Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!
    Peuples autochtones

    À toutes les latitudes, chercher à s’adapter

    Au Nunavut, le gel arrive quatre semaines plus tard qu’avant, ce qui rend, par exemple, la pêche sur glace moins sécuritaire. Chez les peuples autochtones, le manque de nourriture de sources traditionnelles entraîne la dépendance aux aliments industriels, ce qui crée des problèmes de santé tels que le diabète.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Geoff Robins Au Nunavut, le gel arrive quatre semaines plus tard qu’avant, ce qui rend, par exemple, la pêche sur glace moins sécuritaire. Chez les peuples autochtones, le manque de nourriture de sources traditionnelles entraîne la dépendance aux aliments industriels, ce qui crée des problèmes de santé tels que le diabète.

    Qu’ils vivent dans le Grand Nord canadien, au Pérou ou en Ouganda, les peuples autochtones sont les premiers à pâtir du réchauffement du climat. Les chercheurs Léa Berrang-Ford et James Ford documentent les effets sur la santé de ces populations, l’une au sud, l’un au nord.

     

    Le couple Berrang-Ford, marié dans la vie, tous deux chercheurs à l’Université McGill, a réussi à croiser ses intérêts de recherche en documentant les adaptations que doivent déployer les peuples autochtones pour réagir au bouleversement du climat.

     

    Pour certains projets, ils se sont rendus quatre fois l’an dans des communautés autochtones du Nord canadien, du Pérou et de l’Ouganda pour observer l’impact des changements climatiques sur leur mode de vie et leur santé.

     

    En 11 ans d’allers-retours nord-sud, James Ford a observé les mutations. « Au Nunavut, le gel arrive quatre semaines plus tard. La pêche sur glace est moins sécuritaire. Certains prennent plus de risques », observe-t-il, entraînant des blessures. Quand les sources de nourriture traditionnelles se tarissent, la dépendance aux aliments industriels s’accentue, posant des problèmes de santé comme le diabète, d’une part, et d’insécurité alimentaire en raison des prix élevés, d’autre part.

     

    Les défis des communautés autochtones sont nombreux déjà. « Nous avons des indications voulant que les changements climatiques accentuent la détresse psychologique », constate M. Ford. « Nous devons comprendre le climat et les aider à s’y adapter » pour éviter que les problématiques actuelles ne soient multipliées, ajoute-t-il.


    S’appuyer sur des savoirs ancestraux

     

    « En Ouganda, les changements climatiques ne sont absolument pas une priorité dans l’esprit des gens que je rencontre, relate Léa Berrang-Ford. Ils veulent manger à leur faim, trouver de l’eau potable, soigner leurs enfants. C’est la première préoccupation. » C’est pourquoi la recherche doit s’attarder aux effets des changements climatiques sur la vie quotidienne et aux adaptations, parfois simples, requises. « Si la malaria s’étend et que sa saison de propagation s’allonge, c’est là qu’il faut agir », dit-elle. Il ne faut pas non plus construire des puits dans des zones appelées à s’assécher dans un avenir rapproché.

     

    Au Pérou comme au Nunavut, le couple a observé que la transmission de savoirs millénaires permet à la jeune génération de s’adapter aux changements à venir. Les aînés montrent par exemple aux plus jeunes à juger de l’épaisseur de la glace, au nord, ou à se servir des plantes médicinales contre les infections de plus en plus présentes, au sud.

     

    Ils observent aussi que les difficultés ne s’estompent pas lorsque les individus migrent vers les grandes villes comme Montréal. « Ce qui les rend vulnérables, ce n’est pas le climat en tant que tel, mais des facteurs sociaux comme la pauvreté ou l’isolement. Quand on ajoute les changements climatiques par-dessus ces problèmes préexistants, ils sont exacerbés », explique Mme Berrang-Ford.

     

    Le couple concentre ses énergies sur les adaptations aux changements climatiques un peu par dépit. « Les gouvernements sont plus prompts à financer des mesures de mitigation des effets du réchauffement qu’à le prévenir, selon Léa Berrang-Ford. Pour prévenir, il faut s’entendre à l’échelle internationale, et on voit à quel point c’est difficile avec les récents échecs. Alors que l’adaptation est locale. Encourager l’adaptation, c’est moins politique, et nous avons vu s’opérer un virage clair en ce sens. »

     

    Selon James Ford, ce sont plus de 100 milliards de dollars annuellement que les gouvernements du monde devraient investir pour préparer l’inévitable montée du mercure. « Nous sommes encore loin de cette cible », ajoute-t-il.

     

    Et plus nous échouerons à prévenir l’accélération du réchauffement, plus il faudra investir pour s’y adapter, ajoute Mme Berrang-Ford.

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel