Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

L’ancien président du conseil, Yves-François Blanchet, est devenu aujourd’hui ministre

Son gouvernement se tourne vers la conciliation entre énergie et environnement

Le barrage René-Lévesque
Photo : Hydro-Québec Le barrage René-Lévesque

Sur le plan politique, il est devenu plutôt irréaliste de dissocier le développement économique et énergétique des réalités écologiques. Dans ce sens-là, le gouvernement péquiste a déjà pris des mesures dans le but d’assurer à sa gouvernance un caractère de développement durable : il entend faire des choix qui soient économiquement rentables et bons pour l’environnement. Échanges avec le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP), Yves-François Blanchet, à l’occasion du Jour de la Terre.


Dans une autre vie, Yves-François Blanchet a été associé de près à cet événement annuel, dont il a assumé la présidence du conseil pendant quelques années, avant de faire le saut en politique en 2008. À travers les nombreuses thématiques inhérentes à ce Jour, il situe son positionnement : « Je me montre sensible à certains sujets, mais les priorités sont souvent guidées par notre quotidien ; ce sont celles sur lesquelles on doit travailler. Évidemment, je suis interpellé, à titre de ministre, par la nécessité de concilier le développement économique et les considérations écologiques. »


Cette problématique ne date pas d’hier : « Elle était toujours très présente au Jour de la Terre, et Jacques Languirand, qui en demeure le porte-parole, disait qu’il faut apprendre à concilier écologie et économie, ce à quoi j’adhérais totalement. Cette conciliation est maintenant devenue un désir personnel et aussi une obligation comme ministre de l’Environnement, parce que, de façon très évidente, on fait face à un défi énorme dans le cas du dossier pétrolier, à titre d’exemple. D’ailleurs, pour les dossiers de développement économique en général, il est vrai que c’est un enjeu de réussir à faire en sorte que le ministère ne soit pas un obstacle qu’on essaie de contourner, mais bien un partenaire avec lequel on travaille, parce qu’on a l’objectif commun de procéder à un développement qui soit effectivement durable. »

 

Résistance et avancées


La partie n’est pas gagnée, malgré les progrès réalisés : « À l’heure où on se parle, il y a encore des campagnes de lobby très systématiques émanant des milieux dits économiques ; certains se montrent plutôt ouverts, mais les acteurs traditionnels de ces milieux coordonnent un mouvement de dénigrement de l’actuel ministère de l’Environnement, parce qu’on se livre à un très gros rattrapage. »


Il donne des exemples : « On est allé en consultations publiques à propos de l’uranium, du gaz de schiste, des ressources gazières ou de la nappe phréatique aux Îles-de-la-Madeleine. Évidemment, de pareilles initiatives font en sorte que ce qu’on voit de nous dans les médias, c’est la contrainte qu’on exerce ; ce qu’on ne voit pas, c’est tout le cheminement des projets avec les entreprises pour lesquels la collaboration est impeccable ; on émet à leur endroit des certificats d’autorisation parce qu’elles ont effectivement adopté des pratiques qui sont valables sur le plan écologique. »


Quoi de neuf à ce jour du côté du gouvernement péquiste dans ses démarches écologiques ? Le ministre énumère les gestes posés : « Depuis qu’on est là, on a agi, que ce soit dans les secteurs du nucléaire, de l’amiante, de l’uranium, des gaz de schiste, que ce soit pour la protection des eaux souterraines, pour laquelle un règlement sera déposé incessamment, ou encore pour la fin du programme des minicentrales. Bref, les exemples sont assez nombreux et on a procédé à de grosses interventions en matière écologique, afin de travailler sur l’acceptabilité sociale ou d’agir pour le constater quand elle n’est pas là. »


Yves-François dégage la vision gouvernementale qui englobe les actions menées : « C’est là dans l’ensemble un virage assez majeur, mais, cela dit, je pense que les gouvernements ne peuvent pas seulement poser une séquence de gestes et qu’il doit y avoir une philosophie derrière cela : elle consiste en une façon d’obtenir l’acceptabilité sociale et la protection de l’environnement, sans que ce soit vu ou que cela ait un effet de ralentissement sur l’économie ; on ne peut pas se le permettre pour l’instant. » Il souscrit dans ce sens-là à l’émergence d’une économie verte : « Les entreprises qui vont s’inscrire dans la recherche à caractère écologique ne connaîtront pas un ralentissement pendant un nombre d’années insoupçonné, parce que le marché planétaire des technologies vertes, au sens large du terme, sera absolument énorme. Donc, la nécessité pour toutes nos sociétés d’adopter des comportements différents est aussi porteuse de croissance économique. »

 

Réchauffement et autosuffisance


Son ministère en est un de gestion des crises, constate-t-il : « L’environnement, ce sont toujours des dossiers très très chauds et compliqués. » Au-delà de ces préoccupations constantes se pose une vaste problématique prioritaire : « C’est l’ensemble de ce qui touche au réchauffement climatique. Le Parti québécois s’est engagé à réduire les effets des gaz à effet de serre du Québec de 25 %, par rapport à l’horizon de 1990, jusqu’en 2020. Comme il se montre déjà extrêmement performant, ce sera encore plus difficile pour nous que cela le serait pour les autres gouvernements en Amérique du Nord ; on a un objectif plus ambitieux que ceux-ci. »


La tâche s’avère ardue et complexe : « Il y a beaucoup de travail à accomplir qui n’est pas relié à toute une séquence de mesures qui vont réduire nos émissions, mais qui appartient à la culture même de nos comportements, qui va devoir changer pour atteindre une diminution de 25 % : il faudra que, de façon normale et par automatisme, un grand nombre de nos choix de consommation et d’activités, que plusieurs de nos manières de vivre et d’être, changent. »


Il se porte finalement à la défense de son gouvernement dans ses orientations actuelles : « On n’a pas d’autre choix que d’aller vers la conciliation énergie-environnement. Lorsque les milieux écologistes reprochent à notre gouvernement de vouloir aller vers le pétrole, je pense qu’ils sont dans l’erreur. Je crois qu’une politique d’indépendance énergétique nous fournit nos outils pour notre propre développement vert. Si le Québec choisit d’utiliser le pétrole qui lui appartient pour imposer ses propres technologies d’extraction et de traitement, il va réduire son empreinte écologique et, progressivement, sa consommation. Autrement dit, en utilisant nos ressources et l’argent issu de celles-ci pour diminuer notre dépendance envers les hydrocarbures, on pose un choix philosophique sur le plan écologique qui est très valable. Par contre, si on s’inscrit dans une logique commerciale consistant à susciter une plus grande consommation pour en tirer plus de revenus, je pense qu’on se situe dans une orientation qui ne l’est pas. »



Collaborateur

Le barrage René-Lévesque Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel