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    Un oeil sur les sables bitumineux

    Une délégation québécoise participera la semaine prochaine à une manifestation à Fort McMurray. Le but : constater de visu l’impact de cette industrie en pleine croissance

    Exploitation de sables bitumineux à Fort McMurray. Le sous-sol albertain contiendrait pas moins de 167 milliards de barils de ce pétrole, que les exploitants cherchent à exporter.
    Photo: Jeff McIntosh Associated Press Exploitation de sables bitumineux à Fort McMurray. Le sous-sol albertain contiendrait pas moins de 167 milliards de barils de ce pétrole, que les exploitants cherchent à exporter.
    Alors que le gouvernement Marois étudie la possibilité d’acheminer au Québec du pétrole de l’Alberta, une délégation québécoise de représentants des milieux environnemental, syndical, autochtone et artistique se rendra la semaine prochaine à Fort McMurray pour participer à une marche organisée par les communautés autochtones qui subissent les impacts directs de l’exploitation des sables bitumineux.

    « Au-delà des émissions de gaz à effet de serre, il y a des impacts locaux énormes pour les Premières Nations, sur le territoire qu’elles utilisent, mais aussi sur la qualité de l’eau et de l’air, explique au Devoir Patrick Bonin, responsable de la campagne climat de Greenpeace. Il y a des communautés entières qui voient leur mode de vie traditionnel complètement perturbé. Et maintenant que le Québec veut importer du pétrole albertain, ce n’est plus une question étrangère aux Québécois. »


    M. Bonin fait partie de la délégation québécoise, qui compte une quinzaine de personnes, dont le metteur en scène Dominic Champagne et l’ancien porte-parole étudiant Gabriel Nadeau-Dubois. Ils se joindront à environ un millier de personnes venues du Canada et des États-Unis pour participer à la 4e édition de la Marche de la guérison (Healing Walk) les 5 et 6 juillet.


    L’idée est d’aller constater sur place ce que signifie concrètement l’exploitation des sables bitumineux, dont la production est en pleine croissance. En plus des paysages apocalyptiques des sites de production, cette industrie a provoqué une augmentation radicale de la contamination des cours d’eau des régions touchées. Selon une étude publiée par l’Université Queen’s, les lacs situés près de la rivière Athabasca, en Alberta, ont connu une hausse importante de leur niveau de pollution, notamment de substances cancérigènes comme le mercure et le carbone.


    Le sous-sol albertain contiendrait pas moins de 167 milliards de barils de ce pétrole. Les exploitants cherchent d’ailleurs à trouver des façons de l’exporter. Deux projets de transport par pipeline visent le Québec, dont celui d’inversion du flux de la ligne 9B contrôlée par Enbridge. La pétrolière veut amener 300 000 barils par jour à Montréal.


    Hausse des gaz à effet de serre


    Patrick Bonin s’inquiète d’ailleurs des propos du ministre de l’Environnement Yves François, qui a dit qu’il n’est pas question d’inclure la question de la provenance du pétrole dans le mandat de la « consultation » qui sera menée pour étudier le projet d’Enbridge. Sa collègue des Ressources naturelles, Martine Ouellet, dit au contraire que Québec est préoccupé par les émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon une étude commandée par l’Union européenne, le pétrole des sables bitumineux émet 23 % plus de GES que l’or noir conventionnel.


    « Comment se fait-il que le Québec, qui est un leader dans la lutte contre les changements climatiques, évacue cette question ? L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre sera beaucoup trop significative si on importe du pétrole des sables bitumineux pour ne pas en tenir compte. » Cette semaine, Barack Obama a lui-même affirmé que le projet de pipeline Keystone XL ne sera pas autorisé s’il entraîne une hausse des émissions de GES pour les États-Unis. Et l’Europe souhaite étiqueter le pétrole des sables bitumineux comme étant « très polluant ».


    « Pendant ce temps, le gouvernement Marois se montre ouvert à ce même pétrole, laisse tomber Patrick Bonin. Ça ressemble au cas du gaz de schiste, alors que les entreprises prétendaient qu’il n’y avait pas de problème, que c’était la voie de l’avenir, notamment pour l’économie et l’emploi. »


    Les membres espèrent revenir au Québec davantage outillés pour prendre part au débat sur l’arrivée du pétrole de l’Ouest ici, explique Michel Lambert, directeur d’Alternatives et coordonnateur de la délégation. « On voit que la Colombie-Britannique a dit non à Enbridge et que Keystone XL n’est toujours pas approuvé. La porte de sortie du pétrole de l’Ouest pourrait donc être Montréal. Le débat devient donc encore plus important. Et il faut que les Québécois puissent savoir à quoi ressemble l’exploitation des sables bitumineux. »













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