Les glaces de l’Antarctique fondent à vue d’œil
Le couvert glacé y fond dix fois plus vite qu’il y a 600 ans pendant l’été
L’imposant couvert de glace qui recouvre le continent Antarctique fond beaucoup plus rapidement que ce qu’imaginaient jusqu’ici les chercheurs, selon ce qui ressort d’une nouvelle étude internationale.
En fait, les glaces de l’Antarctique fondent dix fois plus vite qu’il y a 600 ans pendant l’été, la perte de banquise ayant été la plus rapide au cours des 50 dernières années. Or, la disparition rapide de ce couvert gelé pourrait avoir des effets significatifs sur la hausse du niveau des océans. La fonte de la couverture de glace de l’Antarctique occidental contribue déjà pour au moins 10 % à la hausse globale des océans.
Les températures ont régulièrement augmenté depuis des centaines d’années en Antarctique, mais la fonte ne s’est intensifiée que vers la moitié du 20e siècle, affirme cette étude parue dans la revue Nature Geoscience. Cela signifie que le réchauffement dans l’Antarctique a atteint un tel niveau que même de légères augmentations de température peuvent causer une forte accélération de la fonte.
Forages
Les chercheurs ont foré à 364 mètres de profondeur sur l’île de James Ross dans le nord de la calotte antarctique — au sud de l’Amérique du Sud — afin de mesurer les températures il y a plusieurs centaines d’années. Les couches successives dans les échantillons carottés révèlent le mouvement de fonte et de regel des glaces.
«Nous avons établi que les conditions les plus froides sur la péninsule antarctique et la plus petite quantité de glace fondue ont prévalu il y a 600 ans», a expliqué à l’Agence France-Presse Nerilie Abram, chercheure de la British Antarctic Survey de Cambridge, en Grande-Bretagne.
«À cette époque, les températures se situaient autour de 1,6 °C au-dessous des températures enregistrées à la fin du 20e siècle et la quantité de neige tombée chaque année ayant fondu puis regelé était de 0,5 %. Aujourd’hui, la quantité de neige tombée fondant chaque année est dix fois plus importante», a-t-elle fait valoir.
Recul des glaciers
La publication de cette étude survient quelques jours après celle d’un nouveau rapport faisant état de reculs importants de certains glaciers situés en Europe. Sur 95 glaciers surveillés par le club alpin autrichien, 93 ont reculé en moyenne de 17,4 mètres en 2012, tandis que deux ont maintenu leur niveau, a fait valoir cette organisation vendredi dernier. Elle s’attend aussi à de nouveaux reculs dans les prochaines années. Selon les experts, 98 % des glaciers autrichiens ont reculé en 2012.
Plusieurs organisations ont réaffirmé au cours des derniers mois que les hausses des températures au cours des prochaines années pourraient entraîner une série de phénomènes aux conséquences inconnues, notamment dans les régions où on retrouve d’importants couverts de glace.
Les climatologues estiment généralement qu’il faudrait limiter la hausse à 2 °C d’ici la fin du siècle pour éviter le pire. Or, un rapport publié en novembre dernier par la Banque mondiale indique que la température moyenne mondiale pourrait bien augmenter de 4°C au cours de la même période.
La communauté internationale peine à prendre des actions pour lutter efficacement contre les changements climatiques. Un nouvel accord qui inclurait tous les États doit théoriquement être négocié d’ici 2015 afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Avec l’Agence France-Presse







