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    La pire chasse à la baleine au Japon depuis 1987, selon Tokyo

    Le navire-usine japonais Nisshin Maru (photo) — où sont dépecés les rorquals abattus par les navires-harponneurs — est entré en collision à plusieurs reprises, fin février, avec le bateau Bob Barker, de l'organisation Sea Sheperd.<br />
    Photo: Sea Shepherd Conservation Society, Barbara Veiga Le navire-usine japonais Nisshin Maru (photo) — où sont dépecés les rorquals abattus par les navires-harponneurs — est entré en collision à plusieurs reprises, fin février, avec le bateau Bob Barker, de l'organisation Sea Sheperd.
    La récente campagne japonaise de chasse à la baleine en Antarctique a été la moins productive des dernières décennies, selon ce qui se dégage du bilan que Tokyo vient de dévoiler. Un total de 103 petits rorquals ont été tués, alors que sa flotte baleinière espérait en abattre un millier. Le Japon accuse l’organisation animaliste Sea Sheperd, qui confronte ses navires, d’être responsable des piètres résultats.

    Pour Tokyo, le bilan de la campagne 2013 est le pire depuis 1987, soit la première année où le Japon a dit mener une chasse annuelle «scientifique» dans les eaux ceinturant l’Antarctique, après l’instauration d’un moratoire international sur la chasse commerciale.


    Le ministre japonais de l’Agriculture et de la Pêche, Yoshimasa Hayashi, a immédiatement accusé l’organisation Sea Sheperd, fondée par le Canadien Paul Watson. Selon lui, les militants animalistes mènent des opérations de «sabotage» lorsqu’ils harcèlent les navires baleiniers affrétés par Tokyo.


    Cité par l’agence de presse Kyodo, le ministre japonais a dénoncé l’obstruction systématique de Sea Sherperd, évoquant notamment une collision entre un navire japonais en plein ravitaillement et une embarcation des militants, qui avaient envoyé cette année quatre navires dans l’océan Austral. L’imposant navire-usine Nisshin Maru — où sont dépecés les rorquals abattus par les navires-harponneurs — est entré en collision à plusieurs reprises, fin février, avec le Bob Barker, détruisant un radar, tous les mâts et provoquant une coupure d’électricité qui a entraîné l’envoi d’un message de détresse. Cet incident, qui a vu le Bob Barker pris en sandwich entre un pétrolier sud-coréen et le navire japonais, est le plus violent depuis janvier 2010, lorsque l’Ady Gil, un bateau de Sea Shepherd, avait été littéralement été coupé en deux par un navire-harponneur alors qu’il harcelait la flotte japonaise.


    Longue tradition… dénoncée


    «Nous allons chercher le soutien d’autres pays pour mener ces pêches scientifiques d’une façon plus stable», a affirmé M. Hayashi. Fin février il avait dit à l’AFP que le Japon n’entendait pas arrêter cette chasse «qui fait partie de notre culture». «C’est une longue tradition historique. Nous n’avons jamais dit que tout le monde devait manger de la baleine. Nous avons cette culture et vous ne l’avez pas», avait alors plaidé le ministre.


    Ce programme de chasse coûte cher en subventions à Tokyo et la demande pour la viande de baleine, autrefois populaire dans l’archipel nippon, est aujourd’hui très faible. Si bien que le pays en a déjà des milliers de tonnes en réserve. Quant aux informations recueillies sur les carcasses, il serait possible de les obtenir sans mettre à mort les animaux, estiment les spécialistes des cétacés.


    Il existe par ailleurs un sanctuaire baleinier dans l’océan Austral. Il a été mis en place en 1994 pour y interdire toute chasse commerciale. Seul le Japon s’est opposé à sa création et continue d’y abattre des petits rorquals et des rorquals communs chaque année.


    «103 baleines de trop»


    Dès la publication du tableau de chasse 2013 du Japon, l’Australie a de nouveau dénoncé le programme mené par Tokyo. «C’est 103 baleines de trop ! Notre position est claire et c’est pourquoi nous assignons le Japon devant la Cour Internationale de Justice pour mettre un terme définitif à cette pratique», a le ministre australien de l’Environnement, Tony Burke. Canberra a porté plainte en 2010 devant la Cour internationale de justice de La Haye pour mettre un terme à cette pratique.


    Les militants de Sea Sheperd ont pour leur part crié victoire en rentrant en Australie à la fin mars. L’organisation a aussi dénoncé l’«agressivité» des Japonais lors de la campagne 2013. Le capitaine du Bob Barker, Peter Hammarstedt, a soutenu que celle-ci a été la plus dangereuse des neuf opérations saisonnières menées depuis sa création par l’organisation. «Ça a été une longue campagne, certainement la plus dangereuse jusqu’à présent, a-t-il déclaré à son débarquement à Melbourne. Mon bateau porte les cicatrices de la bataille et ces cicatrices ont été causées par des baleiniers japonais illégaux qui tuent des baleines sans autorisation dans les eaux territoriales australiennes de l’Antarctique.» Les dommages sur les navires de Sea Sheperd dépasseraient le million de dollars. Mais l’organisation a de nombreux appuis financiers dans le monde.


    À ce jour, seules la Norvège et l’Islande continuent la chasse commerciale en dépit du moratoire de 1986.

    Avec l'Agence France-Presse













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