité et l’engagement. »

     

    De belles histoires

     

    Depuis près de vingt ans, Fondaction sollicite l’épargne des travailleurs pour l’investir dans la création d’emplois. « Nous nous sommes donné comme mission d’investir de façon à créer de la richesse, précise Geneviève Morin,puisqu’il faut procurer du rendement à nos actionnaires pour leur épargne-retraite. Mais aussi, il nous faut créer des emplois, puisque c’est là la mission d’un fonds de travailleurs, et créer des emplois ici au Québec. »

     

    Elle souligne que les lois régissant les fonds de travailleurs les obligent à investir au moins 60 % de leur actif net dans des entreprises québécoises. « Et on a 40 % d’actifs investis sur les marchés financiers afin de nous assurer que l’épargne de nos actionnaires ne soit pas trop à risque. »

     

    « Chaque fois qu’on investit dans une entreprise, poursuit-elle, c’est dans le but d’accélérer ce qu’elle fait. On se demande donc : à quoi contribue celle-ci et de quelle façon peut-on accélérer son développement ? »

     

    C’est ainsi que Fondaction dispose d’un actif d’un milliard de dollars qu’il cherche à faire fructifier auprès d’une multitude de PME québécoises. « Nous investissons dans plein de belles entreprises, ce qui est l’fun ! », lance avec satisfaction Mme Morin.

     

    « Prenons par exemple Récupère Sol, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, la seule entreprise au Québec capable de traiter les sols contaminés à la dioxine et aux furanes — donc les sols les plus contaminés. » Cette entreprise était autrefois détenue par une société américaine qui ne s’en occupait guère, dit-elle. Or, Fondaction a aidé la direction à la racheter et à permettre son développement.

     

    Il y a aussi H2O Innovation, une entreprise de Québec qui innove dans le domaine du traitement de l’eau, principalement auprès des municipalités et des mines. « Lorsque nous y avons investi, en 2002, c’était une toute petite entreprise, dit-elle, alors que maintenant, elle dispose de sept places d’affaires en Amérique du Nord et même d’une coentreprise à Mumbai, en Inde. »

     

    La chef de l’investissement cite aussi le cas de RefPlus, une entreprise de Saint-Hubert qui conçoit des systèmes de réfrigération. « Ils sont devenus le premier manufacturier québécois à fabriquer des systèmes de réfrigération qui n’ont aucun effet nocif sur l’environnement, dit-elle. Ce sont des précurseurs dans leur domaine ! »

     

    Elle poursuit avec Dupray, « une petite société de Montréal dans laquelle nous venons d’investir pour lui donner la capacité de fabriquer des équipements de nettoyage ». Or, cette PME propose une technologie de nettoyage à la vapeur qui n’utilise aucun produit chimique. « Il s’agit avant tout d’un procédé très efficace,indique Mme Morin,mais qui, par bonheur, est aussi parfaitement écologique ! »

     

    Sauvée des mains américaines

     

    Geneviève Morin rapporte enfin le cas de Fresche Legacy, de Montréal. « Ça, c’est une belle histoire ! », lance-t-elle. Cette entreprise s’était taillé une niche très particulière : convertir les systèmes informatiques des années 1970-1980, conçus à base de cobol ou autres langages informatiques à présent désuets.

     

    Fresche Legacy assurait ainsi le passage vers les plateformes modernes. « Leurs clients figurent parmi les premières firmes à s’être informatisées et qui ont énormément de données », précise Mme Morin. L’entreprise a pris de l’expansion durant plusieurs années avant d’être vendue à une firme américaine. Or, celle-ci a tout bonnement décidé de retirer tout ce qu’elle pouvait de cette « vache à lait », sans y réinvestir pour l’actualiser.

     

    Toutefois, la direction et les employés, trouvant inacceptable de laisser filer leur savoir-faire, ont racheté l’entreprise avec le soutien de Fondaction. « Il s’agit maintenant d’une coopérative de travailleurs formée d’une cinquantaine d’employés de haut niveau, résume Mme Morin. Et, depuis deux ans, ils ont triplé leur chiffre d’affaires ! »

     

    N’est-il pas remarquable que, dans deux des cas cités par Geneviève Morin, Fondaction ait aidé la direction et les employés de « fleurons québécois » à se racheter des mains d’Américains qui, autrement, les condamnaient à disparaître ?


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