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    Libre opinion - Des exagérations à propos du transport de matières nucléaires

    10 août 2013 | Michael Binder - Président et premier dirigeant, Commission canadienne de sûreté nucléaire | Actualités sur l'environnement

    Dernièrement, un certain nombre d’articles publiés s’évertuent à propager de fausses informations sur les risques associés au transport de matières nucléaires, qui, selon moi, sont grandement exagérés. Les auteurs se fient aux renseignements d’organisations sans vocation scientifique, comme le Regroupement pour la surveillance du nucléaire, et je me vois contraint de réagir du point de vue d’un organisme de réglementation à vocation scientifique.

     

    Les préoccupations et les peurs exprimées par les collectivités à l’égard du transport de matières dangereuses sont valides, surtout après l’accident survenu à Lac-Mégantic. Je tiens d’ailleurs à offrir mes plus sincères condoléances aux résidants de Lac-Mégantic. Je veux également ajouter que cette tragédie ne doit pas être passée sous silence et que les responsables doivent prendre leurs responsabilités. Cet événement tragique ne doit pas servir à susciter la peur et à diffuser des informations erronées.

     

    Laissez-moi vous assurer qu’un conteneur homologué pour le transport de substances nucléaires n’est en rien comparable à un wagon transportant du pétrole. Les conteneurs utilisés pour transporter de l’uranium hautement enrichi (UHE) liquide doivent être conformes aux exigences du Règlement sur l’emballage et le transport des substances nucléaires de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). Pour être homologués, ces conteneurs sont soumis à des tests rigoureux au cours desquels on simule des conditions de transport normales et hypothétiques. Cela inclut une épreuve de chute libre de neuf mètres, des tests de perforation et une épreuve thermique de 800 °C durant lesquels aucune perte de confinement ne doit être détectée. Notre site Web, suretenucleaire.gc.ca, contient des renseignements à ce sujet ainsi que des vidéos saisissantes et instructives qui expliquent les tests effectués sur les conteneurs homologués pour le transport de matières nucléaires.

     

    Ce qu’il faut retenir, c’est que le gouvernement du Canada s’est engagé à renvoyer l’UHE usé aux États-Unis d’ici la fin de 2018.

     

    Prudence et circonspection

     

    Les envois d’UHE à l’état solide ont commencé en 2010 et la CCSN veille à ce que ce soit fait en toute sûreté afin de préserver la sécurité des Canadiens et de protéger l’environnement. L’UHE à l’état solide et liquide ne sera pas transporté dans le même conteneur. L’UHE liquide sera envoyé dans des conteneurs conçus spécialement à cet effet et conformes aux exigences nationales et internationales en matière de sûreté et de sécurité.

     

    Je suis convaincu que vos lecteurs seront d’accord avec le fait qu’il est nécessaire de trouver un équilibre entre la transparence et les besoins de sûreté et de sécurité. Je souligne qu’il faut absolument assurer la sécurité opérationnelle lorsqu’il est question des quantités de matières transportées et de l’itinéraire. C’est pourquoi nous devons user de circonspection quant aux renseignements que nous divulguons.

     

    J’invite la coalition des maires du Québec à se rendre à la CCSN. Nous nous ferons un plaisir de discuter de vos préoccupations, de vous présenter notre cadre de réglementation rigoureux et les processus et procédures de sécurité que doit respecter Énergie atomique du Canada (EACL) pour obtenir un permis.

     

    En guise de conclusion, laissez-moi vous dire que le Canada a un excellent bilan de sûreté en ce qui concerne le transport des substances nucléaires. De plus, en vertu du Règlement sur le transport des marchandises dangereuses de Transports Canada et des règlements de la CCSN, tout envoi de matières fissiles (comme l’UHE) exige l’établissement d’un plan d’intervention d’urgence vérifié par ces deux organisations.

     

    La CCSN ne compromettra jamais la sûreté. Nos titulaires de permis doivent démontrer qu’ils ont pris des mesures pour protéger l’environnement, préserver la santé et la sécurité des personnes et maintenir la sécurité nationale.


    Michael Binder - Président et premier dirigeant, Commission canadienne de sûreté nucléaire

     
     
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