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    Moratoire sur l'uranium - Une minière poursuit Québec pour au moins 16 millions

    Le projet Matoush de Strateco est situé au nord de Chibougamau, le long de la route 167, financée à hauteur de 304 millions de dollars par l’État québécois.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le projet Matoush de Strateco est situé au nord de Chibougamau, le long de la route 167, financée à hauteur de 304 millions de dollars par l’État québécois.

    La compagnie minière Ressources Strateco réclame plusieurs millions de dollars à l’État québécois en raison de la décision du gouvernement de geler le développement de la controversée filière uranifère, le temps d’étudier ses impacts sociaux et environnementaux. Au final, les sommes exigées pourraient se chiffrer en centaines de millions de dollars.


    La minière tient le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, « responsable » des pertes subies en raison des « fautes commises » par le gouvernement Marois.


    Essentiellement, Ressources Strateco dénonce la décision de Québec de mandater à la fin mars le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour évaluer « les impacts environnementaux et sociaux de l’exploration et de l’exploitation » de l’uranium. Aucun certificat d’autorisation ne sera délivré pendant le processus, qui devrait prendre environ un an. « En fin de parcours, le gouvernement change carrément les règles du jeu de façon arbitraire », a déclaré lundi le porte-parole de la minière, Denis Boucher.


    La minière exige d’abord un montant de 16 millions de dollars afin de compenser ses pertes sur les marchés boursiers depuis que le gouvernement a décidé de mandater le BAPE. « Considérant l’urgence de la situation, la balance des inconvénients, le fait qu’un préjudice grave et irréparable sera causé à Strateco et l’apparence d’illégalité de la position du gouvernement », Strateco veut aussi forcer le gouvernement à lui payer des compensations chaque mois afin de maintenir l’entreprise à flot. Elle réclame que, dès le mois prochain, de 420 000 $ à 800 000 $ de fonds publics lui soient versés, et ce, au moins jusqu’en septembre.


    Denis Boucher a également souligné que les sommes demandées pourraient grimper au cours des prochains mois « s’il advenait que des délais indus dont l’entreprise est victime se poursuivent et entraînent la perte irrémédiable du projet Matoush ». On songe par exemple à exiger le remboursement des 120 millions de dollars investis jusqu’à présent, et même la « valeur » totale du projet. Celle-ci pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars, selon M. Boucher.

     

    Pas question de négocier


    Enfin, Strateco demande à la Cour supérieure d’ordonner la délivrance du certificat d’autorisation que Québec lui refuse, pour le moment. Cette autorisation lui permettrait de creuser une rampe souterraine afin d’achever l’évaluation du gisement d’uranium. Le projet Matoush de Strateco est toujours en phase d’exploration. Il est situé au nord de Chibougamau, le long de la route 167, financée à hauteur de 304 millions de dollars par l’État québécois.


    Au cabinet du ministre Blanchet, on a dit lundi qu’il n’était pas question de revenir sur la décision de mandater le BAPE pour étudier la filière de l’uranium. Pas question non plus de négocier un montant à verser à Strateco pour compenser les pertes subies.


    Le porte-parole de la coalition Québec meilleure mine, Ugo Lapointe, a dénoncé la poursuite intentée par Strateco. « Il faut que les entreprises assument leurs responsabilités et, dans ce cas, la minière savait depuis 2009 que son projet n’avait pas l’acceptabilité sociale. Des médecins ont sonné l’alarme, le Grand Conseil des Cris aussi. Maintenant, ils font semblant qu’ils sont surpris. Strateco a manqué à ses devoirs en matière d’analyse de risques. »













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