Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Projets hydroélectriques et éoliens

    Québec décide de maintenir le cap

    Les surplus d’électricité constituent toujours un avantage pour le Québec, estime la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, photographiée lundi soir lors de son assemblée d’investiture à Saint-Hubert, dans la circonscription de Vachon.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les surplus d’électricité constituent toujours un avantage pour le Québec, estime la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, photographiée lundi soir lors de son assemblée d’investiture à Saint-Hubert, dans la circonscription de Vachon.
    -> Consulter le rapport
    de la ​Commission sur les enjeux énergétiques du Québec obtenu par
    Le Devoir

    Avant même que le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques ne soit rendu public en toute hâte lundi, dans la foulée des révélations du Devoir, le gouvernement Marois a rejeté certaines des recommandations phares du document.

     

    Ainsi, même s’ils font perdre des milliards de dollars à l’État, les projets hydroélectriques et éoliens seront maintenus. « Les projets engagés et autorisés vont suivre leur cours, a affirmé lundi la première ministre, Pauline Marois. On ne reviendra pas sur les projets annoncés. » Selon elle, les surplus importants d’électricité devraient être perçus comme un « avantage ».

     

    La position de la chef péquiste tranche avec ce que conclut le rapport produit à la demande de son gouvernement afin de servir de base à l’élaboration de la future politique énergétique du Québec. Les auteurs du document soulignent que l’électricité provenant des nouveaux moyens de production coûte beaucoup trop cher à produire par rapport au prix obtenu lors de la vente. Cela fera perdre 1,2 milliard de dollars au Québec dès 2017. Cette facture annuelle devrait même atteindre deux milliards en 2025.

     

    « Dans ces circonstances, la stratégie axée sur la construction de nouveaux projets (ouvrages hydroélectriques ou éoliens, notamment) est ruineuse pour le Québec », soulignent-ils.

     

    Une occasion

     

    La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a reconnu que le Québec est aux prises avec des surplus d’électricité. « Mais d’un autre côté, il y a d’autres considérations, comme les 5000 emplois au Québec reliés au secteur éolien, dont 800 en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent. On ne peut pas agir unilatéralement sans penser qu’il y a des conséquences », a expliqué la ministre au cours d’une rencontre avec Le Devoir.

     

    « La décision que nous avons prise, c’est de maintenir le secteur manufacturier, a ajouté Mme Ouellet. Arrêter de faire de l’éolien au Québec, ça aurait voulu dire de laisser complètement tomber l’industrie, qui aurait fermé ses portes. Ce n’est pas ce qu’on souhaite, parce qu’on y pense qu’il y a un avenir pour l’éolien. »

     

    Le gouvernement a d’ailleurs annoncé l’automne dernier son intention d’acheter davantage d’énergie éolienne dès 2017, même si le Québec devrait être pris avec des surplus d’électricité pendant au moins 15 ans. Mme Ouellet souhaite toutefois « transformer cette situation en opportunité pour attirer des entreprises au Québec qui ont une grande intensité énergétique ».

     

    Le ministère des Ressources naturelles a été pris de court par la publication des grandes conclusions du rapport par Le Devoir et a finalement décidé de le rendre public en fin de journée lundi.

     

    Dans les minutes qui ont suivi, la ministre Ouellet n’a pas voulu s’avancer sur les suites à donner au document. Celui-ci servira d’« intrant » dans la future politique énergétique qui sera élaborée « dans les prochains mois », a-t-elle simplement dit. Elle a refusé de s’engager à mener une réflexion sur la stratégie de développement d’Hydro-Québec, comme le recommandent les auteurs du rapport. La ministre n’a pas non plus voulu remettre en question la poursuite du mégaprojet hydroélectrique de la Romaine, ce que suggère la Commission.

     

    Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a par ailleurs remis en question les conclusions du rapport qui pressent Québec de mettre en veilleuse la participation à la Bourse du carbone, en raison des importants risques financiers. M. Blanchet a rappelé que ce système, qui doit contribuer largement à l’atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, a fait l’objet d’une analyse rigoureuse. « Je serais donc étonné qu’une commission prétende, en quelques semaines, invalider le travail de plusieurs années de l’équipe des experts du Bureau des changements climatiques du [ministère de l’Environnement], dont les initiatives sont saluées jusqu’à l’ONU », a-t-il ajouté.

     

    Politique injustifiée

     

    La Coalition avenir Québec a réagi lundi en dénonçant le lancement de nouveaux projets de production d’électricité au Québec. « Ce rapport vient démontrer que la hausse des tarifs de 5,8 % demandée par Hydro-Québec, la plus importante augmentation envisagée en vingt ans, servira justement à la construction d’éoliennes qui généreront encore des surplus vendus à perte sur les marchés d’exportation », a dénoncé le porte-parole en matière de ressources naturelles, François Bonnardel.

     

    Le député solidaire Amir Khadir a soutenu pour sa part que le gouvernement ne parviendrait pas à respecter ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, ce que prédit également le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques. Le Québec devrait même être très loin de sa cible, selon l’analyse contenue dans le document. « L’objectif du gouvernement est ambitieux, mais nous allons mettre en place des moyens rigoureux pour l’atteindre », a répondu Martine Ouellet.

     

    Hydro-Québec n’a pas voulu commenter le rapport lundi, tout comme le Parti libéral du Québec.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.