Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Les États-Unis émettent beaucoup plus de méthane qu’estimé, indique une nouvelle étude

    L’exploitation d’énergies fossiles et leur traitement provoqueraient, aux États-Unis, des émissions de méthane beaucoup plus importantes que ce que les autorités ont jusqu’ici estimées, selon une nouvelle étude publiée lundi. Le méthane est un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2.



    «Nos résultats montrent des émissions de méthane pouvant être jusqu’à 2,7 fois plus élevées que les estimations [de l’Agence de protection de l’environnement (EPA)] dans le centre-sud du pays, qui est une région clé pour la production pétrolière et le raffinage», note Scott Miller, chercheur de l’Université Harvard, dans ces travaux parus dans la dernière édition en ligne de Proceedings of the National Academy of Sciences.
     

    Dans certains États, comme le Texas, les émissions provenant de la production de pétrole et de gaz pourraient être cinq fois plus importantes que le volume avancé par l’EPA, selon les chercheurs l’Université de Californie à Berkeley et de Harvard. Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de recherche s’est appuyée sur un modèle ordinateur qui permet de traquer les variations de méthane dans l’atmosphère et de remonter à leurs sources sur l’ensemble des États-Unis.

     

    Les émissions de méthane proviennent d’une variété d’activités humaines dont le forage pétrolier, le raffinage de l’or noir, la production de charbon, les décharges publiques et l’agriculture. Cette dernière industrie pourrait produire deux fois plus de ce gaz qu’estimé précédemment. Le méthane piège 70 fois plus de chaleur que le CO2 dans l’atmosphère mais a une durée de vie beaucoup plus courte, de dix ans contre un siècle pour le dioxyde de carbone.

     

    De plus en plus de méthane

     

    Les scientifiques redoutent par ailleurs de plus en plus des apports accrus de méthane à l’échelle planétaire, notamment en raison du dégel du pergélisol en raison du réchauffement climatique.

     

    Une étude britannique publiée en juin dernier indique que le pergélisol de toute la zone arctique pourrait commencer à dégeler de façon durable d’ici 10 à 30 ans. Ce pergélisol représente un quart de la surface des terres dans l’hémisphère Nord. Au niveau mondial, il renferme pas moins de 1700 milliards de tonnes de carbone, soit environ le double du CO2 déjà présent dans l’atmosphère.

     

    Selon des travaux menés par le Département des sciences de la terre de l’Université d’Oxford, le pergélisol pourrait commencer à fondre à partir d’un réchauffement du globe de 1,5 °C. Si cette matière organique gelée fond, elle relâche lentement tout le carbone qui y a été accumulé au fil des siècles.

     

    Or, cet énorme apport de CO2 rejeté dans l’atmosphère n’a jusqu’à présent pas été pris en compte dans les projections sur le réchauffement climatique qui sont utilisées dans le cadre des négociations mondiales sur le climat. La libération des quantités de méthane ne constitue donc rien de moins qu’une « bombe à retardement invisible », selon les scientifiques.

     

    Avec l’Agence France-Presse













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.