Les plans d'Hydro-Québec inquiètent les écologistes
Le plan stratégique d'Hydro-Québec a provoqué un tollé dans les milieux écologistes où, de façon quasi unanime, on a réclamé hier du gouvernement Charest qu'il «livre la marchandise» en lançant d'abord le débat public sur la politique énergétique qu'il a promis dans son programme électoral, avant de laisser Hydro-Québec préparer le bétonnage de nouvelles rivières, grandes ou petites.
À l'opposé, l'Association de l'industrie électrique du Québec (AIEQ) se déclare absolument «heureuse» de la relance des investissements d'Hydro-Québec et espère que les mégawatts seront là à temps pour éviter un «déficit énergétique», ce qui passe à son avis par la construction des deux centrales thermiques du Suroît et de Bécancour.
Le milieu écologiste ne l'entend pas de cette oreille.
Pour Harvey Mead, président de l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), le gouvernement Charest «ne doit pas mettre la charrue devant les boeufs en laissant Hydro-Québec lancer des projets maintenant, pendant que le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, planifie un débat public dont les conclusions seraient connues... en 2006.»
«Le gouvernement Charest devra respecter ses promesses électorales, toutes ses promesses électorales, avant d'autoriser Hydro-Québec à entreprendre une nouvelle vague de construction», réclame de son côté le porte-parole de la nouvelle Fondation Rivières, Alain Saladzius.
Cette fondation demande qu'Hydro-Québec investisse plutôt ses milliards dans un programme d'économies d'énergie qui pourrait rapporter jusqu'à 20 TWh par an. «Le plan stratégique annoncé en primeur à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain vise davantage à satisfaire le milieu des affaires que les intérêts de la population», ajoute Michel Gauthier, codirecteur de la même fondation.
Les deux porte-parole citent les chiffres publiés la veille à Montréal par Jean-François Blain, un analyste énergétique qui a publié Les Mauvais Coûts d'Hydro-Québec.
M. Blain estime qu'Hydro-Québec détiendra en 2008, avec les projets autorisés ou en voie de l'être, une capacité excédentaire de 7000 MW et de 30 TWh d'énergie, y compris le potentiel des interconnexions. Les seuls projets en chantier, dit-il, soit les projets SM-3, Grand-Mère, Toulnoustouc (branché sur Manic), Outardes-3, Bécancour, Eastmain et Péribonka, vont ajouter 3107 MW au parc hydroquébécois. La Fondation Rivières estime que, dans ce contexte, «rien ne justifie» les 3000 MW additionnels prévus en Minganie, en plus des 1600 du Suroît et de la cogénération, ce qui hausserait de plus de 8000 MW, ou plus de 25 %, la production d'électricité québécoise. La fondation réclame aussi l'arrêt total du programme des petites centrales, «inutile et redondant», à son avis, dans un pareil contexte énergétique, à moins qu'il ne vise à enrichir les amis du système aux dépens des fonds publics.
Pour Philippe Bourke, porte-parole du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCRE), «On ne peut que se désoler de voir Hydro-Québec enfoncer encore plus l'accélérateur de la production, s'éloignant toujours, mais plus rapidement, des fondements de la politique énergétique québécoise, telle que la priorité à l'efficacité énergétique et la planification intégrée des ressources. Vivement la mise à jour de cette politique, un engagement du Parti libéral, un incontournable préalable à l'approbation d'un pareil plan».
Bernard Bigras, député fédéral et critique du Bloc québécois en matière d'environnement, demande pour sa part à Québec d'«exiger» d'Hydro le retrait des projets thermiques de Bécancour et du Suroît, qui risquent de compromettre l'atteinte des objectifs québécois en matière de réduction des gaz à effet de serre. Il existe, dit-il, un consensus québécois sur le respect du protocole de Kyoto et les libéraux doivent se conformer à l'appui sans réserve qu'ils ont donné à la motion de l'Assemblée nationale en faveur du respect de ce protocole.
Steven Guilbeault, porte-parole de Greenpeace dans le dossier des changements climatiques, abonde dans le même sens: «Hydro, dit-il, détient déjà un chèque en blanc du gouvernement et André Caillé s'empresse de l'encaisser avant tout débat public, surtout avant le débat public sur l'énergie promis par le gouvernement Charest.» On oublie trop souvent, dit-il, que l'hydroélectricité est une source de gaz à effet de serre que Québec devra facturer à d'autres secteurs industriels, qui pourraient bien regretter, à son avis, l'appui qu'ils apportent à tous ces projets de production polluante.
À l'opposé, l'Association de l'industrie électrique du Québec (AIEQ) se déclare absolument «heureuse» de la relance des investissements d'Hydro-Québec et espère que les mégawatts seront là à temps pour éviter un «déficit énergétique», ce qui passe à son avis par la construction des deux centrales thermiques du Suroît et de Bécancour.
Le milieu écologiste ne l'entend pas de cette oreille.
Pour Harvey Mead, président de l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), le gouvernement Charest «ne doit pas mettre la charrue devant les boeufs en laissant Hydro-Québec lancer des projets maintenant, pendant que le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, planifie un débat public dont les conclusions seraient connues... en 2006.»
«Le gouvernement Charest devra respecter ses promesses électorales, toutes ses promesses électorales, avant d'autoriser Hydro-Québec à entreprendre une nouvelle vague de construction», réclame de son côté le porte-parole de la nouvelle Fondation Rivières, Alain Saladzius.
Cette fondation demande qu'Hydro-Québec investisse plutôt ses milliards dans un programme d'économies d'énergie qui pourrait rapporter jusqu'à 20 TWh par an. «Le plan stratégique annoncé en primeur à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain vise davantage à satisfaire le milieu des affaires que les intérêts de la population», ajoute Michel Gauthier, codirecteur de la même fondation.
Les deux porte-parole citent les chiffres publiés la veille à Montréal par Jean-François Blain, un analyste énergétique qui a publié Les Mauvais Coûts d'Hydro-Québec.
M. Blain estime qu'Hydro-Québec détiendra en 2008, avec les projets autorisés ou en voie de l'être, une capacité excédentaire de 7000 MW et de 30 TWh d'énergie, y compris le potentiel des interconnexions. Les seuls projets en chantier, dit-il, soit les projets SM-3, Grand-Mère, Toulnoustouc (branché sur Manic), Outardes-3, Bécancour, Eastmain et Péribonka, vont ajouter 3107 MW au parc hydroquébécois. La Fondation Rivières estime que, dans ce contexte, «rien ne justifie» les 3000 MW additionnels prévus en Minganie, en plus des 1600 du Suroît et de la cogénération, ce qui hausserait de plus de 8000 MW, ou plus de 25 %, la production d'électricité québécoise. La fondation réclame aussi l'arrêt total du programme des petites centrales, «inutile et redondant», à son avis, dans un pareil contexte énergétique, à moins qu'il ne vise à enrichir les amis du système aux dépens des fonds publics.
Pour Philippe Bourke, porte-parole du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCRE), «On ne peut que se désoler de voir Hydro-Québec enfoncer encore plus l'accélérateur de la production, s'éloignant toujours, mais plus rapidement, des fondements de la politique énergétique québécoise, telle que la priorité à l'efficacité énergétique et la planification intégrée des ressources. Vivement la mise à jour de cette politique, un engagement du Parti libéral, un incontournable préalable à l'approbation d'un pareil plan».
Bernard Bigras, député fédéral et critique du Bloc québécois en matière d'environnement, demande pour sa part à Québec d'«exiger» d'Hydro le retrait des projets thermiques de Bécancour et du Suroît, qui risquent de compromettre l'atteinte des objectifs québécois en matière de réduction des gaz à effet de serre. Il existe, dit-il, un consensus québécois sur le respect du protocole de Kyoto et les libéraux doivent se conformer à l'appui sans réserve qu'ils ont donné à la motion de l'Assemblée nationale en faveur du respect de ce protocole.
Steven Guilbeault, porte-parole de Greenpeace dans le dossier des changements climatiques, abonde dans le même sens: «Hydro, dit-il, détient déjà un chèque en blanc du gouvernement et André Caillé s'empresse de l'encaisser avant tout débat public, surtout avant le débat public sur l'énergie promis par le gouvernement Charest.» On oublie trop souvent, dit-il, que l'hydroélectricité est une source de gaz à effet de serre que Québec devra facturer à d'autres secteurs industriels, qui pourraient bien regretter, à son avis, l'appui qu'ils apportent à tous ces projets de production polluante.
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