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    Commission sur les enjeux énergétiques

    Le gaz de schiste laisse les experts sceptiques

    Si le rapport se montre relativement enthousiaste par rapport à la possibilité d’exploiter l’or noir qui se trouverait ici, il formule davantage de bémols par rapport au controversé gaz de schiste.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Si le rapport se montre relativement enthousiaste par rapport à la possibilité d’exploiter l’or noir qui se trouverait ici, il formule davantage de bémols par rapport au controversé gaz de schiste.

    La Commission sur les enjeux énergétiques conclut que l’exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent ne changerait rien à l’approvisionnement au Québec et qu’il est nécessaire d’évaluer si les bénéfices environnementaux de la ressource sont réels. Quant aux projets de pipeline, le gouvernement doit se montrer plus exigeant envers les pétrolières.

     

    Le rapport de 300 pages obtenu par Le Devoir traite abondamment de la question de l’exploitation du pétrole et du gaz naturel au Québec. S’il se montre relativement enthousiaste en ce qui a trait à la possibilité d’exploiter l’or noir qui se trouverait ici, il formule davantage de bémols sur le controversé gaz de schiste.

     

    Du strict point de vue de l’approvisionnement gazier des consommateurs québécois, le document souligne que l’exploitation dans la vallée du Saint-Laurent n’apporterait rien de plus. « Dans le contexte nord-américain, l’exploitation du gaz de schiste québécois ne changerait rien à la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel à court et à moyen terme puisque l’abondance actuelle de cette ressource en Amérique du Nord se traduira vraisemblablement par une grande disponibilité et des prix peu élevés pour plusieurs années à venir », écrivent les auteurs de ce document remis le mois dernier à la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.

     

    La Commission constate également que « le modèle économique actuel de développement des ressources hydrocarbures fossiles au Québec ne favorise pas l’acceptation sociale, car cette industrie doit s’établir principalement en territoire habité ». Et comme les citoyens ne sont pas propriétaires du sous-sol de leur terrain, cela « favorise la résistance, d’autant plus que la Loi sur les mines accorde des privilèges disproportionnés aux détenteurs de permis, dans certains cas ».

     

    Faiblesse réglementaire

     

    Les auteurs du rapport notent aussi la « faiblesse » du cadre réglementaire en matière de protection de l’environnement et d’aménagement des activités d’exploration et d’exploitation.

     

    Plusieurs des intervenants qui ont défilé devant la Commission l’automne dernier ont en outre remis en question les bénéfices environnementaux du gaz de schiste, argument cher à l’industrie. Le rapport conclut que cet avantage est pour le moins incertain, « à cause des émissions fugitives de méthane durant l’exploitation. Il suffit d’un taux d’émissions fugitives d’environ 4 %, pour éliminer son avantage par rapport au mazout ». Qui plus est, « plusieurs études suggèrent que le cycle de vie complet de cette filière est aussi délétère que celui du charbon ».

     

    La Commission juge par ailleurs que le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada — qui ferait passer 1,1 million de barils de brut par jour par le Québec — doit être soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

     

    Jusqu’à présent, le gouvernement Marois n’a pas dit s’il mandaterait le BAPE pour étudier ce projet de construction de centaines de kilomètres de pipeline en sol québécois. Québec a toutefois démontré son enthousiasme pour ce projet qui permettra d’exporter le pétrole albertain.

     

    Le rapport Maîtriser notre avenir énergétique se range du côté du gouvernement Marois par rapport au projet d’inversion de l’oléoduc 9B d’Enbridge. Mais s’il estime le projet « structurant pour l’économie québécoise », il souligne aussi que Québec devrait se montrer plus exigeant envers Enbridge. On dit ainsi qu’il serait nécessaire que « les compensations financières et les garanties de sécurité, d’information et de formation du personnel de première réponse soient en place, avec responsabilité de l’entreprise et assurances sans plafond ».

     

    Enbridge juge inutile d’exiger le versement d’une garantie financière de sa part pour prévoir les fonds suffisants pour réparer les dégâts environnementaux d’un déversement pétrolier qui serait provoqué par son pipeline. La multinationale dit posséder les fonds nécessaires en cas de besoin.













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